XXVII. La prédominance donnée, dans la décoration, a
CERTAINES LIGNES, PEUT CREER UNE ILLUSION ET MODIFIER LES DIMENSIONS APPARENTES D'UNE SURFACE FIXE. AlNSI, TOUTE DÉCO- RATION VERTICALE A POUR EFFET DE FAIRE PARAÎTRE UNE PIÈCE PLUS HAUTE, TOUTE DÉCORATION HORIZONTALE, AU CONTRAIRE, A POUR RÉSULTAT DE LA FAIRE PARAÎTRE PLUS BASSE ET PLUS
écrasée. — Ce que nous venons d'établir, dans la précédente proposition, ne s'applique pas uniquement au carré parfait, mais à toutes les surfaces, quels que soient, du reste, les rapports qui règlent leurs dimensions. Qu'une paroi se trouve être trop étroite ou trop large, relativement au rôle que nous lui assignons, nous pourrons, par un procédé analogue, en modifier l'étendue apparente. Pour atteindre ce but, nous n'aurons qu'à multiplier les divisions décoratives soit en hauteur, soit en largeur; car la prédominance de l'horizontalité des lignes décoratives a pour résultat de faire paraître la surface décorée plus pesante, c'est-à-dire plus large., alors que celle de la verticalité a pour effet, au contraire, de les resserrer et de faire paraître la
L A HT DANS LA MAISON
paroi qui les porte plus svelte, c'est-a-dire plus étroite.
Ces mêmes observations nous permettront également de faire varier la hauteur apparente d'une pièce. Cette pièce est-elle trop haute ? Nous pouvons en atténuer l'élévation par une division des murailles en larges panneaux. En développant les moulures de la corniche, en donnant beaucoup d'importance à celles des plinthes, en un mot, en multipliant les lignes horizontales, nous arrivons, en effet, à créer une illusion qui nous rend la vérité moins déplaisante.
La pièce est-elle trop basse? Ce sont, au contraire, les lignes verticales qu'il faut prodiguer. Nos panneaux devront être plus hauts que larges. Nous supprimerons les lambris d'appui, les plinthes, les cimaises, et nous réduirons la corniche à sa plus simple expression. Bien mieux, en faisant mordre notre corniche sur le plafond, nous diminuerons celui-ci, de façon à ce que, paraissant plus petit, il nous semblera placé à une plus grande distance. Nos deux figures 176 et 177, qui occupent exactement la même surface, montrent quel parti on peut tirer de la prédominance donnée, dans un sens ou dans l'autre, aux lignes principales. Elles prouvent comment, à l'aide d'adroits subterfuges, on parvient, sans toucher aux murs, à transformer certaines surfaces, et à modifier, pour l'œil, les dimensions apparentes d'une chambre ou d'un salon.