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ment surveillés et que l'Etat doit relever sans tarder les crédits de ce chapitre. Quant au danger que présente pour le Louvre la proximité des bureaux du ministère des Colonies, il n’est que trop réel. L’incendie de 1880, l'alarme de ces derniers jours l’ont surabondamment prouvé. Le transfert des services du pavillon de Flore à la rue Oudinot est maintenant décidé; espérons qu'il sera bientôt accompli.
Pourle musée du Luxembourg, de simples améliorations ne peuvent suffire. C’est la reconstruction totale qui s'impose. On sait à quels trésors d’ingéniosité, à quels expédients les malheureux administrateurs en ont été réduits pour caser quelques toiles nouvelles dans les salles ou quelques statues modernes dans la cour du musée. L'histoire de la Liberté éclairant le monde, le chef-d'œuvre de Bartholdi, poussée du musée dans la cour et de la cour aux jardins rappelle un peu les aventures du Juif errant. La reconstruction de notre second musée national sur l'emplacement de l’ancien séminaire de Saint- Sulpice aujourd’hui à l'Etat est chose décidée. Avec quelques réparations nous aurons là un édifice spacieux, salubre et bien éclairé.
Le musée à l’ordre du jour est incontestablement celui de Versailles. Les poèmes de M. Henri de Régnier et de M. de Montesquieu ont contribué à cette résurrection du musée de « la cité des eaux ». Les « amis de Versailles » sont certes, nombreux ;
ils sont loin d’être d’accord. Il y a une question de Versailles comme il y a une question d'Orient, ou plutôt il y a en art une bataille de Versailles, comme il y a eu en littérature une bataille d’Aernani. Les uns voudraient restaurer la ville du grand roi, d’autres s’indignent d’y voir porter une main sacrilège ; ils entendent l’isoler dans son histoire et dans ses souvenirs et laisser son soleil s’éteindre dans la torpeur morte de ses bassins. Pour augmenter encore l'actualité de la question, voilà que la comtesse Greffuhle, à laquelle nous devons tant d'initiatives heureuses en matière d’art, vient de décider d’y donner des manifestations musicales (1). La salle des fêtes du Palais lui à naturellement été accordée. Quelques améliorations matérielles y ont été apportées. Quand on se rappelle que toutes les tentatives faites par la comtesse Greffuhle ont été de véritables triomphes pour notre art national ou pour l’art étranger, on acquiert la certitude que notre Versailles, déjà si glorieux de souvenirs, ne tardera pas à devenir le Bayreuth français.
Au point de vue administratif, signalons que le Grand et le Petit Trianon viennent d’être rattachés au musée, et que d'importants travaux de reclassements et d'expositions ont été effectués.
Les subventions de l'Etat ne sufliraient naturelle-