‹ L'Art dans une Société démocratiqueChapitre 44 sur 54 · LE PLAIN-CHANT, LA MUSIQUE INSTRUMENTALE ET L'OPÉRA · texte numérisé non relu

LE PLAIN-CHANT, LA MUSIQUE INSTRUMENTALE ET L'OPÉRA

La chanson est donc l'une des manifestations esthétiques les plus directement émanées du peuple, et l'on ne saurait trop encourager ceux qui s'efforcent de l'arracher à la médiocrité, à l'ordure où des spéculateurs peu scrupuleux l'ont ravalée. Il en est de même de la musique instrumentale. Non que la musique savante, l'orchestration existent depuis fort longtemps; nous verrons au contraire que la

technique musicale est assez récente (1) mais de

1. Cependant la découverte à Delphes du fameux hymne à Apollon a prouvé que les anciens avaient une certaine idée de la musique notée. Le second hymne à Apollon est écrit tout entier dans le mètre crétique. L'unité de temps est la brève et chaque pied compte pour cinq temps (—v—, — vw, vw —) l'accent tonique ne compte pour rien, la quantité seule influe. Théodore Reinach. Reoue pour les études des lettres grecques. — Quittard. Grande Encyclopédie.

tous temps et dans toutes les régions, l’homme a songé à créer des instruments qui rendaient des sons plus ou moins harmonieux.

Il est difficile d'appuyer cette démonstration par des témoignages empruntés à l’antiquité ; cela parce que fort peu de ces instruments de musique alors en usage nous sont restés, et ensuite parce que si nous nous basions seulement sur les descriptions que peuvent en faire les auteurs nous pourrions tomber dans des confusions dangereuses, dont le résultat serait d’affaiblir la thèse que l’on se propose de soutenir. Mais à défaut du témoignage de l’antiquité celui des peuplades sauvages, éloignées de toute civilisation peut être utilement invoqué.M.Zombreski (1) cite une foule d'exemples de ces ébauches de manifestations musicales. Les habitants de la Nouvelle-Guinée fabriquent des tambours avec des peaux de Kangourou ; dans les Nouvelles-Hébrides l’on creuse des troncs d’arbres et on les frappe à coups de maillets ; à Madagascar deux personnes portent un gros bambou que d’autres tapent ; les Polynésiens ont une flûte à trois trous dans laquelle ils soufflent avec une narine, el une corne extrêmement sonore appelée bouron, les Niams-Niams possèdent la kora, petite harpe à seize cordes, tandis que les Zoulous se servent d’une harpe uni-corde, la goubo. Enfin les

Page 1