RECONSTITUTION DES CHANTIERS
Si l'on juge des sujétions par la complexité des formes, le système ondulé semble une conception peu pratique.
La complication est purement apparente :
Que la fouille soit réglée suivant la surface ensellée des Hts, la première assise de briques épouse les ondulations de la fouille ; la
deuxième se modèle sur la première; et toute difficulté s'évanouit si l'on possède un moyen simple de donner à la fouille cette forme ensellée que reproduisent les assises.
MOYENS DE DIRECTION. MARCHE DU TRAVAIL, a. — TBACÉ DES GOURDES.
Les peintures nous montrent des ouvriers se servant, en guise de règles, de cordeaux tendus.
Admettons qu'ici on ait fait usage d'un cordeau fléchissant (fig. 20j : Les courbes plongeantes A, B seront des chaînettes données par la flexion même du cordeau.
Quant aux courbes convexes, le cordeau les fournira tout aussi bien :
Il suffira (cro(|uis G) de renverser les ordonnées.
Soit a l'ordonnée de la chainette plongeante, — a sera celle de la contre-chaînette.
Ij. — RKAI.ISATION DE LA SURFACE ENSELLÉE I)E LA FOUILLK.
Ce point de départ admis, le réglage de la fouille est immédiat : Il suffit pour l'obtenir de se guider, comme il vient d'être dit, h
l'aide d'un cordeau, dont on fera varier la tension selon que la
flèche doit être moindre ou plus grande.
C. — RÉALISATION DE LA SURFACE ENSELLÉE DES LITS. CONVENANCE DU RAXr.EMENT DES URIQrES PAR FILES LONGITUDINALES.
Si l'on était assuré de l'uniforme épaisseur des assises, l'allure ensellée de la fouille se transmettrait sans altération de lit en lit, et l(î mode de rangement des bricjues serait indifl'érent.
MURS A LITS OXnUI.KS.
En l'ait, il est pnulont do s'assurer ([uo les erreurs ne se eumuleiU pas.
Autrement dit, il faut répéter de temps eu temps le tracé au cordeau.
Ce contrôle suppose que les briques s'alii:;uent suivant la direction du cordeau :
De lîi sans doute la préférence pour le rangement par tiles parallèles à l'axe (pag. 25).
d. — AMORC.K OKS ASSIt^t:^.
On met en place tout d'abord i^lig. '2[ \) les cours de britjues n \
constituant le noyau du massif; et le travail ainsi amorcé se continue en marcliant du milieu vers les rives, sans autre préoccupation que de vérifier le maintien des prolils.
Pourvu que le noyau-amorce n soit monté en talus, le parement du mur prend de lui-même l'inclinaison ([ui lui convient.
r.ONSKQlIENOES DU PROCIODK.
Jarrets d(7ns la courbure des lits. — Le cordeau ne donnera ((U(^ dans des cas particuliers une succession de courbes se raccordant entre elles :
Môme aux soubassements ajipareillés de Pliilé le défaut île raccord est sensible (pi. Il l).
Impossibilité de parements plans. — Dés (jue les assises sont ensellées, le parement du mur ne pont être plan :
Imaginons (fig. 22) des sections transversales telles que x, x\x\
Ces sections sont des arcs c, c\ c", de flèches inégales, mais tous d'égal développement, puisque tous correspondent au même nombre de briques.
Les épaisseurs du mur, mesurées on x^ x', x\ ne sont autre chose (|ue les cordes de ces arcs r, c', c" :
Où la flèche est plus grande, la corde doit être moindre.
Donc la travée doit se rétrécir vers son milieu : De là rétranglcmcnl qui s'observe à toutes les travées ensellécs de Karnak et d'El Kab (11g. 1 i, p. 22 ; fig. 15, p. 2i \.
Nécessité d'échafaudages. — Enlin, les bricjues étant disposées par rtles longitudinales, on ne peut ménager dans la maçonnerie ces gradins (pag. 10) ({ui permeltraieiil de monter les matériaux sans installations auxiliaires :
On doit recourir a des échaufaudages ou, tout au moins, des rampes de service.
LES KCII.^F.M'nACES.
P/ff//r/irrs. — Los lig. 2;î et 2i moiilrciil l'écharaudago. ivlabli diiprrs la réi)arlition des boulins.
M un s A LITS ONDULES.
L'intervalle de 6 pieds entre deux étages est celui (j[ue nous adoptons aujourd'hui : il résulte de la taille humaine.
Les planchers épousant l'ondulation des lits, la distance du sol au premier plancher est sans cesse variable (fig. 24 E^
Au point culminant, cette distance est égale à l'intervalle normal, soit 6 pieds; au point le plus bas, dans certaines travées de Karnak et d'El Kab, elle se réduit a 2 pieds ^.
Le bois étant rare, il est probable que les mêmes solives resservaient d'étage en étage :
Celles de Philé (pi. I) furent arrachées, et Ton remplit les vides par des fourrures de pierre.
L'arrachage est une cause d'ébranlement; les constructeurs d'El Kab et de Karnak se le sont interdit : ils scièrent le bois à fleur du parement, laissant l'extrémité dans le massif, où elle se retrouve.
Rampes d'accès. — Les échafaudages de Kanudv furent peut-être desservis par des rampes provisoires.
A El Kab, des rampes permanentes existent (fig. 24; pi. VII) : elles sont indépendantes du corps du mur, et construites pai' hts inclinés, ce qui permettait de les surhausser à volonté.