‹ L'art de bâtir chez les ÉgyptiensChapitre 21 sur 94 · REMARQUES SUR L'ORGANISATION DES CHANTIERS · texte numérisé non relu

REMARQUES SUR L'ORGANISATION DES CHANTIERS

Existence d'un chantier par travée. — On suit ii travers les arrachements d'El Kab (fîg. 21 B, pag. 29) des files de briques d'une nuance bien tranchée, qui s'interrompent à la limite des travées.

Ce brusque arrêt montre que chaque travée a constitué un chantier distinct, s'approvisionnant individuellement et fonctionnant à part.

Les divergences de procédés ; leur correctif. — L'indépendance des chefs de ces chantiers se manifeste par la variété même des procédés qu'ils adoptent :

A KaiMKik, les lils sont lanlùt de terre, tantôt de (erre et alfa; dans (iuel(|ues travées, l'alfa est employé simplement comme arase. A El Kab, il n'existe ({ue vers l'angle X.-O. do l'enceinte.

Selon les trav^ées, les arases en briques de champ sont très diversement réparties.

Les joints sont ici serrés et pleins ; là, vides et làclics.

Ces différences pourraient rendre fort imparfait le raccordement des travées :

On supprime tout raccord; et l'on sauve la transition par un redan en plan (pag. 23), un décrochement où les irrégularités échappent a la vue.

La division du travail. — Voici donc la distribution du travail :

A chaque travée une équipe distincte; dans chaque équipe, partage des opérations entre une escouade de maçons amorçant l'ouvrage (pag. 29), et une troupe de manœuvres exécutant le gros du massif.

Des chefs assez maîtres des moyens pour être responsables du succès.

Aucun chevauchement d'un atelier sur l'autre. Les retards, les difficultés d'approvisionnement d'un chantier ne sauraient réagir sur l'ensemble : Tout est combiné en vue d'une marche rapide et sans entrave. C'est, à deux mille ans de distance, l'esprit d'ordre qui régnera sur les chantiers romains.

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