‹ L'art de bâtir chez les ÉgyptiensChapitre 37 sur 94 · DÉTAILS DE LOLTILLAGE; COMPOSITION DES MORTIERS · texte numérisé non relu

DÉTAILS DE LOLTILLAGE; COMPOSITION DES MORTIERS

Nous avons laissé dans le vague la nature des mortiers et les particularités de l'outillage ; il importe de combler cette double lacune.

MOYENS d'aTTAOVE DES PIERRES.

Le fer, dont M. ^laspero a rencontré des vestiges dans les plus anciennes pjTamides, fut longtemps un métal précieux : il ne parait entrer dans l'usage courant que sous les dynasties saïtes.

Ciseau de bronze. — Jusque-là on travaillait les grès et les calcaires à l'aide d'un ciseau de bronze dont le taillant, empreint sur les blocs (pi. XYI"), était à très peu près celui de nos ciseaux d'acier.

Bédane bi-métaUique. — Pour les matériaux plus durs, un ciseau à tranchant plus étroit ( fig. 47 ) concentrait sur un moindre champ l'effet de la percussion.

Ce ciseau, dont nous devons l'analyse à l'oWigeance de M. Albert Colson, présente une constitution bi-métallique : Un noyau do bronze à 13 pour cent d'étain; une enveloppe en bronze à 4,67, c'est-à-dire en cuivre presque pur.

58 CONSTHUCTIONS DE PIERRE.

Sans cette enveloppe molle, le bronze eût été cassant : Tépidcrme de cuivre amortit les trépidations, et empêche le taillant de se rompre.

L'épaisseur de Tàme de bronze est environ 4 millimètres; celle de la ^aine de cuivre, 1 millimètre.

Comme fabrication, il est probable qu'on enroulait la feuille protectrice autour du noyau, et que les matières étaient soudées ensemble par martelage à chaud dans un creux.

Au point de vue du mode d'emploi, l'outil répond à notre bédane. Son tranchant étroit rend possibles les refouillemenls h angles rentrants; et comme ces angles vifs existent dans le granit, peut-être sommes-nous en présence de l'instrument qui permit de l'entamer, au moins au sortir de la carrière.

Rodage. — D'ailleurs le foret était connu (pag. 4) : On pouvait dégrossir le bloc au moyen d'un foret au sable; et le rôle du ciseau se réduisait à régulariser les formes.

Quant au poli, il s'obtenait par frottement, a l'aide de galets et de sable siliceux.

MdyleliKjp. — M. Soldi, dont l'opinion s'appuie sur une indiscuta])le expérience, admet (jue le procédé usuel d'ébauche était l'em- }tl()i (le la pointe (jui éclate le granit, et de la marteline qui etface les aspéi'itês.

Sci(i(je (ui sffO/e. — Enlln un mode d'atta(iuc ([ui {tarait aiipliiiué dès les plus anciennes éi)0(iues, est l'emploi de la scie au sable : Une lame de iiK'Ial, frottant sur des grains de (juartz arrosés

d'eau, siiriil ixuir débilci' les iiialéi'iaux les plus durs.

Vav simple aliatag(\ l'êbanehe des colosses assis eut exigé un trav;ul (Miornu» : \c d(''C(»ui)age au sable lève la diftîculté.

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