NATURE ET DIMENSIONS DES BRIQUES
La matière est le limon même de la vallée du Nil, auquel on incorpore ordinairement des pailles hachées, ou mieux, ces menus déchets que laisse le battage des épis.
Les dimensions s'expriment toujours en pieds ou fractions simples du pied :
A Karnak, le pied usuel est, en chiffre rond, de O^.Sô; les cotes sont :
Longueur l^; largeur^; épaisseur f.
A El Kab, même échantillonnage, sauf peut-être une valeur un peu plus grande du pied.
A Dendéra, le pied parait être de 0'",39 et l'on a : Longueur 1^; largeur y-, épaisseur {.
Aux galeries voûtées du Ramesséura, les grosses briques des murs sont pareilles a celles de Dendéra;
Les briques légères des voûtes dérivent du pied de 0'",36 et ont pour dimensions :
Longueur 1''; largeur j; épaisseur \.
MODE d'emploi.
Poae sur lits de mortier. — Pour la pose, on emploie un mortier fait de la même matière que les bri(|ues : de la terre, avec ou sans mélange de paille; l'épaisseur de celte couche argileuse n'excède guère T'".
Il est des murs où les lits seuls sonl garnis, les joints verticaux demeurent vides (lig. S, ruines d'.Xssasif).
MODE d'emploi DES BUIQUES. 13
Pose sur lils d'alfa. — Souvent, avant de répandre le mortier, on étend sur l'assise achevée des pailles d'alfa. On va même jusqu'à natter les brins (fig. 8).
Cette interposition de chaumes entre les assises est utile à bien des égards :
Les briques sont friables : En cas de tassement, la couche cède et les empêche de casser.
Les tiges sont toujours dirigées transversalement au mur : Elles résistent, à la manière des fibres métalliques de nos constructions armées, aux efforts qui tendraient à détacher le parement.
Enfin, la paille fait un drainage qui empêche le massif de s'imprégner d'humidité.
Les joints montants, lorsqu'ils sont vides, complètent l'assèchement.
Pose sur lils de sable. — Quelquefois c'est du sable qui s'interpose entre les assises :
Le sable répartit très bien les charges.
Sur un sol humide et sujet aux tassements, non seulement il draine la masse, mais il lui prête une flexibilité qui lui permet de se déformer sans se rompre.
Ainsi furent bâties les pyramides de brique de Dachour et de Hawara.
A quel élat de siccité il convienl d'employer les briques. — Une peinture associe l'atelier de fabrication des briques à l'ateher de pose : la terre, prise sur place, est façonnée k pied-d'œuvre.
Les carreaux ainsi moulés au fur et a mesure des besoins ne peuvent être qu'imparfaitement secs au moment de l'emploi. Cet état de demi-siccité répond aux convenances de l'Egypte :
Le sol s'imprègne d'eau lors des crues, et les briques varient de
volume suivant les saisons ; il est bon qu'elles soient posées sous leur volume moyen.
La construction de bri'jiie et le jiisé. — Tels que les montre ce premier aperçu, les murs de terre sont de véritables maçonneries, faites de carreaux réfîuliers méthodiquement agencés.
On se demande s'il n'y a pas dans cette structure une complication superflue, et s'il n'eût pas suffi de pilonner la terre dans des encaissements de charpente :
Le limon du Nil est sujet a de forts retraits ; les couches du pisé se seraient gercées en se contractant.
LES PROCÉDÉS DE l'É(;VI'TE ET CEUX DE I.A ClIALDÉE.
En Assyrie, les constructeurs ont admis un moyen terme.
Le monticule sur le(iuel se dressait le palais de Khorsabad est fait de pains d'argile juxtaposés h l'état humide : (les matériaux plastiques étaient employés sans inorlier; et, grâce aux Joints, ils se contractaient sans gerçures.
Le système qui se rapproche le plus de celui do l'Egypte es! celui de la flhaldée :
Les murailles de Babylone sont des amas de bri<|uos où le bitume Joue le rôle des lits de terre; et des couches de roseaux noyées dans ce bitume répondent aux nattes ([ue les Égyptiens jetaient cnli-e les assises.
Si la méthode égyptienne a des attaches asiatiques, c'est aux procédés chaldécMis (ju'elle semble le plus élroilernent apparenléc.
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Les Imites (jui inar([uont le site dos villes cgyiiticiuios soûl presque