PHÉNICIE
ils appartiennent à un âge plus primitif : On n'entrevoit pour leur transport qu'un mode possible, la marche par levage 3t glissement (pag. 76); pour leur dressage, des terrassements tels que les indique la fig. 103 :
Ce sont les procédés mêmes des Égyptiens.
Les différences tiennent à l'état arriéré de l'outillage, qui forçait de laisser les blocs à l'état brut : L'obélisque égyptien n'est autre chose que le menhir taillé; le temple, un dolmen amplifié.
Les peuples dépourvus des moyens de fractionner les pierres ont du moins des leviers pour les mouvoir : le mégahthisme est l'art obligé des civilisations naissantes.
Les Phéniciens de Balbek ont employé dans les enceintes de leurs sanctuaires les pierres les plus énormes que l'homme ait jamais remuées.
Le mode de transport paraît être ici encore le gUssement par échelons.
Aucun traîneau n'eût résisté à des charges de mille tonnes : les l)locs de Balbek frottaient directement sur la chaussée.
C'est ce dont témoignent d'ailleurs les épaufrures survenues dans le transport.
Ainsi que l'indique la figure ci-contre, les épaufrures c se présentent toutes sur la face de parement, et toujours vers l'arête supérieure.
C'est donc la face aujourd'hui debout qui traînait sur le sol; l'arête terminale marchait à l'avant. Et, à l'arrivée, la pierre a reçu quartier.
D'aiUeurs, dans les faces de lit existent des trous de 0",25 environ de largeur, tantôt ronds, tantôt carrés, qui semblent creusés à l'endroit de moies ou flaches naturelles :
M AN OE IVRE DES MONOLITHES
Ces poches paraissent équivalentes à celles du piédestal de Karnalv ( pag. 122) et, comme elles, destinées à contenir de petits sacs de sable.
D'après ces indications on peut reconstituer la manœuvre comme
il suit.
A étant le profil de la muraille au cours d'exécution : D'échelon en échelon (,pag. 7G) on fait ghsser la pierre jus-
<]u'en a!\
On dispose en S des piles de gros sacs et, dans les poches v, des sacs de moindre volume : le tout enveloppé par un massif de sable.
On donne quartier au bloc (jui s'abat sur le monceau de sable. On affouille ce sable : Le l)loc arrive a poser sur les gros sacs. En vidaiil mélhodiipiement ces gros sacs, on ramène peu à peu à joint.
Bientôt il ne porte plus que sur les petits sacs logés dans les poclies du plan de lit. Il ne reste plus alors qu'à crever ces petits sacs .v.
De point en point la méthode ég^'pticnne exphtjue les particularités de Balbek.
ASSYRIK.
Un l>as-r(>Hef chi vu" siè( le nous fait assister aux opérations de tiansport d'un do ces taureaux aih-s (|ui servaient de jambages aux portes des palais.
Le colosse est à l'état d'ébauclie et porté sur les longerons d'un
GRÈCE ARCHAÏQUE
traîneau (fig. 105) qui ne diffère par rien d'essentiel de celui d'El Bersé (pag. 118).
lOî
Comme à El Bersé la traction s'exerce à bras d'hommes. Les seuls faits à noter sont les suivants :
Combinaison de câbles qui n'exige aucun nœud; Emploi de leviers pour aider au démarrage ; Doublure des longerons par des madriers de bois dur; Interposition de rouleaux entre le traîneau et le sol, moins glissant en Assyrie que dans la vallée du Nil.
GRÈCE ARCHAÏQUE
Vitruve et Pline nous ont transmis, au sujet du temple d'Éphèse, des détails qui permettent de saisir le passage des méthodes égyptiennes aux méthodes grecques (Vitr. X 6; Plin. XXXVI 21).
Transpoî'i. — Les pierres, pour arriver au chantier, devaient traverser des marécages :
L'architecte, « n'osant compter sur des fardiers dont les roues s'enfonceraient », répartit la charge sur le sol en faisant cheminer les fûts de colonnes par simple roulement ;
Et, pour appliquer le même mode de transport aux blocs rectangulaires des architraves, il les transforma en cylindres au moyen d'un habillage de charpente.
Vitruve — ou plutôt l'architecte grec dont il est l'interprète,
M A. VOEU VUE DES MONOLITHES
présente cette solution comme exceptionnelle, et constate incidemment l'usage général du fardier à roues.
D'ailleurs le texte ne contient aucune allusion à l'idée de consolider le sol vaseux : Les Grecs semblent avoir longtemps hésité à construire des cliaussées.
Moiitdfjp. — Un phtii incliné (mollis clivusj servit au montage.
Kl pour meUre en place les architraves « on élabht, en contrehaul de ce plan incliné, sur les chapiteaux des colonnes, un empil;ige de sacs i)leins de sable ;
Puis, vidant peu ;i peu les sacs du dessous, on amemi i»rogressivemenl les blocs à prendre leur assiette » (Plin. !.
Le temple d'Él»h^se fut élevé vers liin .V)(). A cette époque l'Kgypte était ouverte ;iux Grecs : elle put leur fournir l'idée de I:i miiiKi'Uvre sur sable.
M;iis il sendile éli-;uige de rencoiitrcM-, en plein vi" siècle, le plan incliné, \\ tous égards si inférieur au système des terrassements par échelons (pag. SîM.
Kii substituiint un glacis ;» lesc;»lier \.W montage, apparemment