‹ L'art de conjuguerChapitre 4 sur 40 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

changer R en issais. Qui ne voit combien ce système est près de l'absurde? Et l'on se plaint de la routine de l'étude de la grammaire ! Qu'on se plaigne plutôt de la routine des faiseurs de grammaires.

Ensuite, réduire à quatre le nombre des conjugaisons, c*est vouloir que l'on conjugue sur aimer les verbes appeler, céder,

JETER, ACHETER, AMENER, MANGER, MENACER, etc; SUr FINIR

les verbes SENTIR, mentir, ouvrir, tenir, etc.; sur recevoir les verbes s'asseoir, devoir, pouvoir, vouloir, savoir, PLEUVOIR, etc.; sur rendre les verbes paraître, confire, joindre, rompre, tondre, etc., etc. En un mot, c'est vouloir l'impossible.

Sans doute, à la rigueur, tous les verbes de notre langue peuvent être ramenés à quatre conjugaisons , si Ton n'a égard qu'aux dernières lettres qui composent leur terminaison au présent de l'infinitif, puisque tous ils se terminent en er, en ir, en oiR, en RE : mais à quelles difficultés ne donne pas lieu une classification en apparence aussi simple? On a trop oublié, selon nous, que ce qui forme les différentes conjugaisons, ce sont les diverses terminaisons de toutes les parties du verbe et principalement la terminaison de l'infinitif. En effet, la terminaison exacte et précise est non -seulement le dernier son qui frappe Toreille, mais, s'il est permis de le dire, la forme du son dont l'oreille est frappée, laquelle peut former ce qu'on appelle une rime riche, comme ber dans dérober, absorber. La terminaison n'est donc pas la même dans dérober et doubler, finir et sentir, vouloir et pouvoir, rendre et dibe, etc., etc.

PRÉFACE. VH

Ce principe admis, il est hors de doute qu'il faut autant de modèles de conjugaisons qu'il y a de terminaisons différentes à l'infinitif.

Or, nous avons compté :

44 terminaisons différentes en er; 31. . . . . . . . en ir;

5 en oiR ;

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