‹ L'art de connaitre des pendules et les montresChapitre 10 sur 55 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Usage du spiral : comment il faut toucher à l’aiguille de rosette de la Montre pour la régler.

Les vibrations du balancier se font avec plus ou moins de vitesse , selon que le spiral est plus fort ou plus faible : s’il est plus fort, les vibrations sont plus promptes , et s’il est plus faible , elles sont plus lentes.

Si on allonge le même spiral , les vibrations du balancier seront plus lentes, car il deviendra plus faible ; et si au contraire on le raccourcit , il sera plus fort et les vibrations plus promptes. C’est précisément ce moyen que l’on met en usage pour régler les montres : si elles avancent , on allonge le spiral , et si elles retardent, on le raccourcit. Cet effet est celui qui résulte du chemin qu’on fait faire à l’aiguille de rosette ; je vais en faire voir l’effet.

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On appelle aiguille de rosette la pièce d {planche III , fig. 1) (1) , mise quarrément sur l’axe de la roue K (Jtg. 2); celle-ci porte des dents qui engrènent dans le râteau h , c , lequel tourne autour du centre du balancier , sous la coulisse IL, vue en perspective {fi g. h). Lorsqu’avec une clé on fait tourner l’aiguille d et la roue K, celle-ci oblige le râteau de tourner : or, ce râteau porte le bras b (Jig . 2) , sur lequel sont fixées deux goupilles. Le spiral passe assez juste entre ces deux goupilles, de sorte que ce ressort n’est flexible que du point h , en suivant le spiral , jusqu’au centre du balancier; ainsi le spiral agit avec plus ou moins de force sur le balancier , selon que ces chevilles sont amenées en a , en h } ou en c : lorsqu’elles sont en c , le spiral est plus fort, ce qui fait avancer la montre ; au contraire , les chevilles étant conduites en a , le spiral est plus faible , ce qui fait retarder la montre.

(1) On reconnaîtra aisément les pièces dont je parle ici ; on les verra en ouvrant la montre.

Pour faire avancer une montre , il faut donc tourner l’aiguille de rosette de R en A ; car , dans ce cas , la roue K a fait venir le bras b en c ; et au contraire , pour faire retarder la montre , il faut tourner l’aiguille de A en R.

On tirera donc de là cette règle :

Lorsqu’une montre retarde , il faut tourner l’aiguille de rosette en avant , c’est-à-dire du même côté qu’on ferait tourner les aiguilles de la montre pour les conduire de midi à une heure ; et au contraire , lorsqu’elle avance , il faut tourner l’aiguille de rosette en arrière . c esl-à-dire du même côté qu’on ferait tourner les aiguilles de la montre pour les amener d’une heure à midi.

Quant à la quantité dont on doit tourner l’aiguille de rosette , à chaque fois qu’il est besoin de régler sa montre , il faut savoir qu’elle n’est point la même à chaque montre ; car si on fait tourner en avant l’aiguille de rosette d’une montre , d’une division du petit cadran , et que cela la fasse avancer de trois minutes en vingt-

quatre heures, la même quantité dont on tournera l’aiguille de rosette d’une autre montre, au lieu de faire avancer de trois minutes , ne le fera que d’une demi-minute ou de quatre , plus ou moins. Ainsi , on ne peut pas dire : si ma montre a avancé de tant en vingt -quatre heures , il faut tourner ï aiguille de tant; bien loin de là , car on ne parvient à trouver cette quantité qu’en tâtonnant. Mais, pour abréger, on fera usage de la règle suivante.

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