CETTE DEUXIÈME PARTIE
La première partie de ce livre fut publiée par Ferdinand Berthoud en 1759 ; sous le titre de : L’Art de régler les Montres et les Pendules; elle contient toutes les notions nécessaires pour que chacun puisse régler ses montres et ses pendules. Nous avons fait à ce travail peu de changemens, nous étant borné seulement à quelques additions , à remplacer des locutions anciennes par celles usitées aujourd’hui , et à développer des points qui ne paraissaient pas l’être suffisam-
ment.
Depuis l’époque à laquelle Ferdinand Berthoud écrivit cet ouvrage , l’horlogerie a presque totalement changé de face.
C’est pourquoi nous avons cru devoir ajouter les difîerens chapitres qui composent cette seconde Partie. Ces additions seront peut-être agréables aux horlogers qui ne se sont pas trouvés dans la possibilité de faire de grandes études dans leur partie. Elles seront aussi utiles aux personnes qui , s’étant un peu occupées de mécanique , voudront fixer un instant leur attention sur les questions d’horlogerie qui y sont discutées.
Ce que j’ai dit des montres à cylindre Ta été dans l’intention d’éviter à de jeunes horlogers, et à beaucoup d’acheteurs , de tomber dans des erreurs trop fréquentes. Ainsi, on a généralement trop de confiance dans le cylindre en pierre. La fu-
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reur des montres trop plates conduit à avoir de mauvaises machines ; nous devions le répéter ici. Les toutes petites montres de cou , que veulent les dames , sont encore des machines trop frêles ; elles sont dénuées de toutes les conditions nécessaires pour une bonne marche. Aussi , celles qui voudront une montre et non un bijou feront un choix dans les dimensions que nous leur avons indiquées.
En avertissant les mécaniciens , les ingénieurs , les médecins , etc. , que les montres à secondes indépendantes , telles qu’ils les demandent généralement , ne sont pas plus exactes pour les observations et qu’elles sont beaucoup plus dispendieuses d’achat et d’entretien que les simples montres dites à petites secondes, ou secondes excentriques , ou trotteuses , nous avons cherché à combattre un préjugé, et
rendre un service , en démontrant l'inutilité d’une dépense bien plus grande qu’il n’est nécessaire.
Le procédé que nous communiquons aux horlogers qui voudraient eux-mêmes argenter leur cadran de pendule et les peindre pourra être agréable et fort utile à ceux qui , étant éloignés de la capitale , auront à restaurer des cadrans abîmés par le tems. Lorsqu’ils se seront un peu exercés, ils feront facilement ce travail.
Le procédé de dorure à froid que nous avons créé sans acides forts et sans mercure , tout simple qu’il est , n’a , jusqu’à ce jour, été découvert par personne, quoique nous ayons présenté des pièces dorées par ce moyen à l’Exposition des Produits de l’Industrie de 1 83g. Il est trèsavantageux pour dorer toutes les pièces qui ne peuvent être exposées à la chaleur
et donne la couleur désirée et le demimat qui lui est propre , ou l’aspect de la dorure gratte-boissé , si on le veut.
Dans tous les articles qui composent cette seconde Partie , notre intention a été de donner des notions utiles aux jeunes gens qui se livrent à l’horlogerie par goût, et aux person nés qui , pour leur satisfaction personnelle , veulent être initiées dans quelques parties de cet art. C’est ainsi qu’en parlant des chronomètres , nous avons montré que ces instrumens , portés aujourd’hui à un très-haut degré de précision , ne diffèrent des montres ordinaires à l’usage civil que par des modifications tendant à faire disparaître les principales causes d’anomalie qui affectent celles-ci.
Les jeunes horlogers feront bien de méditer sur les causes d’irrégularité des mon-
très que nous leur avons signalées, et de saisir toutes les occasions qui se présenteront à eux , dans l’exercice de leur art, pour se rendre un compte exact de la somme d’erreurs qui résultent de la présence inévitable de ces causes d’irrégularité dan les montres; ils apprendront ainsi à les réduire aux plus petites quantités possibles , et, par conséquent, à obtenir les meilleurs résultats qu’on puisse espérer. L’expérimentation raisonnée est , en
HORLOGERIE, LA SEULE ROUTE QUI CONDUISE AUX CONNAISSANCES SOLIDES ET POSITIVES, INDISPENSABLES POUR BIEN JUGER ET BIEN EXÉCUTER LES OUVRAGES DE CET ART.