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CHAPITRE PREMIER

Instruction sur la manière de poser et diriger les Pendules (1) généralement employées dans l’usage civil.

Pour se servir 'avec avantage et agrément d’une pendule , il faut savoir la poser convenablement , la faire avancer ou retarder selon le besoin , mettre les aiguilles d’accord avec la sonnerie, etc. , etc. Voici des notions sur ces diverses opérations.

Poser une pendule.

Lorsqu’on veut poser une pendule sur une cheminée , il faut d’abord suspendre la pièce qu’on nomme vulgairement balancier, et dont le véritable nom , en horlogerie et dans les scien-

(1) Dans l’ouvrage de Ferdinand Berthoud , cette partie } était trop incomplète. Nous avons cru devoir la refaire entièrement.

ces , est le pendule à la soie (1) , qui est disposé pour le recevoir ; on aura soin de faire entrer en même tems la partie de laiton du balancier dans la fourchette destinée à le recevoir et le mener. Alors , on incline la pendule d’un côté ou de l’autre , dans le sens des oscillations du balancier, puis en la mettant droite , avec un mouvement un peu précipité , le balancier oscille , et la pendule va , si elle est montée , et

(1) La soie est le meilleur mode de suspension à employer dans les pendules à l’usage civil. S’il est vrai que ce mode ne soit pas aussi parfait que les lames élastiques en acier qui sont employées avec succès dans les pendules de précision , il n’est pas moins vrai qu’avec la suspension à soie, on peut parfaitement bien obtenir une très-grande régnlarité , et bien au delà des besoins qu’on éprouve dans les usages civils. Des artistes distingués, mais qui n’ont pas pris la peine d’étudier à fond la question , ont d’abord condamné la suspension à soie sans examiner que les irrégularités qu’ils lui reprochaient provenaient, ou d’autres causes , ou de ce que la suspension était mal faite , comme elles le sont généralement. Il nous serait facile de citer beaucoup de pendules avec des suspensions à soie et ne faisant pas plus d’une minute de différence d’une quinzaine , comparée à la quinzaine précédente, et sans que rien autorise à attribuer celle petite différence à l’emploi de la soie, bien au contraire. Nous traiterons celte question de principes dans un autre ouvrage.

si rien ne s’oppose à sa marche. Dans les pendules où on peut toucher le balancier avec la main , on le met en mouvement d’un coup de doigt sans incliner la boîte.

Mettre la pendule d’échappement.

Une pendule doit être parfaitement d'échappement, en terme d’horlogerie , ou d’aplomb > comme on le dit généralement dans le langage vulgaire. Pour qu’une pendule soit dans cette condition indispensable à sa marche , il faut que les chutes de la roue d’échappement produisant le bruit qui se fait entendre aient lieu à des tems égaux ; si , au contraire , il s’écoulait plus de tems entre deux de ces chutes ou coups produits par l’échappement qu’entre les deux suivans, la pendule ne serait pas d’échappement ; il faudrait la pencher de l’un ou de l’autre côté. Quand on a trouvé la position dans laquelle ces battemens sont égaux , on cale la pendule pour ne plus la déranger.

Mettre la sonnerie d’accord avec les aiguilles.

Il peut arriver souvent qu’une pendule mécompte, c’est-à-dire qu’elle sonne une heure autre que celle indiquée par les aiguilles ; le remède consiste à amener l’aiguille qui marque les heures , sur le chiffre du cadran correspondant à l’heure sonnée ; mais si la sonnerie vient à frapper les demies pendant que l’aiguille des minutes se trouve sur XII heures , etqu’ensuite elle sonne l’heure tandis que cette même aiguille est sur VI , on accordera l’un et l’autre en faisant arriver rapidement l’aiguille des minutes sur XII heures, pour que la sonnerie frappe un nombre quelconque d’heures. Après cette opération , on fait avancer l’aiguille des heures jusque sur le chiffre de l’heure qui vient de sonner , et tout doit être rentré dans l’ordre.

Toucher aux aiguilles.

Lorsqu’une pendule est disposée pour sonner d’elle-même les heures et les demies , comme

elles le sont généralement, il ne faut jamais faire rétrograder les aiguilles ; on risquerait de déranger les effets de la sonnerie. Pour mettre la pendule à l’heure , il faut l’arrêter si elle est en avance , ou faire faire le tour aux aiguilles.

Faire avancer ou retarder.

Lorsqu’une pendule a été déplacée , et surtout lorsqu’elle a voyagé , après l’avoir posée et mise en marche , il est probable qu’elle avancera ou retardera sur le tems moyen ; car lorsqu’elle aurait été parfaitement réglée, il est difficile que la soie reste dans un état d’immobilité parfaite sur le cylindre qu’elle enveloppe : elle peut devenir un peu plus courte ou un peu plus longue que précédemment , et faire ainsi avancer ou retarder la pendule. II faut , par tâtonnement, la remettre à son point de longueur convenable ; c’est alors que la pendule est réglée.

Quand une pendule retarde , on la fait avancer en raccourcissant le balancier; pour pro-

ùuire cet effet , on examine si , dans le cadran de la pendule , au dessus ou au dessous du chiffre XII , il n’y a pas un petit trou à travers lequel passe un quarré qu’on peut faire tourner en introduisant une clé pareille à celle d’une montre, et en tournant de gauche à droite pour faire avancer, et de droite à gauche pour faire retarder.

Si l’on ne voit pas ce petit quarré vers le haut du cadran, on trouve derrière le mouvement, plus haut que le timbre , un bouton porté par un petit cylindre sur lequel s’enroule la soie. C’est en tournant ce bouton de gauche à droite pour faire avancer , ou de droite à gauche pour faire retarder, qu’on produit l’effet dont on a besoin.

Les pendules dont nous parlons ici sont celles dans lesquelles le balancier est suspendu par une soie. Quant à celles dans lesquelles il est suspendu par des lames d’acier minces , ou par un couteau, les dispositions en sont trop variées pour qu’on puisse donner des indications

précises; mais, lorsqu’on sait que, pour faire avancer la pendule, il faut rapprocher la lentille du point de suspension , et que pour faire retarder c’est l’inverse , un examen attentif de la pièce indique le moyen par lequel on peut produire l’un et l’autre effet.

Du Ressort.

Pour ne point casser le ressort d’une pendule en la montant , il faut avoir soin de ne pas forcer quand on sent un obstacle ; mais il ne faut pas non plus s’arrêter pour la faible et régulière résistance que la main éprouve pendant le montage du ressort pour l’enrouler entièrement, car dans ce cas la pendule ne serait pas montée complètement , et ne marcherait pas le tems nécessaire. Dans cette circonstance , comme dans beaucoup d’autres , l’expérience et l’intelligence de la personne qui opère l’instruiront beaucoup mieux que tout ce que nous pourrions dire.

Des Pendules qui r.e marchent pas le terns nécessaire.

Il arrive assez souvent qu’une pendule marche pendant trois ou quatre jours après avoir été montée, puis s’arrête; et que, montée de nouveau, elle se remet à marcher pendant trois ou quatre jours , pour s’arrêter encore , et toujours ainsi.

Cet effet peut tenir à deux causes bien différentes , les voici :

1° D’abord , cela peut arriver lorsqu’un ressort est cassé dans la partie la plus éloignée du centre , et que la pression exercée par les derniers tours du ressort contre la paroi intérieure du barillet offre une force assez grande pour remplacer pendant deux ou trois jours l’effet du crochet , et permettre aux tours intérieurs de travailler, comme si le ressort était accroché au dehors ; mais dans ce cas la pendule ne^eut marcher que très-peu de tems , le ressort étant bientôt au bas.

2° Lorsque le ressort n’a que juste la

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