‹ L'art de connaitre des pendules et les montresChapitre 30 sur 55 · TROISIÈME EFFET DE LA TEMPÉRATURE · texte numérisé non relu

TROISIÈME EFFET DE LA TEMPÉRATURE

Changement d’état des huiles.

L’huile d’olive, la plus généralement employée en horlogerie , se fige lorsqu’elle est exposée à une température au dessous de 8°; dans cet état, elle oppose aux mobiles , et principalement aux pivots de l’axe de balancier, une résistance assez grande pour produire un retard sensible dans la marche de la machine , surtout quand un balancier est petit et léger , ou que les pivots sont gros et longs.

Le froid produit donc sur les montres deux causes d’accélération et une de retard. Le rapport qui existe entre ces différens effets détermine le plus ou le moins de sensibilité des montres sous l’influence des changemens de température. Des artistes ont cherché , par les proportions des pivots du balancier, à produire une compensation ; mais , lorsqu’à force de travaux et de soins, ils étaient parvenus à ce ré-

suliat , peu de mois après , tout le fruit de leur travail était perdu. La résistance que présentent les huiles à différons degrés de température n’étant pas la même lorsqu’elles sont fraîches, ou lorsqu’elles sont épaissies par le tems et la marche de la pièce , il en résulte que la compensation obtenue par ce moyen aujourd’hui , et quand on la supposerait fort exacte , ne le sera plus trois mois après , et à plus forte raison six mois ensuite.

Moyens de correction des effets de la température dans tes chronomètres.

Les constructions les plus variées ont été imaginées pour produire la correction des effets de la température, tant sur le balancier que sur le spiral ; ce n’est pas ici le lieu de s’occuper de toutes ces compositions, plus ou moins ingénieuses ; parlons seulement de la forme du balancier , le plus généralement adopté , et qui est représenté pl. 3 , fig. 8.

Ce balancier est formé de deux bras ou rayons

partant du centre, et diamétralement opposés. La circonférence du balancier est composée d’une lame d’acier soudée avec une autre lame de laiton , de manière que le laiton se trouve à l’extérieur , et l’acier à l’intérieur. Cette circonférence étant coupée comme la figure l’indique , voici ce qui se passe dans les changemens de température , en passant du froid au chaud, par exemple : le laiton, plus dilatable que l’acier , s’allonge plus que ce dernier ; mais l’adhérence qui existe entre les deux métaux ne lui permettant pas de s’allonger seul, il fait courber la lame , et rentrer son extrémité vers le centre.

Le maximum de cet effet se rencontre à l’extrémité de la lame , et le minimum vers la partie la plus voisine du bras qui la porte. Donc si on dispose une masse mobile, et pouvant glisser de l’une à l’autre extrémité des lames compensatrices, et que cette masse soit une partie considérable du balancier , selon la position qu’on lui donnera le long de la laipe

compensatrice , elle se rapprochera ou s’éloi^ gnera de l’axe du balancier par les influences de la température. La masse compensatrice corrigera moins si elle est placée en un point A, que si elle est au point G, et moins encore que si elle est portée au point D. Comme on est maître de donner beaucoup d’effet de correction , le balancier peut aussi corriger, non-seulement les différences que produit l’influence de la température sur lui-même, mais encore celle produite sur le spiral.

On ne peut déterminer , par le calcul , la position de la masse compensatrice sur les lames bi-métalliques ; l’expérience l’indique ; après quelques épreuves , on la trouve facilement.

Pour corriger la petite variation qui résulte du plus ou du moins de fluidité de l’huile patios divers états de la température , on est privé d’un moyen direct , mais l’on réduit l’effet de cette variation à la plus petite quantité possible par la puissance qu’on donne au balancier, et l’on réduit les pivots à la plus petite dimension

possible , en leur laissant seulement la solidité nécessaire.

L’expérience a prouvé que si ce moyen ne présente pas à l’esprit une satisfaction complète* du moins dans la pratique , il permet d’arriver à des résultats tellement précis, qu’il n’y a aucun inconvénient dans l’existence de cette imperfection.

Les causes légères de variation qui sont produites dans les montres ordinaires par les changemens de température , ne pourraient être corrigées par un balancier compensateur, ni par aucun moyen connu , mais elles sont de peu d’importance.

Dans les chronomètres , au contraire , ces causes doivent être éloignées avec le plus grand soin, et le balancier peut seul corriger tous les effets appréciables de la température. Sous ce rapport, il remplit une fonction très- importante dans la machine.

On ne doit jamais oublier que , s’il est vrai que dans l’horlogerie de précision les change-

mens de température soient la plus grande cause de variation , ils en sont la plus petite de toutes dans l’horlogerie à l’usage civil , et par conséquent, il ne faut pas imputer au chaud et au froid tous les écarts que font les montres et les pendules.

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