CHAPITRE V
Des causes de variation des Montres ; du degré de justesse qu’on peut attendre de ces machines.
La justesse d’une montre dépend de la constante égalité des battemens du balancier.
1° Les vibrations du balancier se font plus vite ou plus lentement , selon que la force qui est communiquée par les roues est plus ou moins grande ; donc la montre avance ou retarde selon l’inégalité de celte force (1).
(1) Ceci n’est vrai que pour les montres de la plus ancienne construction , dites ordinaire ou à verge. Dans ces montres , l’échappement est tel , que les changemens dans l’intensité de la force motrice produisent des différences considérables dans la vitesse du balancier , et par suite , dans la marche de la montre. Aussi , toute cause qui change la somme de force qui arrive à l’échappement d’une telle montre est-elle une cause de variation.
Tandis que dans les montres dont l’échappement est à repos, tel que les montres à cylindre, très-généralement employées aujourd’hui , le mécanisme peut être combiné
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2° La vitesse du balancier est encore modifiée par le plus ou moins de force du spiral. ( Voyez chap. IX.) Or, le spiral est plus ou moins élastique , selon qu’il fait chaud ou froid ; la vitesse de son mouvement change donc selon les impressions qu’il reçoit de l’air.
3° La force qui entretient le mouvement de la montre est un ressort dont l’action n’est pas constante ; elle diminue à la longue ; la force du ressort change aussi selon qu’il fait chaud ou froid : ces inégalités changent donc la justesse de la montre.
4° Le mouvement des roues , en tournant sur leurs pivots , en agissant les unes sur les autres , produit une résistance qu’on appelle frottement. Or, cette résistance devient plus grande à mesure que le poli des pivots se détruit , et que l’huile qu’on met dans les trous pour adouci les rapports entre tous les élémens de la machine être établis de telle sorte, que la force motrice étant augmentée d’un quart ou diminuée d’un quart, la montre soit toujours sensiblement réglée. (Voir le chapitre sur les Montres à cylindre, dans la 2e partie.) H.... R
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cir le frottement s'épaissit; la force communiquée au balancier n’étant plus la même , la justesse de la montre doit donc changer.
5° Le balancier d’une montre est susceptible de plus ou moins de vitesse , selon qu’il éprouve une plus ou moins grande résistance de l’air. Mais les écarts produits par cette cause sont si petits, que l’on peut en quelque sorte les regarder comme nuis.
6° Enfin , les différens mouvemens , chocs , positions, etc., auxquels une montre est exposée , tendent encore à déranger sa justesse.
En examinant ainsi séparément chacune des causes qui tendent à déranger les montres , on sera étonné de la justesse qu’on est parvenu à donner à ces machines. Celte justesse est telle , qu’une montre bien composée et exécutée ne fait souvent qu’une demi-minute d’écart par jour ; on peut même porter cette précision plus loin (1). Quant à la justesse qu’il faut attendre
(1) Dans les montres à cylindre , Oui ; mais dans celles
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des montres ordinaires ou communes , on ne devra pas se plaindre toutes les fois qu’elles ne feront qu’une ou deux minutes d’écart par jour.
On peut juger par là de la grande différence de justesse d’une montre et d’une pendule; car tandis qu’une montre fait une minute d’écart par jour, une pendule à ressort une minute en 15 jours, une bonne pendule à secondes ne fera qu’un ou deux dixièmes de seconde par jour (1) : une montre ordinaire fait donc autant d’écart par jour qu’une bonne pendule de cheminée en 15 jours.
REMARQUE
On sait que quantité de gens disent que leurs montres ne font qu’une minute d 'écart en 15 jours. Or, si cela arrive effectivement, c’est plus l’effet du hasard que de la combinaison de ceux qui les ont faites ; car ces montres mer-
ordinaires à verges et piales, comme on les fait aujourd’hui, Non. H.... R
(1) Voir la Note , pag. 40.
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veilleuses sont presque toujours ou de trèsvieilles machines , ou sont faites par de mauvais horlogers , qui seraient très-embarrassés de dire pourquoi telle montre va bien, et d’en faire d’autres qui aillent de même. Je me défie d’ailleurs de ce que disent ces gens à miracles , lesquels comparent leur montre avec le soleil , et qui , pour l’avoir vue d’accord à 15 jours de distance , croient bonnement que cela prouve en faveur de la montre , ne faisant pas attention que, dans l’intervalle de ce tems, la montre a pu varier d’un quart-d’heure , plus ou moins , et se retrouver ensuite avec le soleil (1).
(1) Voir la Note, pag. 40. L’auteur confirme ici noire observation sur l’erreur qu’il commet en parlant d’une pendule à secondes qui ne ferait qu’une différence d’une minute en un an. H.... B