FORMES DONNÉES AUX VERRES DE LUNETTES
On distingue dans l'usage général deux sortes de verres : ce sont ceux isoscèles et ceux périscopiques.
Les verres dits isoscèles, comme leur nom l'indique, ont leurs courbures égales (fig. 63-64). — Les verres périscopiques, de m/il, autour, et <n(07ri«, voir, ont des courbures inégales.
Le verre convexe (fig. 65) présente la plus forte coup;
l'art de COKSERVEft LA VtJB 141
bure à Vextérieur, tandis que c'est le contraire pour le verre concave (fîg. 66).
Les verres les plus employés sont les verres isoscèles ;
Fig. 63.
cependant, au point de. vue optique, ce ne sont pas les meilleurs, et généralement, sauf dans cerlaim cas
Fig 6i.
spéciaux, les verres périscopiques valent mieux. En thôsc générale, on peut dire que les verres périsco-
Fig. 65
piques pour la ptesbyopie soni prcférablos à tous les autres, pour la lecture, récriture et pour les objets éloi-
122 L'ART m Gimmfiwm tx \m
gués, Pour la myopie, il en wt de m«me, et s'il anire qu'un myope ou un presbyte trouve que les verres isoscèles le font mieux voir, c'est qu'il est déjà habitué à cette forme de verres ; dans ce cas, il sera difficile de lui en donner d'autre», car l'œil s'est accommodé d'une manière si intime, qu'il sera inutile d'insister.
Je ne sais pourquoi certains auteurs ont blâmé les verres périscopiques ; car il est connu en optique, qu'à îbrcs és*te Qpe lentille pérlscopique donne une netteté plus grande, sur une surface donnée, que ne pourrait le faire une lentille isoscèle ; pourquoi donc hésiter, quand l'expérience vient môme en matière de lunettes confirmer 09 i^Uaofltis?
*"ig. 6(L
Cependant M. le docteur Mackensie, dans son savant traité des Maladies de l'œil, traité si justement apprécié, dit, d'après M. Nicholson, que les verres de lunettes périscopiques donnent plus d'aberration de sphéricité et de réfrangibillté que les verres isoscèles.
Vraiment, nous no comprenons pas trop pourquoi cette remarque, qui est en contradiction avec l'opinion savante généralement admise. Pour nous, en suivant l'avis des gens célèbres, tels que Descartes, WôUaston, Biot, nous dirons que les verres périscopiques sont, dans la plupart des cas, les seuls capables d'être employés utilement pour les lunettes; car ils donnent une netteté égale pour
Vkm m CONSERVER U VUE 12Î
la perceptibilité des objets, tandig que les verres isocèles, qui 6oat doués à un beaucoup plus haut degré d'aberration sphérique, ne donnent qu^une netteté centralisée, d'autant plu8 grande que la force ou le foyer des verres diminue. Le seul reproche que Ton puisse faire aux verres périscopiques, c'est la gêne que cause, dans certaines positions, la réflexion sur la surface intérieure, mais on l'évite fecilement par la position du point lumineux.
WoUastoa popularisa les verres périscopiques, et c'est à lui que Ton en doit rintroducrton parmi nous ; c'est à lui que l'on doit Bttsii la démonstration de leurs avantages: mais avant lui ils étaient connus, et notre grand philosophe Descartes, qui vivait en 1650, les figurait dans sa Dioptrique, bien qu'il voulût donner aux verres des courbures hyperboliques, ce qui est pratiquement impossible.
Marti as avait imaginé d'appliquer aux verres delunettes des diaphragmes destinés à limiter la vision ou, en d'autres termes, à n'admettre les pinceaux de lumière que par le centre de la lentille. Wollaston a blâmé les Visual glass ; aussi nous dispenseix)ns-nous d'y rien ajouter.
f Watkins et Smith, opticiens anglali, avaient cherché à remplir la môme indication en construisant des verres'Se lunettes qu'ils nommèrent improprementac/iromatiques. Ils étaient composés d'un lentille convexe et d'un ménisque concave convexe ; mais cette combinaison n'eût pas le succès que se promettaient les inventeurs. »
Charles Chevalier a, le premier, construit en 1841 des . verres de lunettes réellement achromatiques y car tous ceux dont on se sert décomposent la lumière et irisent plus ou moins les objets. Nous avons représenté (iig. 67 et 68) le verre achromatique convexe et concave. Pour la cataracte, ces verres présentent de réels
avantages. On dooncîaussiâuk verres de-lùnetteô d^aulres formes que ccUcs déjà citées. AiUsi, on fabrique à tort des verres pian: tonvexe et plan concave^ ôii bien des verres sphériques à courbures inégales. Tous ces verres doiisenjt tire rejèïéSi.car ils sant'mtucMs d'aberraHoti à. un haut, degré; ' \ •'. • . . ...
•Fig C7. • ' '' '
Leâ verres plans incolores servent dans certains cas pour garantir les yeux dii vent et des corps étrangers; sHls nesont point parallèles y ils doublent les points lu^ mineux : c'est donc un moyen de les vérifier. En les tenant à une petite distance des yeux, et en les faisant tourner, ils ne doivent non plus sembler faire bouger les objets.
Fil'. 08/
Xes'^ verres bicylinSriqùes concaves où convëxes^à dxes brotsès'(ï\%,^^^) sorit'perhicieux poùrlàiprésb^opie et' la myopie,' 5aU/'â6n« le' cas d'asiigm(Mimié. Ils mi été imaginée pariGrallânUIclé'Giievrèux "^ "^ .
Gclté'foïme dé'véri-é's, tout à fait impi'oçre à la-oon-
fltnictîôn de n'importe quel instrument d'optique, est fout à fait pernicieuse pour les verres de lunettes, et flous ne saurions trop indiquer que leur usage peut altérer la vue d'une façon tout à fait complète.
Ainsi que nous venons de l'expliquer, les verres cylindriques sont nuisibles lorsqu'il n'existe que de la myopie ou de la presbyopie, mais une affection étudiée
Fig. 69.
dans ces derniers, temps par le savant professeur Donders a consacré l'emploi de ces verres pour Vastigmatisme.
On les emploie plan cylindriques à axe um'que ou spherO'Cylindriques, ou encore bi-cylindriques.
La figure 70 représente un verre prismatique. Cette forme est employée dans la dipîopie.
On sait que les prismes ont la propriété de dévier les
Fig. 70.
rayons lumineux vers leur base, comme le montre la figure 71 qui explique les déviations de la vision à l'aide des prismes.
On emploi. des verres prismatiques de 1 à 20 degrés.
Ces prismes devront êlrc en crown pur^ parfaitement polis, et d'un angle précis déterminés avec d'excellents goniomètres. Nous avons déjà expliqué la diplopie.
Nous indiquerons, en terminant, le moyen dont m doit se servir pour trouver le foyer des verres. Cbaeun sait que 9i on place sur un verre convexe d*un foyer donné un verre concave du môme foyer, cette réunion produit un verre ne grossissant ni ne rapetissant les objets ; donc, étant donné un verre convexe ou concave dont le numéro est inconnu, on cherche un verre qui.
lui étaiat juxtaposé, constitue un verre qui produise l'effet dté, et comme les veires qui servent d'expérience sont numérotés, il n'y a plus qu'à lire le loyer. On pourrait, pour les verres convexes, chercher le foyer au soleil, et le mesurer ; mais, pour les verres concaves, la chose est plus difficile : aussi nous ne l'iadiquerons pas, car elle n'est pas pratiquée,