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DES VERÈES COLORÉS ET DE LEURS USAGES

Relativement aux verres colorés, nous dlrotis que 1(91 meilleures teintes sont celles blm noirâtre et mfumië (teinte neutre) *, que Ton doit employer suivant les caSt comme nous Tindiquerons.

C'est aux recherches de Fabbô Rochon, de ^ncent et de Charles Chevalier que Ton doit FindicatiOtt de ceë teintes. La teinte verte ou bleue doit être totalement bannie : la teinte verte est mêlée de jaune et donne ttne teinte Verdâtre et rougeâtre à tous les objets : lâ leihte ' bleue est mêlée de rouge et rend bleues ou jaunâtres les, choses que l'on regarde. En plaçant devant l'œil un vetre vert ou bleu, au moment où on le retire, les objets apparaissent rouges ou jaunes, sensation provenant de la couleur complémentaire; ort comprend alors pourquoi ces verres doivent être rejetés.

Les recherches précitées ont cU poUr but dé ttt)Û1rer une nuance qui affaiblisse la couleur des objetsi 6ànS en changer la t^nte; et quoi de plus rationnel? Comment espérer une amélioration avec des Verres qiil chahgent la couleur des objets, qui blessent par Conséquent la rétine ?

» dette tèîhtb êntte|»fbp^êinêûtiPf>él«ë,t0iâli flituéi dilitmdrM)

On a cru devoir préconiser la teinte bleue, en disant que cette teinte détruisait les rayons jaunes ; mais où se trouvent ces rayons. Le jour, les rayons colorés sont pe)i répandus; le soir nos lumières nous donnent du jaune, du. rouge, de Forangé ; comment combattre tout cela à l'aide des teintes complémentaires. On le voit, la teinte qui affaiblit la lumière sans changer la couleur des objets est la meille^re, et cela ne soufiBre aucune difficulté pour être saisi.

A propos de l'emploi des verres bleus et verts^ je citerai deux exemples que j'emprunterai au docteur Szokalski. Ainsi il cite un malade qui, après s'être servi quelque temps de lunettes portant des verres Meus, pendant les jours nébuleux de l'hiver, fut convaincu pendant deux jours qu'un beau soleil éclairait l'horizon. — Un albinos, qui usait des verres verts, voyait tous les corps rouges dès qu'il quittait ses lunettes.

On pourrait multiplier ces faits ; ils se présentent à chaque instant.

Dans certains ouvrages, on voit encore des citations singulières; on conseille la teinte bleuâtre ou verdâtre : c^est là une erreur dont il faut se défier et bien y regarder lorsqu'on prescrit des verres teintés. Un bon moyen pour éprouver la teinte des verres et voir surtout s'ils ne contiennent pas de rouge,c'estde pencher les verres de façon à ce que Tune des surfaces réfléchisse la lumière; on voit alors, si le verre contient du rouge, une teinte bleue violacée, qui dévoile de suite le défaut que j'ai signalé.

La fabrication des verres colorés présente une lacune, ^car la matière première employée aujourd'hui n'est pas parfaite. ^ .

Signalons aussi un grand défaut, celui de la nlultiplicité des teintes*; car il faut bien le dire, il existe des verres colorés de mille et mille teintes différentes, et c'est cela qui fait la confusion. Pourquoi cela arrive-Ml? Le pourquoi, le voici : les verres teintés sont tous faits en

verre à vitres ordinaire coloré plus ou moins gi-ossièrcment. Certains verriers, de temps à autre, font des vitres de ce genre, et les opticiens sont obligés de s'jarranger de ces grossiers vitraux pour faire leurs verres colorés. Tel est Tétat déplorable des choses; aussi, dans Tétat actuel, est-il impossible de se procurer des verres colorés entièrement parfaits. Il faudrait que nos savants verriers produisissent du crown coloré très-pur ; mais jusqu'ici ils n'ont pu s'y décider.

En verrerie, la couleur enfumée s'obtient en mêlant au verre un mélange d'oxydes de fer, de cuivre et de cobalt. Pour faire le verre bleu, on emploie l'oxyde de cobalt, et l'oxyde de manganèse pour le verre violet. Le verre vert s'obtient avec le sesquioxyde de chrome, les sels d'urane ; le verre jaune, avec l'oxysulfure d'antimoine ; le jaune-orangé, avec l'argent.

L'usage des verres colorés est indispensable dans certains cas : dans les contrées couvertes de neige, dans les pays où la lumière solaire est intense, on ne peut s'en passer. Du reste, les peuples qui ne connaissent pas les verres colorés se garantissent très-bien de Tinfluence de la lumière. Ainsi les Esquimaux se peignent le pourtour des yeux en noir. Ils se servent aussi de pièces de bois en forme de coque, au milieu desquelles se trouve une fente ; ils appellent ces instruments grossiers des yeux, de neig^isnow blindness)^etceiaL les garantit très-bien de l'éclat de la neige, et empêche l'altération de leur vue.

Outre ces cas particuliers, les verres colorés sont utiles pour les yeux sensibles à la lumière (photophobie)^ dans les choroïdites, lès iritis, après l'opération delà cataracte, et dans une multitude de cas. Seulement il faut bien remarquer que si dans tel ou tel cas les verres colorés sont utiles, qu*ils peuvent altérer la vue sHls sont pris inconsidérément. Dans la myopie, ils sont presque toujours indispensables, et généralement on fera bien

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<r avoir des verres coloris pow lêjmr et pmr U Sùir; nô^essafrementij^ denifers s^onf 6ediicû^ mâtmfm* ces. Camtne M. Besmartes, nous pensorû qu^Utsmû nuisibles dans la presbyopie. Le» ntieseokfféBf êe téidte légâre, seront etfôore tttilesi dans eeflaiiïeB pfùted^ QioM^oûK, himiëre est réfiécMe siir de^ e(»p9 p^fe êl hrilkms; ils settmt tôitjotni» bidtqieiiSBble^ mt teirrtofi, fondetm, etc. Ces derûierd t^t torti pàê i^le&lloSt «t dans les^ verreries qae nous avons visitée^ \e§ covriers travailleitt satïi^ terres colorés; ce sent aïKaiit f mablyopiés et d'amatiroses (fCi'il^se préparent.

Charfes Cheraliet indicpie Une excellenfe pfééaôttoô pour les verres colorés; la verici telle çfa'elle ÉëtrçWte dans son Manuel des Myopes et des Breshytes :

a Quelle, (pte soit l'espèce de terre coloré âmî on fait usage, il faut fermer 1^ yeux au moment ak Ton retira les Itjnette», parte quePorgane éprouve feajottus une sensation trës^ém'Me lorsqfu'on Fexpose à la trassitiovi trop brdsqfle d'une douceclarté à une lumi^e éclatante. Cette obserration est mœi^ applicable aux lunettes (nrdinaîres. *»

Nous avons spécifié cptHl ne Mâit employer que deun tefnte^, celle enfumée ou celle bleue noirâtre (fdnte netf* trej. Nécessairement on doit employer différentes valeurt de feintes. Ainsi on se servira de la teinte foncée, de la kinte moyenne, de la teinte légère et de la teinte extra légère. Pour garantir Péclat du soleil, on devm preseiiiv la teinte infùmée foncée ou moyenne; maiskmigi^i} Vagira (Tâtténuer ta lumière par un temps gris et dans les pays oti le soldl est fare,on devm ddns m cas pre»* crire U teinte bleue nc^râtre de teinte meryeeme 06 légère. Sans certains cas, oiii«f^efategnnid»«vaBtageà par f%mplo! des terres blett noIrftM de teinte extra légère. Cetetr dernière teinte Mt surtout dire eonseillée aux myopes, et dans tottsr les cas ^ les' teires eo^orét sont utiles poirr lesd^ettF |ïippfî^«#rés^

On pevi classer les renw colorés, répandus danwte eoamearce^ âaas Tordpe sniranf, par nppoH à la qoantité de lumière qu ils absorbent.

Bleu pur.

Bleu noirâtre^ {teinte neutre).

Enfumé.

Vert noirâtre.

Vert.

Jaune noirâtre.

Xe bleu absorbe moins la lumière, mais il doine la couleur complémentaire ; — le vert agit de môme; — le ver noirâtre et le jaune sont nuisibles. Il reste donc le bleu noirâtre et la teinte enfumée^ ainsi que nous Pavons dit.

Cette teîiîfe blett noirâtre ou neutre eât celle que Ton doit employer le pluef souvent. Elle est formée de bleu pur, dans lequel on mélange une petite partie de noir. Ou obtient ainsi une substance atténuant la fumiêre, sans causer de fatigue ni de couleur complémentaire. — Le bleu pur dit bleu cobalt est sans nul doute pernicieux, éblouissant, et donne la sensation du jaune dés qu'on retire les lufiettes. — On ne peut guère comprendre pourquoi on a préconisé cett^ teinte. Dans tous les cas, la valeur des teintes doit être bien examinée dès qu'on ^escrit des verre» eokftés; cda dépend de Fusage qu'on doit en faire.

Les verres colorés se font plans, concaves ou convexes; mais quelquefois il est nécessaire d'associer à la puissance des lunettes convexes ou concaves à venes incolores Tactioa bienfaisante des verres colorés ; on a donc imaginé d'adapter aux lunettes ordinaires des cycles ou cadres supplémentaires articulés à charni^s et garnis de Verres colorés. Ces cadres viennent s'appliquer contre les tempes, empêchent l'introduction des rayons laté»raux, et il suffit de les rabattre si;r le corps de la lunette^

132 L'ART DÉ CONSERVER Ik VUE

pour obtenir Veiïet combiné de la teinte colorée et du verre destiné à rétablir l'énergie de la vision. Ordinairement les cadres sont en forme de fer à cheval^ c'est la meilleure disposition pour ces iuQettes(ttg. 72); mais elles ont Tinconvénient d'être plus lourdes, et lors-

Fig. 73.

qu'elles ne sont pas indispensables, on préfère généralement réunir dans uq seul et même \erre la te't te et la forme convenables, soit ea employant du verre color('*, S3it ei soudmt le verre bleu au blanc, ainsi qye l'a proposé M.'Lerebours père. Cette dernière méthode a Ta-

fig. 72.

vantage d'éviter la coloration trop foncée et inégale des lentilles à fortes courbures.

Si la lumière latérale fatigue, on peut facilement ajouter sur les côté^ des lunettes des goussets en crêpe noir double (fig. 73), et surtout bannir le taffetas, car il ne

laisse pas passer rair, et rœil, emprisonné entre l'étoile et les verres, contracte, petit à petit, une ophthaimie souvent sérieuse. Le crêpe laisse passer Tair et intercepte suffisamment la lumière.

iious ne parferons ici des lunettes coquilles (fig. 74) que pour indiquer qu'elles sont tout à fait nuisibles. La forme de ces verres empêche d'avoir un parallélisme parfait, à moins d'employer des soins infinis, qui souvent restent infructueux. Du re^te, presque tous les verres coquilles sont faits en verre soufflé.

En tenant une lunette coquille à une certaine dislance des yeux, et en faisant remuer doucement les verres, on verra, en regardant à travers, que tous les objets

Fig. 74

semblent ûôuger, preuve certame du manque de parallélisme et du fâcheux effet que cela peut avoir sur la vue. En faisant tourner circitiairement un verre-coquille au devant de l'œil, les objets se déforment. J'ai vu des personncb ne pouvoir se diriger, lorsqu'elles faisaieht usage des lunettes-coquilles. Pour nous^ nous considérons ces lunettes comme de véritables instruments de torture.

• Les lunettes dites chemin' de fer (flg. 75) peuvent être recommandées, et sont utiles pour garantir de l'éclat de la lumière, du vent et de la poussière.

Mais la meilleure manière d*employer les verres co^ loris est de les placer dar^ des montures ordinaires

134 L'ART DE dOKSERVBR lA VUE

à grands cmles ; dôMté fii((m ttt Siïutagmt fdtii i

fait les yeux.

En terminant, je T^ktletaiàe Vabaî-jàur ou gafde-Me. L'abat-jour de nos ancêtres ne serait pas un matttais moyen, sUl ne comprimait pas les tempes et s*il n*éctlciuffait pas an peu les yeux; il a de plus rinconvéntent d'être fort laid ; cependant, dai^s cemins cas, on peut le recommander, car 11 peut rendre djBS services.

Fig. 75.

DES NUMËRi^ GQ FOVSaa DM VEfiBBS I^ LUNE'iTES ET DES M019TURE8

Les verres de lunettes sont classés par numéros indiquant leurs foyers, et comme la courbure d^une sphère est en raison inverse de son rayon, plus le rayon est petit, plus la courf)ure est forte, et vice versa. Ainsi, un verre du n» 20 est plus faible qu'un verre du n«» 18 ; plus la numéro pstbas, plu^ U est fojrt, et pir contre plus il est élevé, plus il e^i ^ihkf

Dan§ tous ]m traités, ou a çppié las tableaux de i^lassilîcatioii des yerres, di^ppsé^ ^t ii^iqii^ w Charles (ijievalier, dans fion MmuH 4^ê Mym^ ^i^^ Pml^ytes en 18il ; ce spiit eepE Qijyifopt efl^ployés géoémlemeat.

ORADUATIOM DES VBB&ES DS LUNETTES I" SÉjiiiî en commençant \

parleno30emp(oyéordi.jgg 30 30 j8 le. Myopie nair^mentparlespersonnea i ^' . 'T^ *"' * * "^ ^"^ qui prennent des lunettes / ^ * pour la prensuèrç fois»

2* Sérib dont rosage'est 1 *5» *>• î^' *2, II, 11 Myoplus général. P^^ Pl^3 prononcée.

^ 3e SÉRiaencoreemployée ) ^'^' 7' ?' ^ ^^*ï^' ^- ^y^ fréquemment. ' pie forte.

4' Série. Vues excep- ( ^/*- ^^ V*^' ^^- ^ ^'^»

tionnelles, assez rares. J ^ '^' '^^' */^»** ^ Myopie très-forte.

• PRESBTOPIB OU PRESBYTIE.

V Série. 60, 48, 36, 30, 24, 20. Presbytie commen*

çante.

2* Série. 18, 16, 15, 14, 13, 12. Deuxième degré. 3- Série. 11, 10, 9, 8, 7, 6, 5.Presbytie bien prononcée. 4« Série. 4 1/2, 4, 3 lA 3, 21/2, 2, 13/4, 1 1/2, 1. Dernier degré.

Jusqu'à présent, la graduation des verres de lunettes est encore faite en pouces ; ainsi un verre n« 20 est un verre de 20 pouces de foyer. Gbarles Chevalier, dans son Manuel des Myopes et des Presbytes, a indiqué r2q)plication du système décimal à la graduation des verres. Cette réforme importante, il n'a pu l'exécuter, car il aurait fallu renouveler tout un matériel. Elle a été proposée depuiscomme nouvelle ; voici ce que Charles Chevalier écrivait à ce sujet en 1841 :

9L Ona classé les verres de lunettes par numéros qui représentent teur distance focale estimée en pouces. Nous nous occupons d'appliquer le système décimal au nvméroiage des verres. Cette nouvelle classification par centimètres permettra de graduer plus délicatement Véchelle optique^ la vue ne pourra que gagner à une transformation moins brusque ; mais, pour une telle réforme, il faut renouveler en entier le matériel, quô nou^ possédons actuellement, et ce travail, assez con-

sidirabki n$ pourra Kre terminé avant l'année pro^ chaine.

On peut cependant, dans Tétat actuel des choses, re* médier à Tabsënce de graduation décimale en se serrant des verres de foyers intermédiaires, dont remploi estindispensable dans certains cas, car certains foyers sont trop différents. Ainsi, du 30 on passe au 24, du 24 au 20, etc. Cependant le 27, le 22, sont des foyers dont on ne peut se passer: Voici le tableau des numéros intermé* diaires tel que je Fai décrit en 1859*

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