‹ L'Art de conserver la vue: ouvrage utile a tousChapitre 18 sur 18 · CD · texte numérisé non relu

CD

Lampe SInombre à réservoir supérieur . .

Lampe Girard '22 m . .

Lampe Sinombre à réservoir annulaire de 22 m

Lampe bydrostaiique

de 28 m 107, 65

Gaz de bouille 127,

— des huiles ..... 127.

Les lampes dont l'intensité dépasse 60 doivent être placées à une certaine distance des yeux ; on devra avoir soiUi en faisant usage des lampes, de se placer de telle sorte que Ton reçoive obliquement les rayons, et que Ton n'aperçoive pas le foyer lumineux. Les lampes doivent donc être munies d'un abat-jour en papier uni, vert ou bleuâtre, les abat-jour historiés doivent être rejetés. Pour les vues faibles, on fera bien de doubla l'abat-jour en papier b\eu-noir, mat, d'une teinte légère; le paj^ier qui sert à l'encadrement des anciennes gravures convient parfaitement pour cet usage. Les lunettes à verres colorés trouveront aussi ici leur emploi ; pour l'écriture, le papi^ bleuâtre sera préféré au papier blanc. Les ^tjour découpés sont nuisibles pour la vue, ainsi que les globes dépolis, dont l'usage doit être rejeté, car l'éclat de la lumière, bien que tamisé, irrite les yeux ; du reste chacun sait combien il est pénible de regarder un globe dépoli renfermant un foyer lumineux.

L'éclairage des endroits publics est tout à fait fâcheux pour la vue, les foyers lumineux devraient être dissi* mules, •

M. Michel LéYY s'exprime à ce sujet de la manière la plus parfaite :

« Combien Thygiène oculaire gagnerait à ce que le système d'éclairage dans les lieux de réunion fût combiné de manière à placer hors de vue toutes les flammes, toutes les lumières directes, et à ne laisser arriver à Fœii que leur clarté dispersée par des réflecteurs disposée euxmêmes à Fécart : tel est le système Locatelli, adopté dans quelques théâtres de Venise et dans Tune des galeries du palais de Fontainebleau. »

James Hunter décrit ainsi les effets nuisibles de la lumière artificielle: •

« lo La composition défectueuse de la couleur des rayons;

2* La propriété qu'ont ces rayons de dégager plus de chaleur que de lumière ;

3» La formation et le dégagement d'acide carbonique agissant sur les yeux d'une façon défectueuse;

40 L'instabilité et la position, ainsi que la direction désavantageuse que l'on donne généralement à la lumière artificielle. »

, En résumé, nous dirons que les yeux faibles devront éviter tout travail, toute occupation à la lumière artificielle ; pour des yeux bien constitués, deux heures de lecture ou de travail à la lumière ne devront pas être

Tandis que nous en sommes à la question de lumière, parlons aussi de celle du feu, qui lui est étroitement liée. En peu de mots, nous dirons que le chauffage au charbon de terre doit être banni des appartements, les gaz qui se développent pendant sa combustion sont tout à fait nuisibles, non-seulement aux yeux, mais à l'économie en général. Que de conjonctivites, d'ophthahnies, d'affections catarrhales, n'oht d'autre cause que le chauffage au charbon de terre ! Que le bois, que le sarment pétille dans les cheminées de nos appartements, jet nos

yeux y gagneront. De toutes façons, il faudra faire usage d'un écran, de manièreà protéger les yeux de la lumièi^ et surtout de la chaleur du foyer ; l'habitude ^'oùt certaines personnes de se mettre pour ainsi dire la tête dans le feu peut occasionner la production de la cataracte, où tout au moins de Tamblyopie.

Nous voici édifiés sur un des sujets les plus importants. Parlons maintenant de l'hygiène delà vue fendant le travail. Beaucoup de personnes placent au hasard la table sur laquelle elles écrivent ] pourtant il est à ce sujet plusieurs règles à observer. 'Ainsi la meilleure manière de recevoir la lumièr^serait d'en haut, mais comme cela est rarement possible, on devra J)ar exemple la recevoir à gauche. La pièce où on travaille sera au nord, afin d'avoir une lumière égale, les murs seront verdâtres ; on bannira toutes les^ dorures et toutes choses donnant des reflets, surtout en face de soi.

Réveillé-Parise résume ainsi les conditions d'un cabinet de travail : « On observera que les muraillefe de Tapparlement ou du cabinet où Ton. est journellement ne soient pas d'un blanc éclatant. Il serait peut-être indispensable d'en bannir les glaces, les bronzes et tous les objets brillants qui réfléchissent la lumière dans toutes les direction3 Un simple tapis vert posé sur la table où l'on écrit pour délasser de teïnps efl temf)s les yeux ; des rideaux de taflfetastl'un vert clair à la croisée^ et qui répandent dans l'appartement un jour aussi doux qu'agréable ; tels sont les meubles les plus nécessaires aux savants et aux littérateurs dans leurs occupations. Le cabinet où Buflbn a tracé ses îtnmortels écrits n'était pas mieux orné. Et que faut-il de plus à l'homme studieux qui veut se livrer à des travaux littéraires soutenus, et ménager l'organe qui lui procure les plaisirs délicats de l'esprit ? C'est encore sous ce rapport, quoique le plus faible sans doute, qu'un modeste grenier convient mieux peut-être aux véritables gens de lettres que cca cabiaets

l'art de conserver la yuE 1G3

magnifiquement dorés, souvent aussi funestes à leurs yeux qu'à leurs talents. »

Nous dirons, en terminant ce sujet, que Ton devra, pendant le travail, "reposer sa vue, en regardant de temps à autre de gros objets, car un travail continu et opiniâtre est fort nuisible pour les yeux.

Il est bon de noter aussi que Ton ne devra se mettre à travailler qu'une heure après le réveil, et deux heures au moins après le repas.

Les veilles engendrent force maladies, et notamment celles des yeux; aussi l'hygiène oculaire doit-elle en faire upe mention spéciale, afin d'indiquer qu'il n'y a rien de plus fâcheux pour la vue que cette funeste habitude de lire ou de travailler jusqu'à une heure avancée de la nuit. Nécessairement, le jeu et tous les plaisirs analogues qui neus tiennent éveillés alors que c'est le moment du sommeil sont pernicieux pour la viîe ; et la masse des amblyopes et des cataractes vous apprendront que leurs maladies sont le résultat d'excès de ce genre.

Parlons maintenant de l'air et de son influence sur la vue.

« L'air pur, dit Michel Lévy, est le meillejir topique; 'chaud ou desséché, il irrite par l'évaporalion des larmes ; sec et froid, il la provoque ; froid et humide, il dispose aux ophthalmies cat^rrhales. »

Dans ces quelques lignes, les modifications de Faîr sont tracées. Si l'air est chaud, on devra fréquemment se bassiner les yeux avec de l'eau fraîche; s'il est froid ou humide, on se garantira les yeux en portant des lunettes à verres plans sans teinte, ou légèrement enfamés.

Combien ne doit-on pas faira attention quand on pense, ainsi que le remarque savamment M. Desmarres, qu'un courant d'air très-froid, au sortir d'un bal par exemple, peut déterminer une amaurose symptomatique d'un décollement de la rétine par congestion séreuse!

n est de ces préceptes que Ton ne doit jamais oublier. Éviter surtout le froid humide ; ne jamais laisser ses fenêtres ouvertes durant les nuits d'été, car une amaU' rose peut être la conséquence de cette imprudence. Avoir soin de ne pas s^exposer aux courants d'air, car on sait qu'il peut en résulter des ophthalmies souvent fort tenaces;

Nous n'avons pas encore parlé du régime ; mais il est important, pour bien conserver sa vue, de suivre les régies que Thygiéne indique; aussi nous ne nous étendrons pas sur ce sujet, et nous renverrons aux livres spéciaux. Il en est de même de la question du sommeil, etc. Nous inviterons, à ce propos, nos lecteurs à lire les charmants traités^d'hygiéne et de médecine domestique, par M. le docteur E. Beaugrand. Ces deux ouvrages *, clairement écrits et mis à la portée de tous, sont indispensables, et leur auteur a certes rendu un service réel en popularisant des notions trop souvent méconnues. — Si Ton tient à avoir ce qu'il y a de plus complet sur l'hygiène, c'est le savant traité de M. Michel Lévy qu'il faudra lire.

La couleur des yeux indique-t-elle la force de la vue? Béer a remarqué que^ lès yeux bruns étaient plus robustes que ceux gris ou bleus. M. Desmarres ne partage pas cette opinion ; nous croyons qu'il a raison ; cepen* dant j'ai rencontré quelques faits qui tendraient à accréditer l'opinion de Béer; mais n'ayant rien de bien concluant, il vaut mieux s'en rapporter à un maître, et c'est ce que nous faisons.

On ne trouvera pas étonnant que nous ne parlions pas ici des lunettes, puisque le plus grand nombre des chapitres du présent ouvrage est réservé à cette importante question ; seulement nous spécifions ici que l'on ne doit pas faire usage de loupes, ou du moins en faire un usagé

Gliez âadielte.

trèsrestreînt. Que dans, la vieillesse, on soit pt)ligé de s'en servir quelquefois, cela peut encore se éoiQprendre; mais à tout propos, comme le font certaines personnes, regarder de petits caractères, faire des recherches sur de vieux manuscrits, est chose que Fon ne d(Ht se permettre qu'avec la plus grande circonspection» sotts p^e d'altérer profondément sa vue.

Puisque nous en sommes sur la question des loupes, donnons donc le conseil aux horlogers, graveurs, etc., d'abandcinner leurs- mauvaises loupes Mcon vexes, pour se servir de loupes vraiment achromatique doubla. De cette façon, ils y verront nettement, les objets ne seront pas colorés, et ils pourront avec peu de fatigue poursuivre un travail que l'emploi des loupes ordinaires rend souvent impossible. On pourrait pour chaque profession écrire une hygiène de la vue, et certes ce serait un grand bienfait.

Insistons ici pour indiquer qu'il est on ne peut plus fâcheux pour la vue de lire en voiture, en chemin de fer, en se promenant ; les impressions multipliées qui se font sur la rétine finissent par fatiguer la vue. Répétons encore qu'il ne faut pas se placer trop près du feu et que l'on doit avoir soin de faire usage d'écrans qui garantissent la tête, car en s'écartant de ces préceptes, on risque fort d'avoir la cataracte.

La vue des vieillards réclame beaucoup de soins. M. le docteur Magne a fort bien tracé l'hygiène de cet âge. Voici lerésumé de sesobservations.— Faire usage d'alimentsdélayants, prendre une heure d'exercice après chaque repas, ne pas s'endormir après les repas, se préserver la tête de l'action du feu lorsque l'pn se chauflTe, proscrire tout abus de boissons, éviter tout plaisir contraire à la vieillesse, ne pas veiller et habiter la campagne.

C'est ainsi que l'on parvient, dit le docteur Magne, sinon à enrayer, du moins à retarder leia opacités de l'appareil du cristallin. 10.

Le docteur iÊigûe càûseîliiè, il A v^ilé lâiminue, bien ^r |§«r IW Us fSphi féinp^^ tf^ .fe UâiôieQi

ijmmôhîààué iiqùiàe . . . • • • Bgr.

Aicooié de safran 2

Alcoolat dei bergamote 2

Alcoolat de tàvathffi *. 4

ïé. 4

Pig.9Sk

La dose de chaque frictiça est d'une ÇBÛÎôrèô à Câfc. St noua lûiîquoùs ce çoUyré, c^eët pôUi* Êiire im (jlfil f aenà^feàes l^mèdes, inômè (jùàûd la Vttô ôiffltoue éitï lèô 'VteUlatttô, et que Voû ùè àôtt p)fô ^^tèîP i ^îtït tes CDiMïô 4Mn docteur oculiste.

ïifâ (*i:pâ ^Iràjagers (Jui tfi^roimseal àaosï^ yèUî^ t CiEttâent, coîaMis ou }e sait, ^ vires clouteurs^ ^ où a afl&dre à de peôtes j^arcpUe^ ii^ IaoMi de si^t &U^* ou ppurra^u Msaàut ou leywtlespaiwièr^, Aes jrégrer à J'aide ïpu morceau Jde j^ier rçHilé, on jeca ^nsuitP de fréquçutes lotions à Peau fraiche. -a? $*4l i'ajpit ifc ^r-

celles mélalliques ou autres, il sera indispensable de recourir à un homme ée l'art qui âdvnt employer une aiguilla fliiisi que le montre la fig. Ôi empruntée au traité de cbirurgie du savant A. Guérin.

t^ous dirons, en terminant, (^tlëlqdes mots 6Ur VhJgiène de la tue desenÊmts, qut Môlamé d%ê soins fort assidus. On devra avoir soin de plader le» bta et berceaux de façon ^ ceque 1» Itu&iérir âe vieilli» j^ blesser leur» yeut, car il ptntittit éa résoltef et grtvetf accidents. Si le lit est placé en face de la fenêtre^ Fenfant recevant la lumière dans les yeux p^it élia flcai^ d'àmattBSB^rttlabei^caau est placé de côté, l'enfant, dirigauit iwysux dtt cété de la lumière, peut lûudiôf. ÏÏne airtre caoss^ de steabisme, ou loucher che2 les eû£ants, est la.&etaise habitude qua^on a de leur tenir lés cheveux longs; ceux-ci, veoanX alors à leur tomber suf lés yeux, leffgaaii^eat ea parUe et douaent une fausse direction à la vision.

ûa leca eu, sortes ^|ua}ea en%t9 jie s^ tQuçbent ni ne sa^frctflQUt les yieiux ; et qjk sera attentif a ce que, dans leurs yeux» ils ne se jettent pas de sable, dont les parcfUs» e^traut dans lea yeux finiraient, si cela est répété, pa( oopasiQQi^r la qiaMie çQHi^e sous le nom de blépiaarite-cUiaii;e^ ^ t^ bo^d des paupières se gonBe, les cîls 88 cQQtQurn^t, une sécrétiou s'établit, et 11 fout recourir à 4e petits moyens thérapeutiques.

j4* le docteur lil^ae» qui a décrit d'une façon charmantei ilaps son bysièae» ces petites maladies de l'eniitiMie, cooselUe, loi^que l'aUbction survient, de laver les ymx plusieurs lois par )our avec de l'eau fraîche. Si les piii|^iér^ssoQt€(dJéesle matin, on lavera les yeux cin^ ou six fois par jour avec le collyre suivant :

Tlyftrcffert^ewmiarin éO^*.

Bydfotet^ laurier-cerise 40

fiydrdat de roses -40

^erre divine ...,,.,, ôOiceut.

Mêlez et filtrez, puis ajoutez :

Alccoléde quinquina ', '•'... 1 gr. . , .

On pourra aussi remplacer ce collyre par le suivant :

' Hydrolat de mélilot. . • . . . 40 gr.

Hydrolat de laurier cerise . . . 30 gr.

Laudanum de Sydenham. ... 8 gouttes.

Mucilage de semences de coings. . 4 gr.

Borax 60 centig.

Ajoutez et filtrez. • . '

Le soif on mettra sur le bord libre des paupières, dans toute leur étendue, une petite quantité de pommade*du Régent. Ordinairement la partie malade cède; mais, dans tous les cas, le mieux est de ne rien faire avant d'avoir consulté un de nos bons docteurs oculistes.

A regard des enfants il faut suivre les conseils de Réveillé Parise.

« A peine les en&nts commencent-ils à grandir, qu'on les force d'^pliquer leurs débiles organes sur des livres qu'ils ne comprennent pas, et dont les couleurs tranchées fatiguent mêïne les yeux des grandes personnes ; on veut qu'ils soient éternellement occupés "à lire', écrire, dessiner, faire de la musique, et, de plus, coudre, broder, si ce sont des filles. Qu'est-ce autre chose, sinon exiger d'un instrument à peine formé le même usage que s'il avait acquis son point de perfection ? Faut-il encore le répéter ? Il est bon d'exercer de bonne heure les facultés de l'entendement ; mais il ne faut point trop fatiguer la tète des enfants par des études prématurée», qui, en altéraiit la constitution, affaiblissent également l'intelligence. * . * .

Un des plus beaux principes de la philpsophie est peutêtre de favoriser, autant que possible, dans la jeunesse, le développement des forces physiques ; et ce serait rendre an grand service à l'humsuiiité de persu^er aux pa-

rents qu'une intelligence précoce est^ en général, le sîgae d'un tempérament délicat, d'une disposition nerveuse qui devient tôt ou tard fatale à celui qui l'obtient de la nature.

« Chaque cbose a son temps ! Pourquoi vouloir hâter la culture et la saison? Vouloir qu'un enfant soit grave, raisonnable et appliqué, c'est vouloir qu'une fleur fraîchement éclosesoit, du jour au lendemain, un fruit mûr et savoureux.

« Remarquons encore que plusieurs jeux des enfants contribuent parfois à altérer leur vue. Les uns se défient à qui lira en approchant le plus possible les livres de leui^ yeux ; les autres veulent s^habituer à fixer le soleil> le bout de leur nez, etc. Il en est qui se servent 4*un morceau de miroir pour refléter les rayons du soleil dans les yeux de leurs camarades ; Û n'en &ut quelquefois pas tant pour occasionner une goutte sereine ou tout autre accident grave. >»

Une des choses les plus importantes à observer à l'égard des enfants, c'est de ne pas les laisser veiller; car la lumière artificielle blesse infiniment leurs yeux, qui n'ont pes encore acquis la force nécessaire. £n peu de mots, M. Michel Lévy résume parfaitement ce précepte, que nous engageons les obères de Êimille à suivre en tous points. ..

« L'enfant dont la sensibilité oculaire est très-grande sera placé le soir dans son lit, à Tabri des lumières. »

La propreté complète des yeux chez les enfants est indispensable; la plupart des maladies des yeux, qui surviennent dans le jeune âge, résultent dupeu d'attention des parents.

Nous dirons ici quelques mots des collyres, afin d'indiquer conunenton doit les employer. Nous dirons aussi les noms de quelques substances qui entrent d^ns leur composition, non pas pour en prescrire l'usage, mais afin d'intéresser nos lecteurs. Les collyres sont du domaine

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delà méde^iD^, aussi aous pe nous permettfP)t)a,W^ recommandation à ce sujet. La seule chose 4oAt on puisce faire usage sans danger est Teau pijre pu additionnée d'une cuillerée à café d'eau-de-vie par verre. Dans de petites ia%m9jations du bord des paupière^, et lorscpie les yeux picotent légèrement, on pourra employer Feau de poses mélangée à parties égaies avec Teau deplantam ou l'eau de bleue. L'extrait de saturne ne doit être employé que sur une ordonnance de médecin. Pour les yeux faibles, non? croyons pourtant indiquer une petite médicatioQ dont nQi^s avons constaté sur iious les bons effets : c^est ijtne légère infusioii de t^é poir gue Vqn emploie à froid et dont on se bassinera les yeux matin et soir. ; ^ . ,

A i'égard des collyres. M., Ip docteur, I)esI^^JB^,dont les conseils savants font autorité, s'exprime ainsi: « L'expéViencé nôus,a appris que les simples fiMnentar tions, avec les collyres liquides les plus faibles, fai(essur l'œil au ipyoyea d'un linge bu d'une éponge, sçnt de > pli^S' grande utilité, et que l'on i^e doit jamais peri^ettre ^ baigner l'organe dans c;es petite^ vases inventés par F^rice^d'Acquapendente et ncmuçés œillèr^.

Le cbntacjt de cette manière es| trop direct, trc^ pn>* longé, à mojins que le collyre n^ soit excessiven]^nt fi^^ble, presque tiède, on aura des effets tout autres que ceux siii: lesquels pn aurait dû compter, »

Ces observations sont fort ipaporfantes à ço^naitre, ainsi que celles que le même docteur fait à l'égard des pommades.

f Qiiai^ Pia emploie des ppmm^es dans le traitement des maladies des paupières, on doit avoir soin, avant de les appliquer, d'enlever les croûtes, fixées enlire les cils, sous peine àe n'obtenir qu'uQ effet nuisible ou fout au moins nul. Rien n'est plus simple que le mode d'applicaiion ; il suffit de, placer^ sur le bout dp doigt, gros comme une tète d'é^ngîe de la iK>mioade, et^ l'ceÛ étant

tenu fennec de porter le médicament sur la marge ciliaire, et de Ty déposer au moyen de dictions légères pratiquées dans le sens horizontal. »

Les substamces les plus employées dans les collyres sont : le nitrate d'argent, te sulfote de zinc, Tacétate de cuivre, le sulfate de cuivre, le sous-acétate de plçmb liquide, Talun (sulfote d'alumine et de potasse), le( borax ou borate de soude, le sulfate d'atropine (beUadone).

La pierre divine est aussi très-employée à l'état solide ou liquide pour cautériser légèrement. Ce composé s'obtint en fondant 90 gr. de chacune des ëubstances suivantes: sul&te de enivre, nitre et alun, et en ajoutant un peu de camphre.

Les pommades se préparent avec plusieurs, des subtances déjà citées. Parmi les plus généralement employées et celles qui ont le plus de vogue dans le public, nous citerons celles de la duchesse de Mbntebèllô, de la veuve Farnier et du Régent. Toutes ces pommadesdoivent leur effet à l'oxyde rouge d'hydrargire (mercure).

La pommade de la duchesse de MonlebeUo contient de l'oxyde rouge et du camphré, celle de la veuve Farnier, analyséepar M. Page, phàtoacien à Paris, parait devoir contenir pour 12 grammes de principe graisseux 30 centigr. d'oxyde rouge et 80 centigr. d'alun.

La pommade du Régent est la combinaison des deux Itfécédentes et contient Foxyde rouge, l'alun' et le camphre.

Oes diverses pommades, utiles dans certains cas, ^nt souvent employées inconsidérément, et nous insistons pour quêteur usage ne soit adopté que sur l'ordonnance d'un n^edn. Je ne parterai ici ni des poudres, ni des autres moyens thérapeutiques relatifs aux maladies des yeux ; voulant nous renfermer essentiellement dans notre sujet, dont l'optique fait la partie princ^te, relativement aux maladies des yeux, nous r^[)étefons encore ce que Réveillé-Parise a si Men djt : '

172 L'ART DE CONSERVER Lk VUE

t n faut ne s'en rapporter^ dans les maladies graves des yeux, qu'aux geife de Fart les plus expérimentés, et non à cette foule de médicastres qui savent tout, hors qu'ils sont ignorants. »

On ne saurait trop insister sur la vérité qui résulte de ce précepte de Réveillé Parise, et si chacun en était . pénétré on ne verrait pas tant d'aveugles.

Les maladies des yeux peuvent se diviser en deux catégories : !• Celles acquises par le manque d'hygiène; 2*' celles qui viennent seules par suite d'un mauvais état général. Pour les premières, on doit les éviter et nos conseils ont été tracés dans ce hut, car hien des gens se ^iJerdent la vue par leur propre faute. Tout ce qui porte atteinte à la santé en général^ affaiblit l'organe visuel; la délicatesse de cet instrument prédeux se trouve de suite compromise, et le mal une fois fait, il est bien difficile de le déraciner.

Comment veut-on que les yeux résistent aux veilles, aux excès des boissons alcooliques, à l'intempérance ? A coup sûr voilà la cause des amblyopies,\des amauroses des cataractes. Beaucoup de personnes qui ont la fatale habitude de lire la nuit, se récrient lorsqu'on leur dit que la chose est funeste. Si elles pensaient à ce qui leur surviendra un jour, elles s'arrêteraient sur cette pente fatale.

Bien que j'avais résolu de ne plus parler des lunettes dans ce chapitre; je dois pourtant revenir sur ce sujet afin de déraciner quelques préjugés qui font grand tort à l'humanité.

Un grand nombre de personnes prétendent que l'on ne doit pas s'habituer aux lunettes, qu'elles ont tu bien des gens^e perdre la vuç par leur usage. Cette erreur fatale a perdu la vue d'un grand nombre, alors que la science et la logique démontrent que les lunettes seules peuvent conserver la vue, dans l'affection si connue de tous, dans la presbyopie. Pour la myopie» nous /avons

l'art de. conskhver la vue 1»3

vpécïûé ce que nous pensons des lunettes et nous renyerfODs au chapitre spécial.

Maintenant que bien des gens aient la vue perdue par lés lunettes, j*en demeure d'accord et je suis moinméme effrayé du nombre de personnes que j'ai pu rencontrer ayant la vue profondément altérée^ sinon perdue par 168 lunettes» — Mais que £iut-il accuser? faut-il flétrir IHmmortelle invention de Salvino Amaato? non certes. Il ftiut flétrir ceux qui débitant des lunettes c(MiiBie on ¥end des pomsies, donnent à tort et k traders de manrais produits qui altèrent la vue. Comment fraaieut-ils autrement? Ils sont ignorants et cupides.

Mais que faut-41 accuser aussi, — Pindifféreoee du du public ! — Puisqu'il n'y a pas de contrôle, il feut que lé puMte sache que c'est chose fort difficile que de faire desluaeltes, que c'est enaxre plus difficile de les dMMr pour telle oo telle rue-- et que ceux qui sarest sont rares en toutes choses. — Lei iuneues bien failes et ehoiêtii par un homme gatmni m cette matière^ eonsUêuent 1$ smt maifen de cmserver ta vue dans certainei affèeUme. Autrement elles perdent la me.

Que Ton reffeoue eeC axiome, dans notre siède où le progrès prétend avoir raison de tout. Cependant à Pégard des tuoettes, le progrés n'est qu^ine belle déeadeoce. Ub seul &it le prcnnwa. fin 1309 quiconque aurait voidu de nmmdses luuettos, n'aurait pu en trcmyo'. *- BUes étaîeut Mriquées par de bons moines qui ap* pwtaîeitt tous leurs soins à les hm et à les choisir. — Gens sarants et conseieneieux, ils étaient bien sous tous les rapports les bienfaiteurs de Fhumanité. En Î870 i^ost le ecmtraire, quiconque veut de mauvaises lunettes ipaldioiteies, n^apas besoin de se donner beaucoup de peine. Tout eela pourtant doit faire réfiédiir, car généralement en ami à conserver sa vue, à conserver lé pin beau joya» du corps humain comme disait Cliarron. Pwr ^nner un excnrjrfe frappant de Pimporfance des

vGooQle

174 l'akt de conserver la vue

lunettes, nous citerons un saul fait, noté par le docteur Sei*re8 Uzès, dans son remarquable travail sur les phosphènes.

Une dame d'Alais avait un très-grand trouble visuel; elle se désolait, elle fut soumise à un traitement actit* mercure jusqu'au pytalisme, large séton à la nuque, noix vomique, strychnine, purgatifs, pommade de gondret, etc. Et malgré cela le mal croissait toujours. prodige ! tout cessa par remploi de lunettes portant un verre myope d'un côté et presbyte de l'autre, c'était une simple myopresbyobie. Nous pourrions citer un grand nombre d'exemples semblables en faveur des lunettes, seulement il faut avoir affaire à un savant dans ce genre.

Les maladies des yeux qui proviennent d'un vice général, ddvent être l'objet de la plus scrupuleuse attention. Leur traitement appartient tou| entier à la médecine, et l'on peut avoir confiance aujourd'hui, car la science a des représentants célèbres. — Aussi je blâme fort les personnes |[ui ayant des maladies des yeux, de ne pas de suite avoir recours à Fart médical, car elles jouent leur vue, en suivant cette fausse manière de penser.

Quand on songe que chez les enfants l'ophthalmie purulente peut en deux jours perfbrer l'œil, si on n'y applique prQmpt remède ; que les conjonctivites non soignées amènent des taies de la cornée qui restent toujours, ou ^ien des déformations des paupières, on doit penser qu'il est utile de consulter au début de la plus petite affection visuelle.

En terminant le chapitre iious nous dirons aussi qu'il y a une foule de personnes qui ont les yeux parfaitement sains et qui par manie cherchent continuellement à se perdre la vue en faisant usage de collyres ou de prétendus remèdes débités par des charlatans. Que l'on sache donc une bonne fois que les yeux sain^ ne de-

mandent d'autres soins que d'être lavés chaque matin avec de Teau pure. — Le lavage du visage suffit aux yeux, le lavage spécial est inutile, et Peau ne doit être additionnée d'aucun produit.

C'est en suivant tous ces préceptes que Ton arrive à conserver m me, e» à éviter les cbarlataiw.

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