‹ L'Art de conserver la vue: ouvrage utile a tousChapitre 6 sur 18 · C. Cristallin.'' B. Iris · texte numérisé non relu

C. Cristallin.'' B. Iris

Le ligament ciliaire contient des fibres musculaires lisses dont les contractions servent â l'accommodation de l'œil (fig. 6). Ses propriétés ont été étudiées par Helmoltz et BrQcke.

A la partie antérieure du ligament ciliaire se trouve b canal de Fontanp,, de Hovius, de Schlemm qui est parcouru par la veine circulaire du ligament ciliaire.

Viris il est une cloison membraneuse placée derrière la cornée, verticalement, dans la partie antérieure du globe de l'œil. Son diamètre est percé d*un trou p, nommé pupillôy dont le diamètre varie constamment, suivant la quantité de lumière nécessaire à la vision. Tout le monde sait que l'iris est coloré diversement suivant les individus, '^t qu'il présente la teinte brune, grise, bleue, verdâtre, etc. La teinte de l'iris est plus foncée vers la pupille, on distingue sur la surface de l'iris une foule de stries saillantes dont le nombre est de soixante-dix à quatre-vingts. La face postérieure de cette membrane est recouverte d'un enduit noir nommé uvie^ qui se continue avec la cboroïde. C'est à l'aide de deux, sortes de fibres, rayonnées et circulaires, que la pup^ile se dilate et se contracte. La lumière, l'électricité, ^.à strychnine, la fève de Galabar, font contracter les fil'/es circulaires, sans agir sur les fibres radiées. La ber/adoni .e paralyse les fibres circulaires et fait resserrer les fib es rayonnées.

Les procès ciliaires x z sont de petits cor} b saillants* vasculo-membraneux, placés les uns à côté des autres en rayonnant, et entourant le cristallin en foi me de couronne. Ils sont placés derrière J'iris, et sont au nombre de soixante à soixante-dix. Leur longueur B loyenne est de 3 millimètres. Leur ensemble a reçu le n/ im de corps ciliaire ; ils reçoivent presque autant de vaisLieaux à eux seuls que les autres parties de l'œil.

Le cristallin l est une véritable lentille, plus convexe à l'intérieur qu'à l'extérieur ; chez le fœtus, il est presque sphérique.

L'axe du cnstallin correspond au centre de la pupille. Son diamètre est de quatre lignes et son épaisseur de deux lignes environ. Il est placé derrière la pupille, baigné sur sa face antérieure par l'humeur aqueuse, et ayant sa face postérieure logée dans une cavité du corps vitréi

yeapace compris entre le cristallin et la corn^ transparente eit occupé par un liquide limpide et transparent nororoé humeur aqumse p. L'espace contenu derrière le cristallio est occupé, jusqu'au fond de l'œil, par l'humeur vitrée ou corps vitré v, contenue dans les cellules de la memt^ram hyaioide. Ces cellules sont intimement liées entre elles, de sorte que si l'on pique l'humeur vitrée, il ne sort que très-peu de substance, car il ne le vide que quelques cellules. Le coips vitré a la eonsislance d'une gelée, d'une transparence, d'un éclat» d'une limpidité aussi grande qu'on puisse l'imaginer.

L'espaqe compris entre la cornée transparente et Firis so nomme chambre antérieure, La ehambre postérieure est compriso entre la face interne de l'iris et la face externe du cristallin*

Le cristallin maintenu par le prolongement de la Monule de Zinn^ se compose d'une capsule contenant un liquide particulier {humeur de Morgani)^ dans lequel se trouve la lentille ou cristallin proprement dit. Certains auteurs nient la présence de ce liquide et considèrent que le cristallin remplit exactement la capsule. Autour du cristallin se trouve le canal godronné ou de Petite formé par la sonule de Zinn.

La lentille n'est pas simple, elle est composée de libres qui se réunissent par leurs bords de £içon à fbrmer des lames, celles-ci ont une forme triangulaire à base répondant à la circonférence du cristallin, à sommet correspondant à l'axe delà lentille, les lamelles sont superposées les unes aux autres^ à la façon des feuillets d'un livre ou des tuniques d'un oignon.

D'après Bappey» il y a dans le cristallin trois sortes d'élC'ments : des fibres, des granulations, des cellules.

La rétine rm est une membrane pulpeuse, grisâtrei qui s'étend depuis le nerf optique jusqu'au cristallin» placée pardessus la choroïde et embrassant le corps vitré, sans toutefois adhérer à la choroïde ; on la consi-

dère comme l'expansion du nerf optique, n, qu) »;ntre dans rœil par le trou fait à cet effet dana la sclérotique, ainsi que nous Favons déjà dit. Elle a 0«»18 à Q^îi d'épaisseur.

La rétine n'est pas simple ; elle est formée, diaprés le

savant Gh. Robin, de huit couches superposées de dehors en dedans (fig. 7) ;

1<> La couche des bâtonnets et des cônes (fîg. 7 A et S 1 j;

2<' La couche granuleuse externe (A, 2) ;

3» La couche intermédiaire (A| 3} \

12 t'ArtT on CONSEnVEP. LA VUE

4<> La couche des Myélociles (Â, 4) ,

50 La couche granuleuse grise (A, 5} ;

6« La couche ganglionnaire (b, c) ;

7« La couch6 des fibres ou lubes nerveux (A, 7);

8<> La membrane limitante (A, 8).

La fîg. 8 représente les cônes et bâtonnets séparés.

Vfedc l (Xi

Fig. 8.

Les bâtonnets sont des cylindres fins, réguliers, de 0«n»,05 à O^^ïO? de longueur et de 0"»,02 à 0"°»,03 d'épaisseur. Ils sont d'une transparence parfaite, à l'extrémité inférieure de chaque bâtonnet se trouve un filet très-fin dont on suit la terminaison dans la couche granuleuse. Les cônes ont aussi un filet qui les traversé de part en part et se termine à l'extrémité interne par un noyau. Dans la tache jaune il n'existe que des cônes. La faculté visuelle appartient seulement aux couches contenant des bâtonnets et des cônes.

La rétine est parfaitement transparente pendant la vie.

C'est la rétine qui reçoit l'image des objets et qui la transmet au cerveau.

La fece interne de la rétine montre une très-légère saillie circulaire en mamelon, aplatie au centre (pa-

pille du nerf optique). On voit aussi un pli (pli central ou transversal) qui commence à la papille du nerf optique et se dirige du côté externe en décrivant une courbe irréguliérelonguede4à5millimëtres.Ver8la terminaison

es

oS

Us

du pli, se voit une tache jaune (macula flavà, lutea emtralù) occupant le centre optique de l'œil, de forme ovalaire, transversale ayant au plus 3 millimètres de long. Sou centre est déprimé. Cette dépression {foramtn ces-

H L*àRT DE CONSBRVER U VtJfi

eum) a été à tort considérée comme un tmo véritable par Sœmmeriog.

La macuia lutea n'existe, suivant Guvier^ que àw rhomme et chez les quadrumanes.

Le n» 1, indiqué sur la figure 5, correspond au muscle releveur de la paupière ; le n» 2, au muscle droit supérieur; le n° 3, au muscle droit inférieur.

Les nerfs optiques, au nombre de deux, un pour chaque œil, naissent en arrière d'une portion du cervaau, nommée lobes optique», et s'entrecroisent (chiasma des nerfs optiques). A leur origine, ils sont écartés, puis s'entrecroisent et s'éloignent pour' pénétrer dans les orbites, là ils s'épanouissent sur le corps vitré et constituent la rétine.

Cette réunion des deux nerfs optiques explique la' vision simple, bien que nous possédions deux yeux,

La fig. 9 montre la disposition des nerfs optiques.

Nous renvoyons nos lecteurs au savant traité du docteur Sappey *, pour ce qui regarde Tanatomie de l'œil.

La papille du nerf optique, la macula lutea ^ dont on étudie les moindres détails à l'aide de la dissection et da microscope *, peuvent être étudiées sur Fœil vivant à l'aide àQVophthahnoscope, inventé par Helmolti (1851). C'est ce précieux petit appareil qui a permis de voir les profondeurs de l'œil, et 4'apprécier les maladies de la rétine, de la choroïde, etc., maladies inconnues jadis. C'est grâce à l'ophthalmoscope que nous pouvons maintenant scruter les profondeurs de l'œil et y voir ce qui s'y trouve.

Nous décrirons donc cet instrument dont nous aurons souvent occasion de parler dans le cours de cet ouvrage.

* chez Adrien Delahaye.

> Pour œ qui reirardo le mieroscope, on pourra consulter notre traité pratique : YÉludiant micrographe, 1 vol. ia S* de 600 paf ee, 4001igurea. Gliez l'édilcur Adrien Delabaye, place de l'École de médecine.

L*ART DE COXgliRVER LÀ VUE 15

On distiogue, dans remploi général, leê ophthaknos'^ copes fixês, et ceux & main (ces deroiers sont lei plus

©tn -—

employés); nous donnerons donc la description de Vophifialmoscopc à main. Cet instrument se compose d'un

miroir concave en verre étaméi en argent ou en acier ; ce miroir, fixé à un manche, est d^un foyer de 20 à 25 centimètres, et est percé à son centre d'un trou de 3 mil- Umètres environ. Il est accompagné d'un ou de plusieurs ' verres concaves et convexes ayant 24, 15 ou 20 pouces de foyer, puis d'une lentille convexe de 2 pouces 1/4 de distance focale (Desmarres).

Derrière le miroir, une^pince permet de recevoir les verres concaves ou convexes dont j'ai déjà parlé, devant servir pour l'observateur, s'il est myope ou presbyte. Les

Fig. 11.

a b Papilto. 1 B' Af Image formée par Tin*

e d ÇristalUn. 1 terposition de la len-

B A Image de la papille for- | tiUe.

mée sans la leoUlle. *

miroirs en glace argentée sont supérieurs à tous ; ils doivent être bien spbériques et parfaitement argentés, on ne les fait bien que dans les ateliers d'optique.

Gomment se sert-on de l'ophthalmoscope? La chose est simple : on se place dans une chambre rendue obscure, on met une lampe à cùté du malade, à la hauteur de l'œil à examiner, en ayant soin d'interposer un écran, comme dans la lig. 10, qui représente la position du malade et du médecin, puis, en dirigeant le miroir vers l'œil à examiner, on l'incline de façon à faire tomber la lumière réfléchie de la lampe sur l'œil à explorer^ on re-

garde par le trou du miroir, et la pupille, qui est noire, semble alors rouge, le fond de Foeil est donc éclairé. Ou prend alors une lentille convexe ou concave, que Ton place près de Tœil du malade, et on aperçoit la structure intérieure de Toeil.

Dans la plupart des cas, on observe l'œil sans disposition préalable, mais il arrive souvent que Ton est obligé de dilater la pupille, et on se sert dans ce cas d'une dissolution de belladone que nous savons paralyser les fibres circulaires de l'iris.

Quelques gouttes de ce collyre instillées dans Tœil

Fig. 12.

produisent en p^d d'instants la mydriase nécessaire à l'examen.

Pourquoi voit-on le fond de l'œil ? En voici la cause en peu de mots : le fond de l'œil étant éclairé envoie des rayons qui, traversant le cristallin, viennent en avant de l'œil former une image de ce même fond. Mais l'image est trouble, et l'effet de la lentille convexe que l'on interpose la diminue, la rend plus brillante et la définit. La fig. 11 explique la marche des rayons. En employant la lentille biconvexe, l'image est renversée, elle serait droite avec une lentille concave. c,

lé L*ART DE GOÎ^SERVER LA VUE

L'Ophthalmôscope à main qtie nous veûons de décrire est rq»résenté fig. 12. - Ce petit appareil, qui se met dan» la poche, possède une piôce à charnière qui peut se

tig. 13.

rabattre sur lemiroir, pour placer les verres concaves et convexes dont on peut avoir besoin dans l'examen. Les docteurs Follin, Gusoa, Liebricb, ont aussi ima-

I<'ART DE -GONSBaVEa LÀ VUE 19

^ des opbtbalmoscopei axes ^ nous avond représenté (fig. 13) celui du docteur Cusco,

Ces instrumeuts sont trôs^c(Nnau)des pour m examea un peu prolongé ; ils sont pourvus d'uue pièce à boule que ron place de iiacon à diriger le regard du patient. Dans ces ophthaUnoscopes, la lentille est mobile, et tout le mécanisme est fait de façon à fournir un examen précis. Le docteur Giraud Teulon a imaginé Toplilhalmoscope binoculaire ou ophtiialmoscope * stéréoscope. Cet instrument est on ne peut plus ingénieux, et il peut rendre souvent des services.

Comme on l'a vu, les verres dont on se sert dans rophthalmoscope sont de simples verres de lunettes qui donnent une netteté passable, mais qui ont le grand défaut de donner des couleurs et de changer la teinte des objets.

Frappé de ces inconvénients, nous avouât substitué aux verres des divers ophthalmoscopes des lentilles achromatiques, et par ce fait créé Vophthalmoscope achromatique. L'avantage des lentilles acbromatiques est évident, car elles donnent une netteté plus grsinde que les autres, et l'absence de couleurs. Nous croyons donc que bientôt * l'emploi de ces lentilles sera généralement adopté.

Des essais comparatif ont été faits à Necker par M. le docteur A. Désormeaux, qui, dans son s^vice, a constaté la supériorité de l'ophthalmoscope achromatique.

Nous avons présenté cet instrument à l'Académie des sciences, oii une Commission savante a été nommée pour l'examiner; elle se composait de MM. Claude Bernard, de Sénannont et Desprete. A la Société de chirurgie, séance du 25 février 1862, M. le docteur A. Désormeaux a bien voulue charger de h présentation, de notre ins* tiiunent, et, dans la séance du 12 mai 1862, il s'est exprimé en ces termes : ^

« M, Arthur Chevalier, opticien, me charge de âiire

connaître une modification qu'il a apportée aux ophthalmoscopes. Cette modification consiste dans la substitution -de lentilles achromatiques crown et flint, aux lentilles biconvexes et biconcaves. Elle peut s'appliquera tous les ophthalmpscopes, de qtftîque nature qu'ils soient. L'avantage de ces lentilles est évident en théorie. Personi^e -

Fig. 11.

ne voudrait aujourd'hui d'un microscope, ou d'une simple lunette de spectacle qui ne serait pas achromatique ; (e bon marché même ne ferait pas accepter un pareil instrument. On ne comprend guère qu'il en soit autrement pour lec ophthajmoscopes, surtout si l'ou fait attention que dans ces instruments on se sert presque

toujours des parties excentriques de la lentille ; car on la place obliquement pour éviter les reflets. Il en résulte, qu'avec les lentilles simples, on a une image altérée dans sa forme et dans sa coloration, et lors môme que les aberrations ne seraient pas sensibles à la vue, elles seraient cependant suffisantes pour fatiguer Fœil de l'observateur.

« J'ai plusieurs fois employé Finstrument que j'ai rhonneur de présenter, et je crois pouvoir dès à présent lui reconnaître deux qualités : les images qu'il donne sont d'une grande netteté, et l'observation peut être prolongée plus longtemps qu'avec les autres instruments que j'ai employés, sans causer de fatigue à l'observateur. »

J'ai représenté (fig. 14) l'ophtbalmoscope achromatique, la coupe de lentilles concaves et convexes.

La fig. 15 représente le fond de l'œil normal vu dans l'ophtbalmoscope.

La fig. 16 représente une des altérations du fond de l'œil examiné à l'aide de l'ophthalmoscope. Ce sont des exsudats choroïdiens, avec taches pigmentaires. Cette excellente figure, tirée du manuel des Maladies des yeux du docteur Meyer, peut servir à montrer les désordres ' qui existent dans certaines maladies des yeux.

Pour de plus amples détails relatifs à l'examen de l'oeil nous renverrons le lecteur à notre manuel de VÉtudiant oculiste * dans lequel nous avons réuni tout ce qui se rattache à cette importante question.

Nous allons maintenant décrire comment se fait la vision, mais afin de s'entendre il est nécessaire d'indiquer certains petits préceptes d'optique, indispensables au sujet :

La lumière est un fluide qu'on ne peut saisir, qui, sous

,* Iq*18 Jésus de 200 pages et 90 fig. chez Adrien Delahaye, place de l'École de Médecine. 2.

22 l'art de gonsfrvru la vue

Fig. 15.

d, T apille, '', lame criblée. rr,| artères, v, veines.

Fiff. 10.

A l'art de conserver la vue 23

îGtm» de rayonst éclaire les corps et nous permet de les contempler par rintermédiaire de nos yeux.

La lumière nous vient du soleil en 8 minutes 13 secondes. Elle parcourt ainsi 77,000 lieues par seconde.

La iumf^ f^ meut en ligua droite, li ello n'est pas déviée de sfi root^i en reneoqti^ant divers corps; ainsi elle peut être réfléchie en tombant sur un miroir ; elle peut être réfractée en passaul dans m milieu tel que Teau, le vw»! «tôt

Tout iQ monde sait que la lumière eil déoomposable ; en effet, Fimmortel Newton h sépara en sept rayons des couleurs çuivantas :

Rouge, omngé, jaune, vert, bleu, indigo, violet.

En recevant la lumière sur un prisme, on obtient sa décomposition ; c'est aussi la lumière décomposée qui nous fcurpil le magique spectacle de I'arc*en«ciel.

Un corp^ est dit rouge parce qu'il réfléchit cette couleur et absorbe les autres, cela nous amène à savoir pourquoi les (d)jets possèdent telle ou telle nuance, l'arrangement des molécules est la cause de ce fait. L'air est bleu parce qu'il réfléchit le bleu et absorbe les autres couleurs, Un corps est blanc parce qu'il réfléchit tous les rayonSi il est noir parce qu'il les absorbe tous.

La lumière déemnpoiéa peut étro ©niuite facilement recomposée en étant reçu© lur un verre bombé ou l^tiiie qui a la propriété de réunir les rayons et de les rassembler en un point. Ainsi donc, il Ton reçoit une lentille bombéei la luniJèra décomposée par un prisme, on obtient s0 m éardU une tacha blanche. En faisant tourner rapidement devant les yeux un disque portant les sept couleurs, on ne volt plus qu'un disque blanc ; par la vitesse, les impressions se confondent, et le blanc résulte du mélange rapide des couleurs.

Comme nous l'avons dit, la lumière se compose de rçtyom auxquels on donne le nom de pinceau lorsqu'ils

sont assemblés, et de faisceau pour indiquer la réunion 4e plusieurs pinceaux.

Fig. 17.

Tout corps lumineux lance une multitude de rayons qui divergent en forme de cônes dont les bases s'appuient sur l'œil et les sommets sur les points lumineux; c'est dnsique la lumière se propage d'une bougie, fig. 17.

Ainsi que nous l'avons dit, la lumière peut être réfléchie; par exemple, si elle rencontre un miroir B (fig. 18)

Mg^ 1».

ou une surface réfléchissante quelconque, le rayon de luoûère DquI s'y présente sera renvoyé ou réfléchi en C,

et Fangîe DB, son angle dHncidence^ sera égal à VangU C ou de réflexion»

On considère trois sortes de rayons : les rayons parallèles^ qui marchent toujours dans le môme sens sans se joindre, fig. 11).

Fig. 10.

Les rayons divergents qui s'écartent du point A d'où ils sont partis, fig. 20.

Enfin, les rayons convergents qui se dirigent tous sur un points, fig. 21.

Outre la réflexion de la lumière, il nous faut aussi

FJg. 20.

examiner la réfraction^ car ces lois sont celles qui nous seront le plus utiles.

Lorsqu'un rayon de lumière passe d'un milieu moins dense dans un autre plus dense, par exemple, de Tair dans le verre, ce rayon est réfracté. Ainsi le rayon C

(flg. 22), rencontrant un morceau de verre V, est brisé et se rapproclifc de la perpendiculaire B élevée du point

Fig. 2i.

de contact ou point d'immersion. Le rayon G'', passant du verre dans Tair, s'éloignera alors de la perpendiculaire B'. Tel est le phénomène qui constitue la réfmction.

C'est ce phénomène qui nous fait paraître brisé un bâton plongé dans l'eau, et qui nous trompe sur la place des corps qui y sont placés, etc.

Fi'2. 22.

Voyons maintenant la forme des verres employés m cq;)tique. On distingue trois sortes de vei^res : le v€vv$

l'art de conserver la. vus 27

plan, qui laisse voir les objets sous leur véritable forme et dimension, puis le verre bombé ou conveœe qui grossit les objets, puis enfin le verre creux ou concave qui les rapetisse.

En œmbinant ces trois formes de verres, on obtient six formes principales de lentilles, dont trois à bords tranchants et convergentes et trois à bords épais et divergentes.

La flg. ,23 représente les formes de ces lentilles.

Parlons des effets des lentilles, et commençons par indiquer que Taxe principal d'une lentille est la ligne qui passe par les centres de courbure des deux surfaces, Taxe

secoadaireest celui qui, passant par le centre optique de la lentille, ne passe pas par les centres de courbure.

Le foyer principal d'une lentille convexe est le point de réunion des rayons parallèles tombés à sa surface. Ainsi le rayon R'C (âg. 24), qui passe par le centre de la lentille LL', continue son chemin ; mais les rayons 5l, R" L' sont réfractés et s'entrecroisent en un point F situé sur le prolongement de l'axe R'F. Le point F est le foyer principal. Si les rayons reçus sur la lentille sont divergents, au lieu d'être parallèles, on aura alors un fayér conjugué. Voici l'explication de ce fait :

Les rayons RL, RL' (fig. 25), divergeant du point R,

rencontrent la surface de la lentille LL^ dont le foyer principal est en ; réfractés par le verre, Ils convergent vers le point F, où ils s'entrecroisent en formant une image du point R.

Fig. 24.

Si Ton rapproche de la, lentille le point rayonnant R, le foyer F s'éloignera et réciproquement, mais ces déplacements s'effectuent suivant certaines règles.

Supposons que le point R soit transporté en P placé deux fois aussi loin de G que 0', le foyer F se portera en P', à une distance CP' égale à CP. Mais si R se trouvait

en 0', les rayons réfractés deviendraient parallèles, et il ne se formerait pas d'image. Enfin si R était placé entre 0' et C, les rayons divergeraient après la réfraction. On aurait alors le foyer virtuel. On peut considérer indiffé-

remment comme foyer le point F ou le point R ; or, si le point rayonnant est en F, son image se formera en R comme die se forme en F lorsqu'il est en R; c'est à cette coïncidence que l'on donne le nom de foyers conjugués.

Il est important de se familiariser avec cette théorie fort simple, car elle est la clef des effets produits parles instruments d'optique ; mais on comprend déjà que plus nous rapprocherons l'objet de ou de 0', suivant le côté de la lentille exposé à la lumière, plus les rayons réfractés tendront à devenir parallèles, et, par conséquent, plus le foyer sera éloigné du verre.

En parlant des lentilles convexes, nous avons dit qu'elles avaient la propriété de réunir les rayons parallèles en un point nommé foyer principal^ mais nous ajouterons ici que cette réunion n'a lieu que pour les rayons très- voisins de l'axe ; quant aux autres, ils se réunissent à une petite distance en avant du foyer, et plus la lentille est convergente, plus ce phénomène se fait sentir. Les images alors n'ont de netteté que vers le centre. On désigne sous le nom ^aberration de sphérû cité ce désavantage des lentilles convexes, inconvénient que l'on atténue à l'aide de diaphragmes ; c'est un des plus grands écueils que l'on rencontre dans la construction des instruments d'optique.

On est parvenu à détruire les couleurs produites par les lentilles. C'est le savant Eulerqui résolut le problènvî; puis enfin Hall, savant anglais, l'appliqua aux lunettes; i/ fut suivi de près par DoUond.

On obtient l'achromatisme en combinant ensemfele, suivant certaines règles, deux sortes de verres, iQcrownglass et le flint-glass. Tout verre achromatique est donc formé de deux verres qui peuvent être ou non réunis ou collés ensemble (fig. 26). L'explication de l'achromatisme est facile à concevoir. Nous prendrons ici deux priâmes pour expliquer ce fait curieux.

i>oit un prisme G en crown et un prisme F en /f vil

(flg. 27), tous deux d'un pouvoir égal, mais d'un angle Inégal, puisque le flint est plus dispersif que le erown. Soit un rayon de lumière L, tombant sur le prisme G, il en sortira décomposé en sept couleurs ; prenons seulement le rayon rouge R et le ravon violet V,

Kg. 26.

qui, rencontrant le prisme en flint F, seront réfractés et iront en un point former une tache blanche. ^

Les prismes étant placés en sens inverse, on comprend flue la dispersion sera composée. Toutefois, l'achromatisme des rayons a lieu suivant le rapport des angles des

Fig. 27.

prismes. Ainsi on ne peut achromatiser que deux rayons il faudrait sept verres pour obtenir un achromatisme parfait; mais on se contente, dans les lentilles, d'en achromatiser deux. •

♦Voyons maintenant la théorie de la formation des images dans les lentilles en commençant par l'expérience

de Porta, qui consiste à observer Timage faite par un trou percé à un vdlet d'une chambre rendue obscure.

Supposons qu'un homme soit placé à une certaine distance le l'ouTerturei et que, dacM6q[)p08ét Ton présenté un écran, limage de Thomme tiendra s'y peindre, mais dans ttfiê iiluaUou fentersée^ et eetd fie conçoit sans peinei car eâ admettent, pottr atmplitoi qtie Fouverture du volet Mt ëttlée 6Ur «ue li^ qttl tienne abouUf au teilieti du ggi|« de l'h^mei il est clait que les raious lùmiueiit Ipèrtis du pied m oirii^ëNmt de bas en hatit potkt se gUsseir par ronterturei et, Mitant toujourà la mm diiectidût ^^^ ^ir^ 1^^ Itupfessioii à la partie dupMetm de l'éeraiii tatkdla qtie ici Hjtm fie là tête s'élanemmt de haut en haë,, et âprts s'être entrecroisés avec ceux de Textrémité opposée, peindront l'image des différentes parties de la télé, à la partie inférieure de l'écran, et ainsi de suite pour toutes les parties intermédiaires du corps* Les rayons partant de droite et de gauche suivront une marche analogue,

Lorsqu'on agrandit l'ouverture, elle donne passage à un plus grand nombre de rayons, et, par suite, les images de plusieurs points de l'objet, ne se formant pas •toutes au loèiiie feyer^ ue se dessinent f\m uettementi Si l'homme Mt qoelquée pm Vers l'otiterture, il sous^ tendra un plus ginfid angte^ et^ ecmaéqueminent, les rayons seroàt plus oUiques, ee nq^pfoehtt^t davantage de la vertieaie i doue, l'iiMige Èm ^U ghui^ ; au contraire, lors(|t11 8*éteignei Pauiple éet 0us |îetif ainsi que l'image.

Suivoui l'exptrienee é» PorUli it t^a^ns Uile lentille convexe à l'outeHure du volet $ lioti aurons la chambré obscure qtite.tout le monde connaît aujourd'hui. Soit LL (fig. 2S), une lentille biconvexe, et MN, un objet éclairé dont tous les points envoient des rayons divergents qui s'entrecroisent en tous sens; penons, pour simpliû^i trok rayons partant du centre» trois du saouneti et

trois, enfin, de la partie inférieure ; ces rayons viendront frapper la lentille qui les réfractera vers les points, n, a, m, où SQ montrera rimage nm, de l'objet NM. Cette fi-

Fig. 28.

gure explique parfaitement rinv^rsioa de l'image ; on y reconnaît aussi fort bien la relation qui existe entre la distance de Fobjet et la grandeur de l'image. En effeti mn est à MN conmie la distance ca est à la distance cA.

Tei'minons ce chapitre en disant aue. dans les lentilles

Fi«. 29.

concaves (fig 29), les rayons AA', tombant sur Tune des surfaces, seront rendus divergents DD' et tendront à s'é loigner de plus en plus. En prolongeant les rayons ré*

L'ART DE CONSERVER LA VUE i3

fractés, on en obtiendra la réunion en un point F qui sera le foyer virtuel.

Passons maintenant à la vision.

Tout le monde connaît la chambre noire, dont les effets sont maintenant rendus si pc^)ulaire8 par l'invention de la photographie. Eh bien, l'œil est une véritable chambre noire : le cristallin représente la lentille ou l'objectif, et la rétine, l'écran sur lequel l'image vient se produire.

Prenons maintenant la coupe de l'œil, et voyons comment les rayons* s'y comportent.

Ainsi qu'on peut le voir, les rayons 0, B (fîg. 30), partant c^'un objet, s'entrecroisent et vont former leur image au fond de l'œil en o' b\ Ces rayons forment des

cônes dont les sommets^se trouvent enO, B, et dont les bases reposent sur la partie antérieure de la cornée. Les rayons très-divergents, Op, Op* tombant en dehors du cercle, sont perdus pour la vision.

N'est-on pas firappé aussitôt de l'analogie qui exise entre la chambre obscure et l'œil humain ? La lentille de Vinstrummt est remplacée par les milieux transparents de l'organe et principalement par la lentille cristalline: Vécran^ par rétine^ véritable écran sensible; l'enduit noir que l'on applique sur les parois de la chambre obscure, par la choroïde. Les lentilles employées en optique sont sujettes à certaines imperfections, parmi lesquelles

nous ne citerons actuellement que l'aberration de spbi^^ricité produite par la réfraction inégale que subissen les rayons en traversant, sous des angles différents,^ les parties plus ou moins épaises du verre. Que fait-on d'abord pour remédier à ce défaut? On place devant ou. derrière la lentille un cercle plus ou moins ouvert et à bords tranchants, qui intercepte ces rayons ; en d'autres termes, c'est au moyen A'undiapkragme que Ton arrête au passage les rayons qui pourraient défprmer l'image. Nais n'avons-nou^ pas dans l'œil un diaphragme bien plus parMt, puisque l'ouverture pupillaire de Pirii est apte à subir tous les resserrements et toutes les dilatations nécessaires à la vision distincte *? Il serait superflu d'insister plus longtemps sur une similitude aussi frappante.

QQa id roQ iimn clfivmdp I ^ Ixm lep (ttv«^^ memv asapci^es m eristallio, ppus i^pondroms, mm cbercber à donner 9pe ei^pUisatioi^ déQmtive d'un pm* h\èm QPi ft ^ik t(in| de ^ oecQpéles physiciens, qv)e l'on Q^otiti^t une imilge nette M ex^oipte de coloration anprm&l^ mofw inoT^ 4d plune^if espèces de verr^ juxtappséSi ^f[U6 nousaioiOQa h eroire^avec le célèbre Buler, que la nature a voiilu remplir le fuên^e but ^ l'association de ces humeurs de densités différentes'.

C'est ainsi que la vision s'opère dans l'œil normal, auquel le savant professeur Donders a appliqua la dénomination d'œil emmétrope. L'œil emmétrope est construit de telle sorte qu'il perçoit nettement les objets depuis ceux très-élwgnés jusqu'à ceux très-rapprochés. L'œil s'accommode donc aux différentes distances. Pour les objets peu distants, ce pouvoir accommodateur a lieu dans certaines limites ; c'est ainsi que, pour des ob-

« Chartes GhovaUer, en Inventant en 1810, le dM^htagme Tafiabtoi reproduiait les effeU de la pupUle.

%, Ubarlea GhevaUer» Mç^nuêl d9$myepi$ ei 4#ipr«i6y(ef (1841).

L'ART m CONSERVER LA. VDB 35

jets de 2 à 3 millimètres de hauteur, tels que les caractères de ce livre (neuf d'imprimerie)^ la yision s'opère à 30 ou 32 centimètres, c'est-à-dire que natureliement on se place à cette distance comme étant celle qui permet la vision la plus distincte.

Toute personne lisant facilement et sans fatigue 1 30 ou 32 centimètres les caractères déjà cités aura donc la vue lumnale, et^nous spécifierons cette distance qui nous servira de jbase d^ns la mesure de la presbytie et de la

Si les objets sont plus petits (caractères sept, six, cinq, on sera dans la nécessité d'approcher le livre, la lumière faisant défaut, les rayons étant plus divergents, et l'instrument ne pouvant, en raison de sa construction, former l'image nette sur la rétine.

L'œil emmétrope, qui perçoit nettement et commodément les caractèresde2à3millimètres à 30 ou 32 centimètres, peut aussi les voir plus loin ou plus près. Pour des objets de la nature de ceux précités, l'accommodation varie de 8 {punctuni proximum) à 50 ou 60 centimètres (punctum remoium) et plus, suivant les individus, d^ môme que, tout en étant normale, la vue peut varier dlér tendue, suivant les personnes.

Nous résumerons ainsi la vision normale:

Vision nette pour les objets très-éloignés et intermédiaires ; vision nette pour les objets rapprochés. Accommodation de 6 à 80 centimètres environ pour des lettres de 2 à 3 millimètres de hauteur (neuf d'imprimerie). L'accommodation diminue pour les objets rapprochés en raison de la dimensioiï d,ea corps.

La distance do la vision distincte et parfaite peur une vue normcdeest de'idà 3t centimètrei pour le ea^ ractère correspondant ou neuf d*imprimerie.

^ Uœil normal est donc accommodé pour les rayons parallèles, divergents et tris-divergents dans les limites qU9 itôtts venons de citer*

Relativement à la cause qui fait que l'œil 8*accommode aux différentes distances, il faut admettre, d'après les» belles expériences de Cramer, que le cristallin change de courbure suivant que la vision s'opère sur les objetsdistants ou peu distants. Sous l'iniluence du muscf.e de Brûckt^ le cristallin ^e homhe pour les objets rapprochéfv, et «'ap» platit pour les objets éloignés. Que si l'on tient compte, dans cette action, de l'influence de la réfringence des milieux, du jeu de la pupille, de l'action des muscles de l'œil, de sa forme appropriée, de la sensibilité normale de la rétine et surtout du court foyer du cristallin,^ qui

Fig.3l.

par cette raison rassemble en un fbyer, pour ainsi dire unique, les objets différemment distants, on'pourra comprendre pourquoi l'œil emmétrope s'accommode aux différentes distances, et comment le cristallin se met au foyer de la rétine pour la perception parfoite des objets,

La fig. 31 indique la déformation du cristallin qui se bombe en i* pour les objets rapprochés et s'applatit en i pour la vision des objets éloignés.

La théorie de la vision que nous venons d'expliquer résume les travaux modernes des principaux physiciens . et anatonûstes, mais ce qu'il y a de curieux, c'est que

L'ART DE CONSERVER Lk VOS 37

Dedcarles en 1650 dans son Traité de l'homme et du fœtus, avait indiqué et figuré le changement de forme du cristallin, et spédflô que les procès ciliaires étaient de petits tendons qui modifiaient la courbure du cristallin. Hartsoeker en 1694, dans sa dioptriqi't a soutenu la môme théorie, mais il ajoute que le cristallin peut aussi bouger de place, c'est-à-dire, avancer ou reculer sous l'influence détendons existant dans les procès ciliaires. Tout cela est fort intéressaot à signaler, et cela confirme les expériences de Cramer, gui a tn* ce que Descartes avait deviné, supposé avec son génie immortel. Aussi nous l'admettons, le cristallin change de courbure, ne pourrait-il aussi se déplacer comme l'a dit Hartsoeker. Pourquoi pas ? l'étude de la théorie de la vision est faite et. sera toujours à faire. Comment surprendre le dernier mot de la nature, c'est impossible, et ce que nous savons prouve déjà beaucoup en faveur de l'esprit humain. Le dernier mot delà nature, c'est Dieu, et les merveilles de Dieu doivent à chaque instant pénétrer l'homme qui scrute la nature en le rendant hnmble devant cette éternelle puissance qui se manifeste éternellement.

L'étude du renversement des images au fond de l'œil a été très-bien étudiée, et l'on explique que la vision s'opérant dans la direction des rayons, les objets doivent paraître droits. La vision binoculaire donnant la sensation d'un même objet s'explique aussi par le croisement des fibres des nei^fs optiques, et nous ne nous arrêterons pas sur ce sujet. Pour la vision droite, voici du reste l'opinion de Gerdy :

« Quand nous considérons, dit-il, un arbre au milieu « de la campagne, par la même raison que son pied va « se peindre à la partie supérieure, de notre œil, la « terre, placée ainsi au dessous de l'axe visuel, va se «peindre à la partie supérieure ; par la môme raison « qu'il réfléchit son sommet à la partie inférieure, il y « réfléchit aussi la voûte du ciel. L'arbre n'a donc pas

a changé de rapports avec les objets qui renvironnent ; « il a toujours, dans le tableau tracé au fond de i'œi], « ses racines dans la terre et son sommet dans les nues, « et, en le voyant dans cette situation, nous le voyons « tel qu'il est réellement, et nous ne pouvons le voir au- <* trement. Il fondrait, en effet, pour le croire renversé, « que Tesprit lui-môme le renversât les racines en rair, « et la cime dans la terre, car être renversé pour nous, « c'est avoir tournées vers le ciel les parties qui tenaient « à la terre ou qui la regardaient. Or Tesprit ne peut lo « voir ainsi, puisqu'il n^n trouve Fimage ni dans la u nature ni dans FœiL

<c Ainsi donc, tous les objets étant renversés dans notre « œil, ils ne cbangent point de rapports les uns avec les a autres, et, en les voyant comme ils sont, nous lee « voyons comme nous devons les vdr les uns par rap- « port aux autres. Les uns par raiq[)ort aux autres? oui..; ^ mais par rapport à nous ? oui, encore. En effet, nous « voyons les objets dans la direction des rayons lumi- « neux à leur entrée dans Fœil, et i'expénence prouve « que l'esprit les place toujours au bout de ce rayon pro- « longé jusqu'à eux, lors même qu'il est réfracté avant « d'arriyer à nous. .

« . • Ainsi donc, voyant les objets dans la direction « des rayons lumineux, au moment quHls arrivent à VcsU^fums dmms les voir en haut, lorsqu'ils sont a peints dans nos yeux par des rayons descendants, et « en bas, lorsque leurs images sont réfléchies par des « rayons ascendants. •

Cette explication du phénomène, dit Charles GheTalier, est conforme à celle émise par Kepler lorsqu'il découvrit et donna, en 1600, la véritable théorie de la vision S qu^ %vait déjà exercé plusieurs illustres physi-

• Patiltp«mlaê ta? intdtllo».'

^ t'ART DB CONœiVBR LA. VUB S9

ciens, tels qu'Buclide, Ptolémée, Alhazen, et en dernier lieu J.-B. Porta.

Descartes chercha à rendre la solution du problème plus sensible, en supposant qu'un aveugle tient dans ses mains deux bâtons croisés appliqués par leurs extrémités libres sur les points supérieur et inférieur d'un objet. S'il pousse le b&ton inférieur, il jugera qu'il agit sur le point supérieur de l'objet, et sur le point inférieur, s'il pousse le bâton supérieur *.

L'étude du redressement des images est toute psychologique, c'est l'âme qui voit, et qui voit dans la direction du rayon réfracté, ce qui redresse nécessairement les objets. — On doit donc admettre ce que dit Descartes, ddJis sa. Dioptique:t

« Premièrement, à cause que c'est l'âme qui voit, et non pas l'œil, et qu'eue ne voit immédiatement que par l'entremise du cerveau; de là vient que les flrénétiques, et ceux qui dorment, voyent souvent ou pensent voir divers objets qui ne sont pas pour cela devant les yeux. »

Descartes explique aussi, dans son Traité de l'homme^ comment on se fait l'idée des objets que l'oa voit; sa description curieuse nous a semblé pouvoir intéresser nos lecteurs, et Thypothèse de Descartes est, comme on va le voir, on ne peut plus ingénieuse et singulière.

« Mais afin que ces détours ne vous empêchent pas aussi de voir clairement comment cela sert à former les idées des objets qui frappent les sens, regardez en la figure ci-jointe (fig, 32) les petits filets 1, 2, 3, 4, 5, 6,

> U est facile de s'assureT du renversement de l'ima^ au moyen des yeux de lapin ou de pigeon blancs, extraits avec précaution de Torblte. Si Ton tourne un de ces yeux vers un point éclairé, on yerra l'image renversée peinte .sur la partie postérieure de l'organe.

* Aristote a dit» ofest l'esprit qui voit et non TosU.

et semblables qui composent le nerf optique, et sont étendus depuis le fond de Tœii 1, 3, 5, jusqu'à la superficie intérieure du cerveau 2, 4, 6. Et pensez que ces lilets sont tellement disposés que si les rayons qui viennent par exe':nple du poiut A de Fobjet, vont presser le foni dé Fœll au point 1, ils tirent par ce moyen le filet 1, 2, et augmentent Pouverture du petit tuyau marqué 2, et tant de môîne que les rayons qui viennent du point B, augmentent l'ouverture du petit tuyau 2, et ainsi des autres. Eu sorte que, comme les diverses façons des points 1,3, 5, sont pressées par les rayons,

Fig. î5.

tracent dans le fond de l'œiJ une figure qui se rapporte à celle de Tobjet ABC, ainsi qu'il a été dit ci-dessus. Il est évident que les diverses façons dont les petits tuyaux 2, 4, 6, sont ouverts par les filets 1.2, 3.4, 5.6, ils la doivent aussi tracer en la superficie intérieure du cerveau.

« Pensez après cela que les esprits qui tendent à entrer dans chacun dés petits tuyaux 2, 4, 6, et semblables, ne viennent pa^ indifféremment de tous les points qui sont en superficie de la glandcH*,maisseulementde quelquesuns en particulier, et que ce sont ceux qui viennent,

* Celte glande, dont parle Descartes, et à laquelle il fait concourir toutes les sensations, est la glande pinéale.

l'art di? conserver la vue 41

par exemple du point a, de cette superficie, qui teiident à entrer dans le tuyau 2, et ceux des points b et c^ qui tendent à entrer dans les tuyaux 4 et 6, et ainsi des autres.

« En sorte qu'au même instant que Pouverture do ces tuyaux devient plus grande, les esprits commencent à sortir plus librement et plus vite qu'ils ne faisaient auparàvaot,;parlesendroits de cette glande qui les regarde, et que comme les diverses façons dont les tuyai;; 2, 4, 6 fiont ouverts, trdcent une figure qui se rapporte à

Fig 33.

celle de Tobjet A B;;C, sur la superficie^ intérieure du cerveau ; ainsi celle dont les esprits sortent des points a, b, c, la tracent sur la superficie de cette glande. A

Cette curieuse définition de Timmortel philosophe est traitée fort longuement dans son Traité de l'homme et du fœtus.

Nous tb>minerons ce chapitre en décrivent une trèsingénieuse théorie du docteur Galesowski. relative aux organes qui dans la vision président aux couleurs: Les

cône s de la rétine seraient les organes chromatiques.— En ptiysique, si Ton projette sur un cône de verre A un rayon de lumière, on obtient un spectre circulaire tel que celui fig. 33, B. Si la lumière blanche arrive sur ^un cône rétinien elle se décomposera , mais comme les sept couleurs seront improssionnéos à la fois, il y aura production de lumière blanche.

Le docteur Galezowski arrive ensuite à décrire comment Paltération des cônes, explique que certaines personnes ne voient que le rouge, le vert, ou bien que la cécité chromatique se produit. — Cette théorie est fort ingénieusfî et savante -et mérite d'être très remarquée, (t)

(1) pa ai«0nolUf)dM ptMifif du yênt «t 4il )<|£!)>fdiiiato8. copie EétiQienne m 1q dQCtkr ÔcOpowifcl in 1^ (^tt M* itiUôre 19, ra9 Qi^ut«f«aiU«.

PES MALADIES 6e L'ûRGANB YISUBl. -« DES UOTENS D*T HWÉDIBR

Des milliers de causes peuvent amener le trouble visuel, et les phénomènes qui se présentent ont fait donner divers noms aux a£foctions qui en résultent. Nous allons les examiner, puis nous aurons occasion de décrire celles qui sont le plus intéressantes.

Ainsi, dans les amQuros6s^ la vue s'éteint par degrés, si, lors de son début famblyopU), on ne Tarrête pas par des soins empruntés à la thérapeutique. Dans certains cas (certaines choroidite^^ Fœil présente à Tintérieur des désordres éminents, et la vision est cependant peu altérée. D'autres fois, on n'aperçoit pas de désordres pathologiques, et la vision devient presque nulle ^u bout d'un instant fiisthénopie^ kopiopieiJ. Le trouble visuel le plus répandu est celui qui empêche de voir les objets distants, et qui permet de distinguer ceux rapprochés {myopi(^, ou bien celui dont les effets sont pœitraires, /pres^ byopiej. Souvent on perçoit les lignes vei^ticales^ tandis que celles horizontales sont troubles, ofi v^cê versa. {A$^ tigmatUme).

Il peut arriva aussi qu'ione portion d'iui4Borps est vi^ plus lucidament qu'une 9>utfQfmp'^W\ ^^ ^WW <m'Vfne^ partie d'un corps est seule bien perçue, les autres étant

couvertes d'un voile obscur fhémiopiej. Souvent, dans certaines amauroses, on ne voit bien qu'en penchant la tête fvisus obliquusjy souvent aussi une barre semble cacher les. objets foisus trabecularisj. Les yeux sont souvent différents faisymétropiej.

Quelquefois on aperçoit des taches fixes, par rapport à Taxe visuel (scotopsie) ; tantôt ces taches sont passagôresou volantes, fmyodoptUy myodésopie^ imaginationi de Maîtrt-Jan^ berlue de Sauvages)^ comme cela arrive au début de la cataracte, tantôt aussi ce sont des corps lumineux que Ton aperçoit fphotopsiej.

Lorsque la lumière fetigue et irnte Forgane visuel, on désigne cette affection sous le nom de photophobie, et lorsque la lumière vive facilite la vision, on appelle cela photoiimie. "

Les objets peuvent aussi être aperçus avec d'autre* couleurs que celles qu'ils possèdent Cchrupsie/. On peut aussi les voir à travers un treillage fvisus reticulosusj.

Parfois la vue des objets est défigurée fmétamorphopsieK Souvent la vision est double (diplopiej ou encore multiple (polyopiej. On peut aussi voir les objets plus grands CmégalopieJ^ ou plus petits ftnicropiej. Dans certains cas, on possède la vision perçante (oopyopiej. Souvent on ne juge pas des couleurs (Daitonisme,) Toutes ces affections de la vue arrivent dans le cours de certaines ma ladies ou dans certaines circonstances pour lesquelles il fàutavoir recours aux gens de l'art les plus expérimentés.

Le strabisme ou vue louche consiste dans uif manque d'harmonie des axes visuels ; ainsi si la personne louche veut regarder un objet, il arrive que l'un des yeux prend une direction contraire à celle qu'il devrait prendre. C'est ici un cas de strabisme simple^ mais s'il arrive, lorsque les deux yeux sont ouverts, que la déviation s'empare plutôt de l'un que de l'autre, suivant que le malade se sert de tel ou tel œil, le strabisme est dit alternatif.

Le strabisme peut être convergent ou dirigé du côté du

nez, divergent lorsque Tœil se dirige en dehors ; (h)ntal fsursumj, quand Tœil est tourné en haut; inférieur (deorsumJi lorsqu'il se dirige en bas ; on a vu aussi, mais rarement, le strabisme horrible strabismus horrendusj^ dans lequel un des globeB est entraîné vers le front et l'autre vers la joue.

Les causes du strabisme sont très-nombreuses, aussi nous ne pouvons les examiner ici. Son traitement con* siste dans l'usage des louchettes dans un exercice approprié, dans le traitement médical et dans l'opération.

Âtin de remplacer les louchettes (fig. a4), les lunettes

Pig. 85.

àpinnules, inventées par Vincent Chevalier, nous, avons imaginé une nouvelle lunette antistrabique (fig. 35) qui permet de graduer à volonté l'ouverture donnant sage aux rayons lumineux, de façon à forcer gradi ment le malade à avoir une vision centrale. Ce n réussit souvent chez les enfants.

46 X L'ART m CONSERVER LA VUB

Ob diqiNMe aussi des luodUes spéciales pour te stratmie. Ainsii st Toi» veut corriger un atrabisme oon* yergent; de Tœil drok, pp masque Tœil gauche aToc ua verre noir A (Og. 36)i ei on noircit par moitié le verre de 4rpite, comme je Tai figuré en B ; de cette façon, l'œil est forcé de regarder en dehors. Cette tension peutyChez de jeunes sujets, surtout au début d'un léger strabisme, améliorer Fétat de la vue strabique. Les louchettes proprement dites Wd doivent pas être employées, car elles congestionnent PœiU

Le strabisme réclame toujours l'examen d'un docteur oculiste.

Parlons maintenant de la diplopie oumedù^hle. Dans la diplopie, on voit deux objets au Ueu d'un. On dis^ tingue la diplopU binoculaire^ lorsqu'il y a perception de deux objets avec les deux yeux, ou diplopie uniocuîaire^ si les deux objets sont perçus avec un seul œil.

La diplppie provient de la paralysie d'un des muscles de Tœil. Cette affection se traite à l'aide de moyens thérapeutiques, et par l'emploi des verres prismatiques.

La myuriaâe est la dilatation exagérée et permanente de la pupille. Cette maladie peut exiger un traite-

méat médical au^piel on «sBOcie flouvem remploi de Uh neUes composées de plaques noirmes el peroées d'im pe» tit trou {fig. 37)i ce qui rend la vision ueUe*

L'affection inverse, qui consiste dans le rétrédssenient exagéré de la papille, se nooune myoiis.

Nous indiquerons ici quelques maladies des yen, les plus intervîntes. Si Ton veut avoir à ce sujet des dmi* nées étendues, il faudra lire le savant travail de M. le docteur Desmaires, oelui si parfait de M. Mockensie, lea ouvrages si intéressants de MM. les docteurs Fano, Oa^ iezowski, Meyer, âtc; alors on pourra avoir une idée complète des maladies des yeux.

Chacun sait que certaines personnes sont attemtes de filaments qui semblent voltiger devant les yeux. Cette

maladie bien étudiée aujourd'hui se nomme myodopsie. D'autres fois, ce sont des taches noires fscotomêfi^. Ces derniers symptômes sont plus graves et nécessitent Texamen d'un docteur.

Vhiméralopiê est une singulière mala4ie qui fait que Ton ne voit iàen que le jour.

L'bôméralopie est une maladie de la rétine ; U semble que cette menâ)rane, devenue paresseuse, ait besoin d'être stimulée par la g^rande lumière Ju jour pour pouvoir fonctionner. Les causes de cette maladie sont : l'habitation dans des lieux humides, dans le voisinage des marrais, l'impression du ûxûd, de la lumière trop vive, etc. L'héméralope voit parfititemeut le Jouri mais dès^ue le

soleil disparali, la vue se couvre d'un nuage, ou mémo se trouve complètement abolie. Nos savants docteurs triomphent de cette maladie par un traitement général, l'usage des purgatifs, vomitifs, etc.

La nyctalopie est le contraire, car ici, la vision se trouve abolie le jour, et, le soir, la vision est assez parfaite. On comprend que les verres colorés peuvent ici être appliqués. La nyctalopie résulte d'une inflammation de la rétine. Dans cette maladie, il arrive souvent que Ton peut lire dans les ténèbres, et que la lueur d'une simple bougie ne peut être supportée.

Fîg. 38.

GravuM Urée du Manuel de$ Maladiet det ywx du D' Meyw.

VaehromatopM ou daltonisme est une ànguiière affection qui fait que l'on ne peut reconnaître cortaines couleurs. Certaines personnes ne voient pas le rouge, d'autres le vert, etc. Des verres colorés complémentaires peuvent être employés. J'ai vu dans le service de M. le docteur Désonneaux, à l'hôpital Necker, une femme qui ne voyait que le rouge; l'écriture noire n'était pas visible pour elle, mais elle pouvait déchiffrer les lettres rouges. Comme on le voit, cette maladie est fort singulière.

Les kératites sont les inflammations de la cornée transparente. Dans cette maladie, la cornée est mate, terne,

et o£fre un aspeet singulier. Si on n a recours promptement aux soins d'un docteur» il se forme des épanchements d'une couleur jaunâtre qui finissent par abolir la vision. La kératite ponctuée est causée par une multitude de points situés sur la cornée et dont la perception exige l'emploi de la loupe ; au premier aspect, la cornée semble saine. Cette affection est assez difficile à guérir.

LHrilis (fîg. 38} est une inflammation de l'iris. Celte affection est on ne peut plus douloureuse ; la lumière ne peut être supportée sans des douleurs atroces. L'iris change de couleur; s'il est bleu, il devient vert; s'il est brun, il devient roux ; dans certains cas, les vaisseaux de la conjonctive et de la sclérotique ^'engorgent et cela devient assez grave. Dans l'iritis chronique, l'iris est décoloré, la lumière est supportée avec peine, la vision perd de sa netteté, la pupille est peu mobile, soi ve it l'iris se soude à la capsule cristalline, et alors ces complications deviennent sérieuses ; on peut les éviter en se hâtant d'avoir recours au médecin oculiste.

Les ophthalmies sont des inflammations de la conjonc* tive. Suivant leur aspect, on les désigne sous le nom de conjonctivites simple, pustuleuse, granulaire, purulente. Dans la conjonctivite simple, les vaisseaux de la muqueuse sont injectés à un plus ou moins grand degré; il existe de la gêne et de la cuisson ; cette légère affection cède promptement sous l'influence de la médication.

Dans la cor^jonctivite pustuleuse, outre la rougeur, on voit près du bord de la cornée une petite pustule où viennent aboutir les vaisseaux injectés. Dans la conjonctivite granulaire catarrhale, on voit des granulations sous les paupières, et en nombre souvent si considérable qu'elles soulèvent la paupière d'une façon notable.

La conjonctivite purulente est fréquente chez les enfants.' Un courant d'air froid peut, chez le nouveau-né, détenniner cette horrible maladie. C'est ici qu'il faut re-

50 L'art m conserver u Vdb

aHnmander aux méfe» de familte de fiiife soigner de sQite leurs enMts atteints de cette affection, car, fonte des soins d'un docteur savant, la vue peut être rapidement perdue pour toujours, et cela se comprendra lorsqu'on saura que, rinflammation gagnant la cornée, cette dernière se trouvera perforée, détruite, et l'œil se videra, puis les membranes se contracteront de &Qon à clore Torgàne visuel.

Nous ne parlerons pas ici du ecmptre lùftot ou orgeolet, que tout le monde coniiâit.

Une aflbction qui ëHra^e souvent et qui poitrtant n'est rien, puisqu'elle cède â âeé lotions d'eau Mcbe» est Vecchymon de la eùf^ottôtiHéf qui arrive âpres une contrariété, une commotion» et ^ consiste en Tinjec* tien des vaisseaux, qui prennent Une teinte rouge vit

Là 6{^AaH{é consiste dans l'inflammation desgtandeâ dé Meiboiiiitis ; lé bord Âes paupières est rouge; le matin, les yetix sont collés; il y a de la cuisson et de la d^ mangeaison. II est important, dans cette affection^ de dé-

^ tacher les croûtes, qui peuvent amener la chute des cils.

' On applique le soir des cataplasiOties de fécule de riz» puis on lave les yeux sept où huit fois par jour avec b collyre suivant :

fiorate de soude. « « . 20 centigr* Eau. .:.»... 100 gr.

Quand Taifection commence à se passer, on peut appliquer un peu de pommade Farnier.

V œdème des paupières consiste dans leur boursouSto* m^t^ sans accompagnement de rcmgeur. Rien n'est plus bénin que cette maladie.

Vec^opion est le renversement des paupières en dehors; lorsqu'ellessant renversées en dedans^ la maladie nreî^ tl^ûODa d'eiWropion.

<-^\ ^ ' tié «ft(i^ik.(fig. 39) est le renversement des cils en

L^ART DB GONSBHVER LA VUB 51

dedans^ il peut amener des ioflammations rebelles, et fiouyent le chalazian^ qui est Thypertrophie des Mi- Goles du cartilage palpébral.

Le symblépharon est une simple affection caractérisée par Tadhérence des paupières et de la sclérotique. Ici, une petite opération est de rigueur.

Fig. 40.

Les taies de ta eomie arrivent sourent après les kératites. Lorsque la Tision est aMblie, peut exister un nuage; alors la taie est simple. SI la taie est plus opaque (fig, 40^, on la nomme alf>ugi>, Lorsque l'opacité

est complète, cela s'appelle leucoma onleucome. On em ploie pour les taies de la cornée la lunette sténopéique de Donders, qui sert à limiter les endroits restés trans* parents dans la çcHmée ; de cette façon, la vision est plus parfaite. Dans cette lunette, un petit cône peut se mouvoir et se fixer ; on place le petit cône en face 'tes parties'restées transparentes.

Le cercle sénile ou gérontoxon est un cercle opaque qui se trouve sur la cornée, vers la sclérotique.^ Cette opacité se trouve chez tous les vieillards, et ne nuit pas à la vision.

Vhémiopie est une singulière affection qui fait qu'on ne voit que la moitié des objets ; la paralysie est alors partielle. Cette maladie est guérissable si on se hâte de voir un docteur. La fistule lacrymale résulte du rétrécissement ou de Toblitération du canal nasal. L'opération est toujours nécessaire, car cette affection est fort incommode.

Les mouches volantes (myodisopie) ou filaments qui semblent voltiger devant les yeux font le. désespoir d'un grand nombre de personnes (fig. 41), Elles affectent diverses formes et se meuvent lorsque Ton tourne les yeux. Ces mouches tiennent souvent à de petits corpuscules situés dans les liquides de Tœil, et il est souvent difficile de les faire passer. •

Il existe aussi des mouches fixes qui ne changent jamais de position, mais qui bougent aussi souvent que se meuvent les yeux. Elles tiennent à des congestions des vaisseaux rétiniens, et offrent peu de chances de guérison.

M. le docteur Mackensie, qui a si bien traité cette question, conseille de mettre le malade en garde contre toutes les «causes excitantes, telles que Fabus des yeux, les excès de toute sorte, les veilles, l'usage de l'alcool, sous quelque forme et en quelque quantité que ce soit. Les seuls moyens remédiables, cités par Malher,

sont le repos continu des yeux, qui chez certaines personnes a totalement fait disparaître les mouches volantes. Le célèbre Buffon fut atteint de mouches volantes, et

FiR. 41.

en voyait de telles quantités qu'il en fut profondément effrayé. Il dut se reposer quelques mois, et finit par avoir lebonheurde voirdisparaitrecesinsupportableslilameals.

Le pinguecula est une petite tumeur qui se forme sur la -Sclérotique près de la cornée.

La ptérigion (fig. 42) est une épaisseur de la conjono-

tive qtti peut abolir la vision en s'étendantsurla cornée. Le staphylime est une tumeur située sous la conjonctive, à la partie antérieure ou postérieure du bulbe visuel' Il est fréquent dans rhypermyopie.

Fig. 43.

On distingue aussi le staphylome de la cornée représenté (fig. 43) dans le traité du docteur Meyer.

Il peut aussi exister le staphylome de la sclérotique nommé scléroHle, ainsi que le représente la fig. 44 que

Fig. 44.

nous devons à robligeance du docteur Meyer, ainsi que la représentation par la fig. 45 de la cornée peiJt*cide ou conique qui empôcbe la vision.

Dans les abcès de la cor&ée U se foriRQ souvent un

hypopion, c'est-ù-dire un dépôt de pus dans 1» chambre antérieure ainsi qu'on le voit dans la fig. 46.

Fig 45.

La cornée peut aussi se trouver perforée comme cda se voit en A, fig 47.

FJg. 46.

A. Pus ontre \m lôvres de la cornôo. B, G. Set limiUs. D. Pus d«^8 la cbambre antérieure.

Nous dirons aussi qu'il peut se développer des animaux dans Fœil, témoin les cysiic&rquts du corps vitré, que nos docteurs ont eu assez souvent Toccasioa d'extraire, et dont ils ont donné des figures tout à fait exactes.

Relativement aux affections visuelles, on peut considérer deux sortes distinctes de traitement, celui optique •et celui médical.

Le traitement optique appartient au médecin oculiste et à Fopticien savant; le traitement médical, comme son nom l'indique, appartient tout entier au médecin. On ne saurait donc trop prendre de soins relativement au choix de ^opticien et du médecin.

Il est une chose qu'une foule de personnes ignorent, c'est qu'aujourd'hui la médecine a fait relativement aux maladies des yeux, un immense progrès, grâce à l'ophthalmoscope, instrument par excellence, et que nons avons déjà décrit. Aujourd'hui, on peut le dire, les maladies des yeux sont bien étudiées et les succès de nos médecins «ont nombreux. Parmi les oculistes français dont les travaux sont remarquables, nous citerons MM. Desmarres, Magne, Sichel, Follin, Cusco, Fano, Giraud-Teulon, Javal, et parmi les oculistes étrarïgers résidant à Paris MM. les docteurs Galezowski, Liebrich, Wecker.

Nous allons maintenant donner un dictionnaire abrégé des diverses affections visuelles.

Aehromatopsie. Impuissance à distinguer les couleurs.

Alhugo, Opacité de la cornée au deuxième degré.

Amaurost. Paralysie de la rétine.

Amblyopie. Diminution de la sensibilité de la rétine.

Anchyloblépharon. Adhérence des paupières pif Jieurs bords.

Asthénopiê. Faiblesse de la vue,

Blépharite. Inflammation des paupières.

Blépharoptose. Chute de la paupière supérieure.

Blépharospasme, Spasme des paupières.

Cataracte. Opacité du cristallin ou de la capsule.

Chalazion. Petite tumeur de la paupière.

Chemosis. B ourrelet de la conjonctive autour de la cornée.

Chrupsie. Vision colorée.

Collyre. Remède pour Tœil.

Colomba. Fente des paupières ou de Tins.

Dacryoadénite. Inflammation de la glande lacrymale.

Dacryocystite. Inflammation du sac lacrymal.

Dacryoma. Larmoiement.

Diploplie. Vision double.

Distichiasis. Cils mal dirigés, formant une double rangée de cils.

Ectropion. Renversement de la paupière en dehors.

Encanthis. Hypertrophie de la caroncule lacrymale.

Entropion. Renversement de la paupière en dedans.

Épiphora. Larmoiement par excès de sécrétion lacrymale.

Gérontoxon. Cercle sénile.

GlaxACwne. Apparence verdâtre derrière la pupille.

Héméralopie. Cécité nocturne.

Hémiopie. Affection dans laquelle on ne voit que la moitié des objets.

Hydrophtlialmie. Hydropisie de l'œil.

Hypopyon, Pus dans la chambre antérieure-

Iridauxesis. Épaississement de Tins.

^ Kérutite. Inflammation de la cornée.

Kératocèle. Hernie de la cornée.

Logophthalfnos, Raccourcissement des paupières.

Leucome, Opacité de la cornée.

Luscitas. Déviation fixe de Fœil.

Madarosis, Chute des cils.

Marmaryge. Étincelles devant les yeux.

Mètamorphopsie, Déformation des objets.

Micropie. Diminution de la grandeur des objets.

Mydriase. Dilatation de la pupille.

.. Myodésopie. Mouches volantes.

Myosis. Rétrécissement de la pupille.

Myotomie. Ppération du strabisme.

Nyctalopie. Cécité diurne.

Nystagmus. Oscillation du globe.

Onyx. Pus dans la cornée.

Ophthalmie. Inflammation de Fœil.

Ophthalmoptose. Globe de l'œil immobile par paralysie des muscles.

Oxyopie. Vue perçante.

Pannus. Épaississement de la conjonctive cornéale.

Photophobie. Intolérance de la lumière.

Photopsie, Apparition de lumière.

Pinguécula. Petite tumeur sur le blanc de Fœil.

Ptérygion, Épaississement triangulaire de la conjonctive.

Ptosis, Chute de la paupière supérieure.

Rétinite. Inflammation de la rétine.

Scotome. Taches obscures devant la vue.

Staphylome, Saillie d'une partie du globe.

Stillicidium, Larmoiement par obstruction des con* duits lacrymaux.

Strabisme. Loucher.

Symblépharon. Adhérence des paupières au globe.

Synéhiks. Ramollissement du corps vitré.

Synèchie. Adftéreoce de l'iris au cristallin ou à la cornée.

Trichiasis. Inversion des cils.

Xérosîs Sécheresse de l'œil.

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