PRÉFACE
L'art de découvrir les sources a été dans tous les temps et chez tous les peuples l'objet d'un grand nombre de recherches. Pressés chaque jour par le besoin de se procurer un élément indisp^sable à la vie, et prévenus que les cours d'eau souterrains doivent donner à l'extérieur quelques signes de leur présence, les philoso* phes et le peuple ont été attentifs à les observer. Ceux qui en ont recueilli et publié le plus grand nombre sont, parmi les anciens, Vitruve, Pline le naturaliste et Cassiodore. Les modernes, plus occupés à imaginer des systèmes sur l'origine des sources qu'à observer les signes de leur présence, n'ont presque rien ajouté à ce que nous ont laissé les anciens (i). Ces indices, il faut le
(1) Ce que je trouve de plus remarquable en ce genre, c'est la déconverle des sources de Coulange-la-Vineuse, de Courson et d'Auxerre, en Bourgogne, qui furent indiquées en i705 par Couple!^ ingénieur et académicien. Ces trois décou-
dire, sont si vi^es, si incertaias et applicables à un si petit nombre de localités, qu'ils ne peuvent servir d'éléments à un art véritable. Aussi, quoique ces méthodes aient été insérées dans une infinité d'ouvrages et mises entre les mains de tout le monde, nous ne voyons pas qu'elles aient produit, en aucun endroit, des résultats nombreux ni importants. Je puis attester que je n'ai jamais rencontré une seule source qu'on m'ait dit avoir été découverte d'après un de ces procédés.
Depuis une trentaine d'années, quelques géologues ont donné, il est vrai, des dissertations sur les probabilités de succès que les diflTérentes espèces de terrain pouvaient offrir aux foreurs de puits artésiens ; mais leurs écrits ne présentent que des généralités. Aucun d'eux n'a'désigné catégoriquement le point précis où il fallait placer le ti*ou de sonde pour trouver le cours d*eau, ni indiqué un moyen quelconque pour en connaître la profondeur et le volume. Tout occupés des sources qui sont à des profondeurs
vertes eurent alors un p:rand retenlisseraent, et lui valurent après sa morl, ua pompeux éloge que lui consacra Fontenelle. Voyez Œuvres de Foiitenclle, Eloge de Couplet, t. G. Il est fort à regretter que cet ingénieur n'ait pas laissé sa mé* tb<xi« par écrit.
imménses, aucun d*eux ne pamit avoir porté
ses regards sur les innombrables sources ordinaires, qui ne sont souvent qu'à quelques mètres sous terre, à portée de presque toutes les maisons et de toutes les fortunes.
Le moyen de découvrir les sources qui a été le plus en vogue, celui qui a obtenu le plus de crédit parmi les ignorants, et même chez quelques personnes instruites, c'est; IhèagneUedm-nuioire. Quoique j'aie opéré bien des fois avec toutes les précautions prescrites, et qué je sois passé et repassé sur des cours d'eau soulei rains dont le conduit m'était bien connu, je n'ai jamais remarqué que cette baguette ait fait d'ellemême le moindre mouvement dans mes mains.
J'ai lu sur ce sujet plusieurs traités assea étendus, et j'ai fait opérer sous mes yeux plusieurs douzaines de bacillogiics, les plus renommés que j'ai rencontrés dans mes voyages, aiîii de m'assnrcr si cet inslrumcnt tourne sur les cours d'eau souterrains.
De tout ce que jai lu et observé sur ce sujet il me reste la croyance : 1° que cette baguette tourne spontanément entre les mains de certains individus doués d'un tempérament propre à produire cet cifct; 2'' que ce mouvement est déterminé par des fluides qui ne peuvent
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tomber sous nos sens, tels que rélectricité, le
magnétisme, etc.; 3" qu^elle tourne indifTéremment sur les endroits où il n'y a pas le moindre filet d'eau souterrain comme sur ceux où il y en a, et que, par conséquent, elle ne peut servir de rien dans Tindication des sources. C'est aussi le sentiment de M. de Tristan, éminent bacillogire qui, en 1826, publia sur cette fameuse baguette un long trdité qu'il conclut par ces mots: Je mis bien loin d'engager à se fier aux expériences baeillogires pour la recherche des eaux souterraines. Sur plus de dix mille sources que j'ai indiquées, il ne m'est arrivé que deux fois de tomber précisément sur des points que Ton me dit avoir été choisis par des joueurs de baguette. Je dis choisis, car leurs indications, qu'on m'a montrées peut-être en mille endroits, sont toutes placées précisément sur le point qui pouvait le mieux convenir au propriétaire (ce qui n'était pas difficile à deviner) ; aussi, presque toutes ces prétendues indications échouent complètement, et le très-petit nombre de réussites qui leur arrivent ne sont dues qu'au pur effet du hasard.
Voilà donc que la science ni la divination n'ont encore rien fourni de satisfaisant pour nous guider dans la recherche des sources.
Cependant la géognosie, qui a pour objet de faire connaîirey non-seulement les terrains qui wai-k découvert, mals^core ceux qui sont cachés, me parut il y a trente-quatre ans être la science , la plus propre à fournir des lumières sur les cours d'eau'souterrains.
Car cette science, comme l'a dit depuis M. Rozet, fait conndfare au mineur les chances de succès de ses entreprises et la route qu'il doit tenir dans ses travaux; à rarchitecte, dans quelles montagnes il doit fouiller pour trourer les différentes espèces de pierres dont il a besoin; au potier, les couches d'argile qu'il veut employer etc. ; cette science pouvait donc, selon moi, aidera connaître la formation des sources et les lignes qu'elles suivent sous terre. Ce fut dans le but de résoudre ce problème que j'employai neuf ans à étudier les terrains, et à recueillir les nombreuses observations qu*on verra dans le cours de ce Traité.
Toute cette théorie sur Tai t de découvrir les sources étant basée sur la disposition et la constitution des terrains, des notions de géognosie sont indispensables à quiconque voudra faire quelques progrès dans cet art. Ceux qui voudront l'approfondir devront étudier assidûment et se rendre familiers les Traités élémentaires de géo^
logie de MM. d'Aubuisson des Voisins, Rozet,
(l'Omalius d'Halloy, de La Bêche, Brongniart, Lecocq, Gasc, Lyell, Huot, etc. Ceux au contraire qui ne voudront avoir que dés notions suffisantes pour comprendre cette théorie, ou se mettre en état d'indiquer les sources dans les cas les plus faciles, pourront se contenter de celles qui servent d'introduction à ce Traité, et que j'ai tirées; en grande partie, de ces pères dé la géologie.
Les données de la géognosie ne sont pas des théorèmes susceptihles de démonstration, ni des lois physiques exemptes de toute exception ^ ce sont des 4)bservations faites sur des terrains visibles qui ont été reconnues plus ou moins constantes dans un grand nombre de localités, et qui nous fournissent les moyens de juger, par des inductions probables, quelle est la nature ei r inclinaison des terrains qui nous sont cachés. Par exemple, si des deux côtés d'une montagne nous voyons une couche de rocher qui ait la même épaisseur, nous en concluons que probablement son épaisseur est la même dans Tintérieur de la montagne, parce que Tobservation nous a fait connaître que l'épaisseur d'une couche varie rarement. Les agents qui ont concouru à la foroNition des divers dépôts dont se
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compose Técoree du globe étant de plusieurs
sortes, et leurs opérations s'étant combinées d'une infinité de manières, il devient impossible au géognoste de recueillir des observations rigoureusement exactes, et desquelles il puisse déduire des règles invariables. Presque toutes offrent quelques exceptions, et celles qui en offrent le moins sont celles qui [approchent le plus de la certitude. Quoique cette science ne repose pas sur des principes absolus, elle nous fournit néanmoins des données assez précises et assez concordantes pour nous faire connaitre, dans la très-grande majorité des cas, ce qui existe sous ieme.
L'hydrographie souterraine, entièrement subordonnée au gisement et à la constitution des dépôts terrestres, présente les mêmes anomalies et les mêmes exceptions que les terrains. La connaissance des cours d'eau, tant visibles que souterrains, offre des lois générales qui sont incontestables dans la presque totalité des cas, et qui cependant sont, pour la plupart, contredites par quelque fait particulier; par exemple, tout Isours d* eau qui se rend dansm plus grand y converge vers Favaldecelm^; cependant le Gier, marchant à peu près en ligne droite du Midi au Nord, se jette à Givors dans 1# Rhône, dont le
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cours va du Nord au Midi. L'hydroscopie, pas plus que la géologie, ne peut donc être rangée parmi les sciences exactes, telles que la mécanique, l'hydraulique et autres parties de la physique ; mais les quelques exceptions qui peuvent être opposées dans une localité ou dans Tautre, n'empêchent pas que les lois générales qui ont été posées d'après l'universalité des faits observés, ne soient des règles assez sûres pour diriger rhydroscope dans ses recherches, et le faire réussir dans la très-grande majorité des tentatives. L'exception infirme la règle, mais ne la détruit pas. On trouvera dans cet ouvrage les exceptions très-fréquemment indiquées par quelqu'un de ces mots : sauvent^ ordinairement ^ généralement ; mais je n'ai pas cru pouvoir les introduire partout où ils auraient du être placés, car il aurait fallu les insérer dans la plupart des phrases, ce qui aurait étrangement défiguré le lang^. A l'exemple des géologues, j*ai donc, en beaucoup d'endroits , donné comme positif ce qui m'a paru élrc vrai dans la très-grande majorité des cas, sans m'astreindre à signaler chaque exception qui m'était connue.
La tâche que j'entrepris, il y a vingt-huit «ns, de fournir au public une théorie raisonnée sur l'art de découvrir les sources, aurait dù naturel*
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lement être remplie par quelque géologue profond, qui aurait trailé cette matière en maître, et non être laissée à un pauvre succursaliste de campagne, qui n'avait pas assez de livres pour étudier les terrains à fond, ni assez de temps pour aller les explorer au loin, ni à sa portée des hommes instruits sur cette matière pour Faider de leurs conseils, ni assez de savoir pour rédiger un ouvrage dign« d'être présenté au public.
Malgré tous ces motifs de découragement et le ridicule universel qui m'attendait m cas d4il«>> succès, profondément ému des maux sans nom-> bre que la disette d'eau causait tous les an» dans le département du Lot, je consultai d'abord le plus de livres qu'il me fut possible pour tacher d'y trouver quelque moyen de découvrir ^ les sources ; mais ce fut inutilement : je ne rencontrai pas même un auteur qui eiit su définir convenablement une source, pas un' qui ma parût s'en être formé une idée distincte ; on en verra la preuve au chapitre X. Ce que je recueillis de plus positif, ce fut la conviction qu'aucun de ces hydrographes ne s'était donné la peine d*aller parcourir les terrains sur de grandes étendues, dans le but de reconnaître la présence des sources; qu'ils s'étaient bornés a se copier les
uns les autres^ où à bâtir des systèmes plus ou
moins invraisemblables sur leur origine. (On en verra quelques-uns au chapitre XI.) Voyant donc que personne n'avait rien é^t de si^Msh* sant sur celle malière, el que celte science élait encore à créer, je me sentis porté à foire an moins tout ce que je pourrais pour essayer d'y poser quelques jalons. Bien que l'entreprise fut de beaucoup au-dessus de mes forces, me souvenant que l'importance d'une découverte ne se mesure pas sur la capacité de son auteur (1), je réfeolus d'étudier l'hydrographie souterraine sur le terrain même, d'y recueillir le plus grand nombre possible de faits, de les coordonner et de voir s'ils seraient concordants ou non. Lorsqu'aprés plusieurs années de courses et d' observa- « tiens je tombai heureusement sur la bonne voie, et que je me fus assuré par l'examen de plusieurs milliersde localités que les sources se forment, marchent sous terre elen sortent dans des circon-
(I) s n semble, dit Radne fib (Bel., chant V), qoe poor « hamiKer mieux ceux qui cultÎTent les sciences, Bien ait « permis que les plu^ belles découYertes aient été foites par c hasard, et par ceux qui devaient moins les iieiire. La bousa sole n'a point été trouvée par un marin, ni le télescope par e un astronome, ni le microscope (lar un physicien, ni Tim- « primerie par un homme de lettres, ni la poudre à canon « par un militaire. » *
stances de terrain à peu près identiques, j'eus la certitude que j'avais travaillé sur un boa plan, et j'espérai que l'hydroscopie pourrait enfin pas-^ ser dans le domaine des sciences rationnelles.
Dès lors, je m'attachai à ne maicher qu à la lueur des faits, à n'admettre de conséquences que celles qui en dérivent naturellement, et à écarter toute opinion et tout système qui ne seraient pas appuyés sur des faits nombreux et avérés. On verra dans l'ouvragée si je me suis écarté de ce plan. Dans l'impossibilité d'insérer les milliers de faits que j'ai observés dans tous les départements que j'ai explorés, la plupart de ceux que je cite sont pris dans le département du Lot, comme étant celui que j'ai le mieux étudié et le plus {Mropre aux observations hydro- «copiques, attendu qu'il renferme plus d'espèces de terrains qu'aucun autre, et que, presque tous ceux qu'on voit en France, y sont représentés.
Avant d'avoir voyagé hors de ce département, il me restait quelques soupçons que peut-être il existait ailleurs des terrains tout différents, et dans lesquels cette théorie ne serait point applicable. Ce soupçon n'avait aucun fondement.
Maintenant que j'ai exploré, dans le plus grand détail, près de la moitié de la France et plusieurs contrées des États voMns, je «rois être en état
d*affirmer que les lois qui président à la formation et à l'écoulement des sources sous terre sont partout essentiellement les mêmes, et que les variations ou exceptions que ces lois présentent étant dues à la constitution, à la disposition ou aux accidents des divers terrains, peuvent être ordinairement prévues.
Si une théorie qui n'a pas encore été éprouvée doit être accueillie avec réserve et même avec défiance, jusqu'à ce que les expériences en aient montré le mérite, j'espère qu'on ne trouvera pas les épreuves que celle-ci a subies trop peu nombreuses ni insuffisantes, quand on saura que, pendant vingt-cinq ans, elle a été expérimentée posUiv€7nent ou négativement dans plus de trente mille localités, situées dans quarante départements qui m'avaient fait parvenir de trois cents à deux mille demandes chacun. Elle a été expérimentée positivement chaque fois qu elle m'a servi à indiquer une source, et négativement toutes les fois qu'elle m'a fait connaître que le terrain sur lequel j'étais appelé n'en renfermait point. Elle a été appliquée, je crois, sur toutes les espèces de terrains qui existent en France, depuis les plus compactes jusqu'aux plus désagrégés, et depuis les plus régulièrement stratifiés Jusqu'aux plus bouleversés. L'application en a
Diqitizcci bv Coc»
été faite à toutes sortes de hauteurs, depuis les falaises de la Normandie jusqu'aux ballons des Vosges, depuis les landes du Bordelais jusqu'aux plus hautes habitations des Pyrénées, et depuis l'embouchure du Rhône jusqu'aux villages les plus haut placés dans les Alpes françaises; elle a été encore appliquée pendant les plus grands froids comme par les plus fortes chaleurs, dans les temps les plus secs comme au fort des plus grosses pluies. Je n'ai remarqué d'obstacles pour les opérations hydroscopiques que la nuit et la neige, dès qu'elles empêchent de voir la terre. Les indications qui ont été faites sur des terrains si variés, dans des positions si diverses et dans des saisons si différentes, ont réussi partout dans des proportions qui sont à peu près les mêmes (il en sera rendu compte au chapitre XXIX). Ce Traité n'est donc plus une simple théorie dont l'épreuve soit à faire ; mais il est le résumé de toutes les observations hydroscopiques qu'il m'a été donné de recueillir pendant neuf ans d'études théoriques et vingt- $;inq années d'expériences. v
J'ajoute ici comme encouragement aux élèves hydroscopes , qu'après quelques années de voyages et d'explorations, il m'arriva de désigner de loin quelques sources et leur volume, de
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délire lé revers de quelques montagnes ou cot liiles dont je ne voyais qu'un côté, et d'indiquer même des soui'ces dans ces revers, d'en indiquer aussi sur les cartes deCassini, et d'annoncer de très-loin que certaines maisons étaient lézardées. Les j^emières personnes qui m'entendirent faire ces désignations, dans des pays où elles étaient bien assurées que je n'avais jamais été et que personne n'avait pu me faiee connaître, étaient dans le plus grand étonncment. Les plus instruits les regardaient comme de la géologie transcendante, et le vulgaire, comme un prodige.
Ces premières désignations, que je n'avais faites que par occasion et par manière d'amusement, m'étaient à peine échappées, que le bruit s'en répandit promptement et fort au loin. Pendant les vingt dernières années, presque partout où j'ai paru, on m'a demandé ces sortes d'indications; chacun a voulu s'assurer par lui-même si ce qu'on lui avait rapporté était vrai, et, à moins de déplaire à des personnes respectables et de mécontenter les troupes de curieux qui m'entouraient continuellement, j'ai éié obligé de les réitérer des milliers de fois. A mesure que l'occasion s'en est présentée dans le cours de cet ouvrage, j'ai cité ces désignations ainsi que les
observations sur lesquelles elles sont fondées, et l'on verra que ces pronostics étaient bien ciles à faire. Pour celui qui n'a pas fait ces observations, c'est un prodige ; mais pour celui qui les a faites ou les fera, ce n'est rien*
J'aurais bien voulu pouv oir rapporter ces faits et un grand nombre d'autres qu'on trouvera dam ce livre, sans y rien mêler de personnel; mais le fond de cet ouvrage étant composé d'observations quej'aifaitesy et n'ayant su comment les rapporter en laissant leur auteur de côté, je n'ai pas cru devoir m'abstenir d'an rendre compte, attendu que ces faits confirment ou éclaircisseul les observations, et que le précepte contenu dans un exemple est bien plus facile à retenir.
L*art de découvrir les sources est, comme toutes les sciences physiques, susceptible d'un perfectionnement indéfini : de nouvelles observations fourniront de nouveaux moyens d'éviter les erreurs. Aussi je ne donne pas cette théorie comme un Traité complet sur la matière, mais plutôt comme un essai destiné i donner l'éveil sur cette branche des connaissances humaines. Les hommes capables qui voudront bien des^ cendre sur les terrains et étudier les cours d'eau qu'ils recèlent, rectifieront plusieurs observa-
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tkms que je n'ai peut-être pas su faire, ajouteront celles quim*ont échappé, et produiront des ouvrages qui présenteront un ordre et un style meilleurs que celui-ci* J'applaudirai toujours aux efforts de ceux qui feront des recherches dans le but de perfectionner cette théorie, et j'éprouverai une bien vive joie chaque fois que je verrai que quelqu'un y a réussi.
Si parmi les hommes qui cultivent les sciences il en est qui recueillent sur ce sujet des observations intéressantes et ne veuillent pas les publier, je les prie très-instamment de vouloir bien me les adresser à Saint-Géré (Lot), de m'indiquer les fautes qu'ils auront remarquées dans cet ouvrage, et les corrections qu'ils croiront devoii* y être introduites. Toutes leurs observations seront reçues avec reconnaissance, et celles qui se trouveront fondées, seront mises à profit pour une seconde édition, supposé qu'un pareil honneur soit réservé à ce livre, avant ou après ma mort.
La publication de cette méthode a été différée jusqu'ici dans le double but de convaincre de plus en plus le public de sa vérité, et de la perfectionner en y ajoutant toujours quelques nouvelles observations que je recueillais dans mes nombreux voyages ; car mon grand désir
aurait éié, si cela eût été possible, de commettre moi-même toutes les erreurs qu'elle pourra occasionner, afin d'en découvrir les causes, les signaler aux élèves hydroscopes et les mettre par là en état de les éviter.
Maintenant que toutes les expériences désirables ont prouvé que cette théorie fait connaître à peu près toutes les sources cachées, la ligne que chacime d'elles parcourt, sa profondeur et son Yolume, quoiqu'elle soit faillible dans quelques cas et qu'elle laisse à désirer sous d'autres rapports, je ne crois pas devoir en différer da-* vantage la publication. Je pense qu'on aimera mieux posséder sur l'art de découvrir les sources une méthode défectueuse, que de ne pas en avoir du tout.
Peut-être quelqu'un parviendra-t-il, tôt ou tard, à inventer une méthode toute, différente qui sera infaillible, ou qui, du ^moins, réussira dans une plus forte proportion que la mienne. Si cela arrive, je recommande d'avance à tout le monde d'en suivre les prescriptions, et de ne plus (aire attention à cet essai.