L UNITÉ HUMAINE
térieure du globe oculaire; et sur laquelle viennent se peindre par l'intermédiaire des milieux dioptrique de l'œil, les images des objets extérieurs.
Le nerf optique, qu'on l'excite mécaniquement ou chimiquement, ou par Télectricité, ou par la lumière, répondra toujours par une même modification de sa substance.
La rétine est donc, en résumé, une membrane étalée sous forme d'hémisphère sensible capable d'être excitée sur toute sa surface, par les images lumineuses venant se peindre sur les différents points de son étendue.
Si on présente à l'œil un objet lumineux déterminé, le point de la rétine qui se trouve excité, se nomme (( point de lixation » et se trouve à peu près sur le passage de Taxe antero-postérieur du globe oculaire. Ce point connu sous le nom de fovea centralisa forme le centre de la tache jaune.
Ce point de fixation est pour ainsi dire le point principal de vision; la vision périphérique, sorte de vision secondaire, n'en permet pas moins à une foule d'excitations lumineuses, de se produire sur la rétine.
Bien que n'étant pas aussi nette que la vision directe, cette vision n'en est pas moins perceptible, et c'est une des grandes lois de la composition que celle qui subordonne à un point principal, toutes les intensités de lignes et de couleurs, et qui réalise ainsi la loi physiologique.
Cette vision périphérique nous permet d'entrer constamment en contact avec des agents d'excitation lumineuse indirecte. Cette vision indirecte peut être considérée comme une sorte de sentinelle qui avertit à la moindre alerte, les centres nerveux. Ceux-ci une fois mis en éveil, commandent à la vision directe d'entrer immédiatement en contact avec l'excitant extérieur, afin d'en connaître la nature.
Le champ visuel, c'est-à-dire l'espace dans lequel un objet extérieur peut former image sur la rétine, représente une hémisphère de rayon indéfini.
Le globe oculaire peut être comparé à une chambre noire de photographe, au fond de laquelle se reproduit une image réduite et très nette des objets extérieurs. La réception de cette image s'opère sur l'expansion du nerf optique, dont les éléments subissent, sous l'influence des rayons lumineux, une altération chimique pareille à celle d'une plaque sensible. L'image ainsi projetée sur le fond de l'œil est conduite au cerveau. Celui-ci emmagasine cette impression dans un endroit situé très vraisemblablement dans la partie postérieure de la capsule interne. L'interprétation de cette impression a lieu h un autre endroit du cerveau que, d'après les recherches de Westphal et d'autres, on peut placer avec assez de certitude, dans le globe occipital gauche inférieur de celui-ci,
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Tout semble démontrer aussi, que la perception des couleurs est en partie une fonction du cerveau. Les troubles de cette fonction ayant dans nombre de cas leur origine dans le cerveau, le prouvent surabondamment. Certaines lésions du cerveau peuvent même abolir la perception des couleurs, tout en laissant intacte la perception de la lumière blanche. Enfin l'exercice et l'éducation peuvent avoir sur la délicatesse de cette perception une telle influence que tout nous incite à admettre la justesse de cette théorie.
Au surplus, les couleurs que nous considérons comme fondamentales, ne sont le plus souvent que celles qui s'offrent le plus constamment à notre vue, représentant pour nous un type bien spécial et bien particularisé. Ces couleurs exercent sur nous une grande influence, due en partie à ce fait que leur perception s'associe à celle d'objets qui nous impressionnent profondément.
Le cerveau joue donc un très grand rôle dans la perception des couleurs. Est-il seul en jeu ou bien le processus chromatique a-t-il aussi une origine rétinienne? C'est cette dernière hypothèse qui paraît probable au D' Charpentier.
Mais elle n'est pas absolument démontrée, et il se borne à conclure à l'existence de deux processus distincts, siégeant l'un dans la rétine, l'autre peut-être dans la rétine et le cerveau, probablement dans les deux à la fois.
En tout cas cette dualité fonctionnelle n'est pas spéciale au sens de la vue ; on connaît la distinction purement théorique, il est vrai, qu'Helmoltz a faite entre la perception des bruits et celle des sons musicaux.
Certains papiers, certains tissus sont vus colorés lorsqu'ils reçoivent sur leur surface, la lumière solaire, ou une autre lumière blanchâtre, qu'ils réfléchissent par diffusion, après l'avoir plus ou moins modifiée.
On sait que la lumière se partage toujours, en atteignant la surface d'un corps, en trois portions ordinairement fort inégales ; Tune est réfléchie, une autre est transmise, la troisième est absorbée. Si la réflexion est nécessaire pour nous envoyer de la lumière, l'absorption est la cause essentielle de la formation des couleurs. Une feuille verte doit en réalité sa nuance, à la transparence imparfaite de ses éléments ; la lumière, en pénétrant dans ses tissus, éprouve une absorption partielle ; les rayons rouges sont éteints, et les rayons verts résultant de cette décomposition, se réfléchissent sur les surfaces extérieures.
Chevreul a établi sur des données scientifiques, une classification des couleurs comprenant toutes les nuances ; il trouve ainsi 1.460 combinaisons qui forment des types très rapprochés les uns des autres, véritable échelle chromatique.
Les deux mots, sensation et perception, bien
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que très voisins, ont une différence notable. La sensation est un état de la conscience dans lequel celle-ci subit passivement l'excitation extérieure. La perception va plus loin ; elle rapporte la sensation à quelque cause extérieure ; elle porte un jugement sur l'excitation qui l'a fait naître ; il y a donc dans la perception un acte cérébral secondaire, une analyse dans laquelle intervient en une certaine mesure, l'intelligence. La sensation est probablement inhérente à toute partie des centres nerveux en activité ; la perception exige de plus l'intervention du cerveau.
La sensation est un mode d'énergie déterminé, qui naît comme tous les autres, par transformation d'énergies équivalentes.
Chaque phénomène du monde extérieur implique en soi des excitations, non pour un seul sens, mais pour tous les sens. Prenons le phénomène d'une matinée de printemps. Le sens visuel n'est pas seul affecté; mais les parfums, les bruits concourent à des impressions fragmentaires qui se résolventen uneimpression unique, subjuguant tous les autres et s'adressant au sens le plus éveillé, exaltent son acuité.
C'est du reste une des lois de l'action nerveuse que chaque stimulus outre une décharge directe, dans l'organe particulièrement intéressé, cause indirectement une décharge à travers le système nerveux; il en résulte que les autres organes.
tous influencés comme ils le sont par le système nerveux, participent à l'excitation.
Il est assez remarquable de voir que la musique qui est, par essence, l'art impondérable, se plie seule, à des lois scientifiquement établies. Les arts de la vue, bien qu'ayant certains rapports avec les arts de l'ouïe, n'en attendent pas moins des lois scientifiques qui délimitent leurs exigences. L'architecture, la peinture et la sculpture, n'ont pas à proprement parler de code ou plutôt de bases scientifiques qui leur permettent d'accorder leurs harmonies et de conclure à la nécessité de certaines lignes, volumes, couleurs. L'optique esthétique n'a pas encore obtenu de la science, une recherche approfondie des phénomènes qui la régissent. Il serait cependant utile qu'elle formulât un corps de doctrine qui forçât l'artiste à s'assurer le concours scientifique, afin de contrôler dans l'harmonie créée, la rigueur de formes préconçues.
Toutefois, certains hommes de science se sont préoccupés de cette question. C'est ainsi que Fechner qualifie de loi psychologique, cette loi de la sensation qui s'applique à la fois à la perception des grandeurs et à celle des couleurs et qui tient à la limitation de la sensibilité humaine.
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Une autre loi psychologique de la sensation, très importante, consiste dans l'exemple suivant: Divisez une ligne en un certain nombre de parties égales, placez-la en regard d'une autre ligne non divisée; la deuxième paraît plus courte. Prenez un carré et divisez-le par des lignes horizontales ; le carré semblera s'élever en hauteur. Au contraire, divisez-le par des lignes verticales ; il s'écrasera, s'étendra en largeur. Un angle droit dans l'intérieur duquel on a tracé des lignes rayonnantes à partir du sommet, semblera un peu plus obtus en regard d'un angle indivisé. Ce sont là quelques-uns des phénomènes indiscutables, mais qui n'ont pas encore reçu la sanction scientifique, permettant de fonder une théorie générale sur Fensemble de ces faits.
En outre, les lois qui régissent l'harmonie des couleurs sont encore à trouver. Les couleurs comme les intensités de sons étant susceptibles de mensuration et de comparaison, pourraient être comme eux, circonscrits en des lois immuables ; car les tonalités en peinture sont semblables aux tonalités musicales qui ont servi aies dénommer.
Enfin, comme nous l'étudierons plus loin, une sorte de géométrie analytique est à trouver, qui limitera pour un problème donné, la courbe enveloppe, limite des volumes circonscrivant la matière au sein de Tespace.
Jusqu'à présent, l'éducation de l'organe visuel
et le véritable sens de la composition admirablement intuitif, ont seuls permis à l'artiste d'affronter les contrastes des couleurs et de se guider dans le labyrinthe des rapports à deux dimensions, comme dans la peinture ; h trois dimensions comme dans la sculpture et l'architecture.
La science a laissé cette page blanche, il lui appartient de la remplir; et c'est, toute tracée, sa tâche d'aujourd'hui.
ESPRIT l'homme moral
Si on accorde de l'intelligence à la seule matière organisée, on est forcé d'admettre que la matière brute ne pense pas. Mais, si la matière ne pense que lorsqu'elle est organisée, elle n'a donc pas pu s'organiser d'elle-même, puisqu'il aurait fallu qu'elle pensât avant d'être organisée, c'est-à-dire avant de pouvoir penser. 11 faut reconnaître une sagesse étonnante dans toutes les œuvres de la nature. Les merveilleux rapports des êtres entre eux nous démontrent une suprême intelligence. Nous la voyons ou plutôt nous la sentons. Cette intelligence ne peut pas provenir de la matière, puisque la matière en est modifiée elle-même. Appelons cette intelligence suprême, Nature, Destin, Providence, Dieu, regardons la comme une Force, un Etre, un Esprit, nous ne disputerons point ici sur les mots,
Nous sommes donc obligés de connaître la cause résidant réellement dans cet être doué de conscience, dans Thomme, cause imparfaite qui ne peut se manifester que dans le moi, doué d'inteltelligence et de volonté, et la cause première, infinie, absolue, Dieu en un mot. C'est à la philosophie que nous demanderons ce supplément d'informations pour la recherche et l'élaboration de ce « moi pensant ».
A. vaut d'aborder les différentes théories de l'âme, nous indiquerons quelques traits par lesquels Diderot nous montre le but et la fonction de la philosophie. V^oici comment il s'exprime à ce sujet : (( Les hommes en sont à sentir combien les lois de l'investigation de la vérité sont sévères et combien le nombre de nos moyens est borné. Tout se réduit à revenir des sens à la réflexion et de la réflexion aux sens : rentrer en soi et en sortir sans cesse. C'est le travail des abeilles. On abattu bien du terrain en vain si on ne rentre pas dans la ruche, chargé de cire. On fait bien des amas de cire inutiles, si on ne sait pas en former des rayons... Il n'y a qu'un seul moyen de rendre la philosophie vraiment recommandable aux yeux du vulgaire ; c'est de la lui montrer accompagnée d'utilités. Le vulgaire demande toujours. « A quoi cela sert-il?» et il ne faut pas lui répondre. « A rien ». Il ne sait pas que ce qui éclaire le philosophe et ce qui sert au vulgaire sont deux choses
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fort différentes, puisque l'entendement du philosophe est souvent éclairé par ce qui nuit et obscurci par ce qui sert... Nous avons distingué deux sortes de philosophie, Texpérimentale et la rationnelle. L'une a les yeux bandés, marche toujours en tâtonnant, saisit tout ce qui lui tombe sous les mains, rencontre à la fin des choses précieuses et tâche de s'en former un ffambeau ; mais ce flambeau prétendu, lui a jusqu'à présent moins servi que le tâtonnement à sa rivale et cela devait être. La science multiplie ses mouvements à l'infini, elle est sans cesse en action, elle met à chercher des phénomènes tout le temps que la raison emploie à chercher des analogies. La philosophie expérimentale ne sait ni ce qui viendra, ni ce qui ne viendra pas de son travail sans relâche. Au contraire la philosophie rationnelle pèse les possibilités, prononce et s'arrête tout court. Elle dit hardiment : On ne peut décomposer la lumière. La philosophie expérimentale l'écoute et se tait devant elle pendant des siècles entiers, puis tout à coup elle montre le prisme et dit : « La lumière se décompose ».
Or les limites du monde fini sont les limites de la science. Mais les notions infinies que l'homme porte en lui ne peuvent être limitées. Au-delà, des mondes connus se trouvent une infinité d'autres qu'il ne voit pas, mais dont il a conscience.
C'est ainsi que la physiologie, en ouvrant sur les modes et les qualités delà matière de nouveaux horizons, a pensé pouvoir tout expliquer scientifiquement. Dans le monde infini des phénomènes, elle cherche les causes médiates et non les causes premières, elle groupe les êtres sans s'informer de leur origine ; les sciences abstraites et analytiques n'ont jusqu'à présent scruté que la matière. Son rôle synthétique serait de grouper tous les phénomènes étudiés et d'en révéler l'unité de conclusion, destinée à améliorer le concept humain.
Non pas qu'il faille voir dans l'étude des choses abstraites la réalisation du bonheur. A vingt ans, ayant déjà beaucoup écrit et pensé, Stuart Mill s'écrie dans un geste d'égarement : « A quoi bon » ! Cri funeste poussé par un utilitarisme excessif, et dans ses mémoires nous cueillons cette fleur : « Le bonheur est un but, mais qu'il ne faut pas poursuivre sous peine de le manquer. » C'est après cette crise morale qui faillit emporter cette pensée féconde, qu'il donne. « L'Essai sur le Théisme ». Comme conclusion, il n'incline pas du tout vers l'Athéisme, mais plutôt vers « l'Agnosticisme » qui oppose à la négation, l'espoir et la consolation d'un « peut-être ».
Demandons donc à la philosophie de nous éclairer sur la nature de l'esprit proprement dit et sur l'union possible de la matière et de l'esprit, ou pour parler un langage plus philosophique, de
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l'état de connaissance avec étendue à celui de connaissance sans étendue. Mais auparavant il nous faut, ne pouvant conclure sans examiner les étapes de l'esprit humain, passer en revue les différentes expressions de l'âme humaine au cours des siècles, en un mot, faire l'historique des théories de l'âme proposées par les plus hauts penseurs et à toutes les époques.
Voici quelle est la classification des différentes opinions formulées par le professeur Alex. Bain :