‹ L'art de dire: dans la causerie et le discoursChapitre 107 sur 176 · Girault-Du vivier · texte numérisé non relu

Girault-Du vivier

Prenons le commencement et la fin d'une énorme phrase de la Nuit de décembre :

Lorsque plus tard, las de souffrir, Pour renaître ou pour en finir, J'ai voulu m'exiler de France;

Partout où j'ai, comme un mouton Qui laisse sa laine au buisson.

Senti se dénuer mon âme ;

Partout où j'ai voulu dormir.

Partout où j'ai voulu mourir.

Partout où j'ai touché la terre, Sur ma route est venu s'asseoir Un malheureux vêtu de noir, Qui me ressemblait comme un frère *.

Est-ce que la durée de la virgule après touché la terre n'est pas beaucoup plus longue que celle de tous les points-virgules précédents? C'est qu'après tare l'expression change; c'est d'ailleurs qu'un grand repos aspiratoire s'impose à la suite de tant de propositions circonstancielles.

Le point-virgule et les deux points :

C'était plaisir de voir danser la jeune fille I Sa basquine agitait ses paillettes d'azur ; Ses grands yeux noirs brillaient sous la noire mantille : Telle une double étoile au front des nuits scintille Sous les plis d'un nuage obscur.

Page 1