‹ L'art de dire: dans la causerie et le discoursChapitre 147 sur 176 · CHAPITRE I CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CHAPITRE I CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Geste signifiera parfois dans notre pensée mimique générale, ou élément quelconque de la mimique. Un jeu de physionomie n'est-il pas un geste du visage? Une attitude n'est-elle pas un geste du corps?

En réalité, il n'y a qu'un langage, tantôt mimique, tantôt verbal, le plus souvent mimique et verbal à la fois. L'enseignement de la diction doit le moins possible décomposer le langage; dès que l'élève apprend à exprimer quoi que ce soit au moyen de la parole, il doit apprendre à le mimer.

Une physionomie, un geste, une attitude aide à trouver l'inflexion juste. Si vous avez bien dit les phrases qui nous ont servi à la première étude de l'inflexion (p. 142 et suivantes), vous les avez, probablement, bien mimées. Reprenez-les, en observant quelle expression du visage, des bras, du corps accompagne l'expression orale.

Plus d'une fois, l'expression mimique précède l'expression orale. La première se produit souvent pendant l'aspiration; la seconde, toujours pendant l'expiration. Souvent, la première suffirait; les mots qui la suivent forment avec elle une sorte de pléonasme.

Lorsqu'on écoute quelqu'un, lorsqu'on est seul avec soi-même, il arrive fréquemment qu'on se livre à 1 toute une mimique. Au théâtre, il y a donc un art I d'écouter. Selon la situation où l'on se trouve, selon le caractère du personnage qu'on représente, il faut, ' par la seule expression mimique, indiquer tout ce qu'on éprouverait si, dans la vie réelle, on eniendait ce qu'on entend. Un comédien peut rendre une scène muette aussi éloquente que s'il avait à tenir de nombreux propos. Ne vous est-il pas arrivé de lire une pièce après l'avoir vu jouer et de vous dire, au sujet de tel acteur : « Eh quoi! c'est là tout son rôle? » Quelques mots de-ci de-là, voilà tout ce qu'il a prononcé ; mais son rôle ne consistait pas seulement en paroles verbales : il consistait aussi en tout ce que l'idée de l'auteur pouvait lui inspirer de paroles mimiques.

Il n'y a qu'un langage, perçu tantôt par l'oreille, J tantôt par l'œil, généralement par l'œil et l'oreille, et { ce que nous avons dit de la diction, nous le disons de ' la mimique : elle doit être claire (c'est-à-dire nette, i évidente); elle doit être vraie; elle doit être belle. ^ Claire avant tout : à quoi servirait qu'elle convînt à | ce qu'il s'agit d'exprimer si le spectateur ne pouvait J la distinguer? s

Nous l'étudierons donc d'abord en elle-même, sous | le rapport de la netteté ; nous passerons à son application, et nous l'envisagerons enfin au point de vue ( de la beauté. I

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