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CHAPITRE II MÉCANISME DE LA MIMIQUE

Tous exprimez votre pensée à quelqu'un tout près

do vous : il voit le moindre de vos mouvements, ceux

de vos traits aussi bien que les autres. Mais parler et

par conséquent mimer en public, c'est s'adresser à

des spectateurs dont quelques-uns au moins sont à

uine distance telle que des jeux de physionomie, des

gestes simplement esquissés sont pour eux plus ou

moins imperceptibles. Il est tout aussi évident que,

môme sur le spectateur le plus près, l'idée, tout au

moins le sentiment à exprimer, produira d'autant plus

d'impression que l'expression mimique sera plus nette,

plus claire.

Appliquez-vous d'abord à donner plus de netteté, de clarté aux éléments qui vont vous servir à ce langage. Regardez-vous dans une glace, sinon dans plusieurs, et travaillez.

Ouvrez grandement les paupières. Fermez-les plus ou moins. — Sans déplacer le visage, dirigez les iris à droite, à gauche, vers le ciel, vers le sol. — Allumez, adoucissez, éteignez les yeux. — Froncez les sourcils; creusez la ride unique ou double qui se dessine entre eux. Haussez-les ; ridez horizontalement le front. —

Dilatez les narines. — Élevez, abaissez, éloig-nez, rapprochez les commissures des lèvres. — Ouvrez plus ou moins la bouche, en hauteur, en largeur. — Etc.

Et maintenant, les gestes.

Élargissez-les, précisez-les.

Bien entendu, vous n'aurez pas toujours à recourir aux grands gestes, pas plus que vous n'aurez toujours à accentuer vos physionomies; mais j'ai g'rand peur que votre mimique naturelle ne soit pas proportionnée aux dimensions des salles où vous pourrez avoir à vous produire. Si tant est qu'il ne soit pas toujours ridicule, le geste étriqué nuit généralement à l'expression.

Et il faut surtout que le geste soit précis, qu'il se dirige nettement vers l'objet qu'il désigne ou est censé désigner, qu'il exprime en toute évidence le sentiment qu'il doit exprimer.

Tournez la tête à droite, à gauche ; levez-la, baissezla. — Tendez le bras droit, le bras gauche, en avant, de côté, en arrière. Ouvrez plus ou moins les bras, croisez-les ; levez-les plus ou moins, laissez-les tomber. = — Joignez les mains, laissez-les pendre. Faites décrire à l'une, à l'autre, des courbes horizontales, diverses lignes en divers sens. — Tendez l'index en tenant plies les trois doigts suivants. Formez le poing ; écartez les doigts. Tournez la paume vers vous et contrairement, vers le sol et contrairement. — Etc. i

Enfin, les attitudes.

Tenez-vous debout. — Bombez la poitrine ; courbez le dos. — Les pieds l'un près de l'autre; les pieds écartés. — Marchez, Pas moyens, grands pas. Allure lente, pesante ; allure rapide, légère. — Asseyez-vous.

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