‹ L'art de dire: dans la causerie et le discoursChapitre 152 sur 176 · GESTES D'INDICATION · texte numérisé non relu

GESTES D'INDICATION

i"" La place, la situation. — Il suffit parfois des yeux pour l'indiquer : les prunelles se dirigent vers la personne ou l'objet réel ou imaginaire. Le plus souvent, la tête se lève, se baisse, se tourne dans le même sens. Souvent aussi, les doigts (surtout l'index), la main, le bras se tendent plus ou moins. Le bras se tend à proportion de la distance. Les deux bras tendus et largement écartés indiquent deux points lointains et séparés par une grande étendue. Le bras se dépliant (le coude en dehors) et s'éloignant du corps par

degrés, inclique réloignemenl progressif, une série de plans plus ou moins éloignés.

2^ La dimension. — Toute petite longueur : la pointe d'un index sur une phalange de l'autre index; grande longueur : la main ouverte allant vers Thox-izon. Étroitesse : les paumes rapprochées; largeur : les paumes écartées Tune de l'autre. Hauteur : les yeux vers le sommet, les mains aussi (la face dorsale ^ers le sommet), ou bien, au contraire, les mains abaissées vers la base (la paume vers le sommet) ; profondeur : les yeux vers Tabîme, le bras ou les bras plus ou moins relevés, mais la paume vers Tablme.

3" La forme. — Plaie : la paume horizontale et vers le sol. Ronde : la main arrondie, les deux arrondies et rapprochées. Sinueuse : geste de main analogue.

4** Le mouvement. — Lenteur : douce et toute petite agitation de la main de haut en bas. Vitesse : la main jetée de la poitrine vers Thorizon.

5*» Le nombre. — Un : l'index montré seul; deux : l'index et le médius; etc. Dans l'énumération, les doigts se lèvent tour à tour de la main d'abord fermée, ou bien l'index d'une main touche tour à tour les doigts de l'autre main.

A vous de juger quand vous devez ou non employer ces gestes. Même dans le genre noble, on peut fort bien mimer le nombre un (à propos, je suppose, d'un homme unique en son genre). On peut moins bien déjà mimer le nombre deux. On ne peut aller au delà sans faire un geste trop familier, sinon trop vulgaire, pour être admis ailleurs que dans certains rôles de comédie.

LART DE DIHK.

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