‹ L'art de dire: dans la causerie et le discoursChapitre 33 sur 176 · CHAPITRE III LA LIAISON · texte numérisé non relu

CHAPITRE III LA LIAISON

Si, dans la conversation, on omet beaucoup de liaisons, c'est tout bonnement qu'on parle avec plus ou moins de négligence. Il n'est pas plus prétentieux de dire aller et venir , en faisant entendre les deux r, que de dire allé et venv\ et Ton évite un hiatus. La rencontre de deux voyelles n'a souvent rien de désagréable {tu es, ciel) ; mais, trop fréquente, elle nuit à la douceur, à Ténergie, à Tharmonie du langage.

Toutefois, une liaison n'est bonne que si elle remplit trois conditions : ne pas choquer Toreille, être autorisée par Tusage et ne troubler en rien la clarté.

Prévenons aussi que, dans la liaison, la consonne ne s'articule généralement pas avec autant de netteté que dans le corps d'un mot. Telle liaison ne doit même se produire qu'avec une articulation très faible. Le c ne peut pas avoir la même valeur dans

Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir,

que dans blanc couloir.

B. — Ne se lie pas dans Christophe Colomb, plomb. Nous verrons bien d'autres sons nasals qui n'admettent pas la liaison.

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