‹ L'art de dire: dans la causerie et le discoursChapitre 34 sur 176 · LA LIAISON · texte numérisé non relu

LA LIAISON

C. — Se lie comme un k : tabac à prUer^ franc original. Mais ne se lie jamais dans franc (monnaie), marc (nom commun).

D. — Comme un t : le blond Apollon^ friand entre-metSj il se morfond à la porte. Parfois ne se lie pas dans les syllabes and, ond : Gand^ glande gond. Ne doit pas se lier dans nid, ncsudy dans égards hasard^ bord^ nordj lourde sourd. Dans les syllabes où IV précède une consonne finale, c'est très souvent Fr qui forme la liaison.

F. — Pourvu qu'elle se prononce dans le mot isolé, conserve sa propre articulation, excepté dans le nombre neuf où elle devient un ▼.

G. — Comme un k : rang élevé. Se lie dans rang^ sang^ long^ joug (comme un g dans ce dernier).

H. — Tout ce qui dislingue Vh aspirée de Yh muette, c'est qu'elle empêche la liaison avec la voyelle sui* vante (les | héros, tandis qu'on dit le zéroînes, le zéroique zistoires), ou bien Télision orthographique ou simplement phonétique de la voyelle finale du mot précédent (/a Aaine, une | Aa//e, tandis qu'on dit /'Ayéne, une haleine [u-naleine]).

Choisissons quelques exemples où elle est aspirée : Bainaulj hallebarde^ hallier^ hampe , harangue^ harde, Harfleur^ haimais, hase^ héraut, herse^ hêtre, hie, hié^ rarchiCy hobereau, houssine, houx, hoyau, hublot, huche.

Des dictionnaires l'aspirent bien à tort dans haltère. Tantôt on l'aspire dans Benn (plus rarement dans Henriette), tantôt on la tient pour muette. On l'aspire dans Hugo. H, qui, à travers elle, autorise la liaison dans dix-huit, ne la tolère pas dans huit et ses dérivés employés autrement : il a touché son | huitième mois.

L. — Dans gentil^ prend, en se liant, Tarticulation y : gentil enfant,

H. — Ne se lie que lorsqu'elle s'articule dans le mot isolé : ce requiem est de Mozart.

N. — Quand il s'agit de lier un son nasal {on^ par exemple), il faut souvent ajouter en quelque sorte une autre n à celle qiii orthographie le son nasal : on a {on na^ et non pas : o na), Chi a se prononce à très peu près comme on n'a pa^. Il vaudrait mieux que la nasalité disparût toujours dans la liaison, comme dans bon ami {bo nami) ; mais il faut se conformer à Tusage.

Principalement sur ce point, nous ne pouvons nous ranger à l'avis du vieux Dubroca, dont le traité nous sert ici de guide.

N se lie dans le pronom en précédant le verbe : fen ai asseZy et dans en préposition, avec son régime : en hommage ; dans ancien suivi de son substantif : ancien usagCy et dans les adverbes bien et rien précédant les mots qu'ils modifient : bien agir^ rien à faire.

Ne se lie pas dans les substantifs en ain : républicain I intransigeant; dans les adjectifs en ain non immédiatement suivis de leurs substantifs : lointain \ et dangereux; dans les mots en an : courtisan \ odieux; dans ceux en ein : plein \ à déborder (sauf dans les adjectifs suivis de leurs substantifs : plein azur) ; dans le pronom en placé après le verbe : donnez-m^en \ une douzaine ; dans les mots en éen : Européen \ acclimaté; en ien : chirurgien \ audacieux, le bien \ et le beau (sauf dans l'adjectif suivi de son substantif et dans l'adverbe placé devant le mot qu'il modifie); dans les mots en in : enclin \ au mal (sauf dans divin : divin amour [divin namour ou divi namour] ); dans les mots en on : raison

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