‹ L'art de dire: dans la causerie et le discoursChapitre 75 sur 176 · Prononcez en ce cas : neiUon, au lieu de niouteunn · texte numérisé non relu

Prononcez en ce cas : neiUon, au lieu de niouteunn

Et appuyez un peu sur la liaison de rarliculation finale quand elle concourt à produire la rime :

Il est amer et doux, pendant les nuits dhiver, D'écouter, près du feu qui palpite et qui fume, Les souvenirs lointains lentement s'élever * Au bruit des carillons qui chantent dans la brume. Baudelaire, la Cloche féke.

Voici enfin un cas où, pour la prononciation, la rime doit différer d'un autre mot du vers : c'est lorsqu'elle est terminée par un e muet après une voyelle. Si nous rencontrions le mot pensée dans le corps d'un vers, il se trouverait fatalement devant une voyelle, et l'e muet s'éliderait^. Mais que faire de cet e dans le mot pensée à la fin d'un vers? L'ajouter tant soit peu à Ve qui précède, de manière à prolonger celui-ci et à indiquer une rime féminine.

Seul, et la cime bercée, Un jeune et haut peuplier Dresse sa flèche élancée, Comme une haute pensée Qui s'isole pour prier.

Lamartine, Cantique sur un rayon de soleils

Pour les rimes en ie ou ies, il convient de faire entendre une sorte de son mouillé, mais en n'appuyant pas sur l'e.

Tu dis vrai : la haine est impie, Et c'est un frisson plein d'horreur Quand cette vipère assoupie Se déroule dans notre cœur.

Musset, la Nuit d'ocloOre,

1. L'articulation de IV rend ouvert Ve qui la précède : s'élever,

2. Certains poètes de nos jours risquent devant une consonne le mot que termine Ve muet précédé d'une voyelle, liberté dont on a joui jusqu'au miheu du xvn** siècle.

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