‹ L'art de dire: dans la causerie et le discoursChapitre 76 sur 176 · EUPHONIE · texte numérisé non relu

EUPHONIE

C*est surtout en disant des vers qu*il faut plaire à Toreille.

Sans consonne finale articulée, un son nasal devant une voyelle produit une espèce d'hialus. Si la chose est possible, il faut le lier à la voyelle suivante. Nous ferions une liaison au troisième vers suivant, malgré la pause de virgule :

Et je bannirais, moi, tous ces lâches amants Que je verrais soumis à tous mes sentiments, Et dont, à tout propos, les molles complaisances....

Le Misanthrope*

Mais nous n'oserions en faire une après un mot qui, en prose, n'en demanderait pas :

Allons, ferme, poussez, mes bons amis de cour. Vous n'en épargnez point, et chacwn a son tour.

Id,

Vous devez enfin, par une lenteur, une habileté du débit, remédier de votre mieux à TefTet produit par des syllabes formant un ensemble bizarre, sinon incompréhensible :

Tel qu'a vagues épandues Marche un fleuve impétueux... ^

Malherbe, Ode au roi Henri le Grand.

Cachez bien votre fille ; et que tout le camp \ croie Que je la retiens seule, et que je vous renvoie.

Racinki Ifihigénie,

A l'air qui jase d^un tan bouffe Et secoue au vent ses grelots, Un regret, ramier qu'on étouffe, Par instants mêle ses sanglots.

Th. Gautier, Clair de lune sentimental.

Afin que rien n'en reste au monde et qu'on respire De ne plus voir la tour d'Ali, pacha d'Epire; Et qu'un jour, côtoyant les bords qu'Ali souilla^ Si le marin de Gos dans la mer ténébreuse Voit un grand tourbillon dont le centre se creuse, Aux passagers muets il dise : C'était là!

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