‹ L'art de dire: dans la causerie et le discoursChapitre 78 sur 176 · AU COURS DU DÉBIT · texte numérisé non relu

AU COURS DU DÉBIT

Ne vous est-il pas arrivé de vous trouver avec ce type assez répandu du causeur qui, bien que vous connaissant, vous estimant, s'adresse constamment à un tiers? N'avez-vous pas été plus ou moins vexé de cette sorte d'oubli de votre présence?

Je n'affirme pas que si vous vous adressiez toujours à la même partie d'un auditoire, il y aurait, dans les autres, des froissements de ce genre : ce que je sais, c'est que, parmi les personnes que vous négligeriez, beaucoup vous écouteraient de moins en moins. 11 serait môme à craindre que plus d'une ne renonçât à son immobilité et à son mutisme. Prêter l'attention n'est pas la donner. Donc, sans jamais laisser tomber votre voix au point qu'elle ne puisse plus parvenir aux extrémités de la salle, parlez de temps à autre aux auditeurs qui sont le plus près de vous. Que ceux d'en face, ceux de gauche et ceux de droite aient tour à tour l'impression que vous vous adressez à eux. Celte impression, si vous êtes sur la scène d'un vrai théâtre, faites môme en sorte qu'on l'ait parfois là-haut, à la galerie la plus élevée.

Le plan de ce traité m'oblige à considérer tout ce qui se rapporte à la partie matérielle du débit avant d'aborder l'étude de l'expression, étude sans laquelle

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