‹ L'art de dire: dans la causerie et le discoursChapitre 98 sur 176 · L'INFLEXION · texte numérisé non relu

L'INFLEXION

naturellement f

je lui tendais les mains pourTembrasser....

MaiSy cfiangement subit, effroyable.

Mais je n'ai plus trouvé • qu'un horrible mélange D'os et de chairs meurtris et traînés dans la fange. Des lambeaux pleins de sang et des membres affreux, • Que des chiens dévorants se disputaient entre eux. || Nouveau changement, mais alors quel doux spectacle! Figurez-vous que

Dans ce désordre | à mes yeux se présente Un jeune enfant • couvert d'une robe éclatante, vous savez bien?

Tel qu'on voit -, des Hébreux les prêtres revêtus. fraîcheur!

Sa vue a ranimé mes esprits abattus. || Mais lorsque (revenant de mon trouble funeste) J'admirais sa douceur, son air noble et modeste... horreur!

J'ai senti tout à coup un homicide acier- Que le traître | en mon sein • a plongé tout entier. ||| Vous ne concevez peut être pas la gravité de ce rêve, De tant d'objets divers le bizarre assemblage | Peut-être • du hasard vous paraît un ouvrage. Cette impression vous est bien permise, puisque

Moi-même | quelque temps [ (honteuse de ma peur) ;• Je l'ai pris simplement

pour l'effet d'une sombre vapeur. Mais, hélas! je ne peux plus m* abuser ainsi;

Mais : de ce souvenir mon âme possédée |

A deux fois (en dormant) ] revu la même idée ;

Deux fois I

VOUS dis-jfe,

mes tristes yeux se sont vu retracer Ce même enfant • toujours tout prêt à me percer, j Lasse enfin des horreurs dont j'étais poursuivie. J'allai prier Baal de veiller sur ma vie, • Et chercher du repos au pied de ses autels. |

Mais fai fait bien autre chose. Hélas!

Que ne peut la frayeur sur Tesprit des mortels ! f

Je Vavoue :

Dans le temple des Juifs • un instinct m'a poussée, Et d'apaiser leur Dieu \ j'ai conçu la pensée ;

je Vavoue :

J'ai cru que des présents calmeraient son courroux. Que ce Dieu (quel qu'il soit) en deviendrait plus doux- Pontife de Baal,

je vous en prie,

excusez ma faiblesse. ||

Donc,

J'entre....

Aussitôt,

Le peuple fuit, le sacrifice cesse.

Le grand prêtre | vers moi s'élance avec fureur....

Or,

Pendant qu'il me parlait | (ô surprise! ô terreur!) j J'ai vu ce même enfant dont je suis menacée, Tel qu'un songe effrayant l'a peint à ma pensée. Je l'ai vu,

vous diS'je,

son même air, son même habit de lin, Sa démarche, ses yeux, et tous ses traits enfin.

Pas le moindre doute :

C'est lui-même. Il marchait à côté du grand prêtre. || Mais bientôt ] à ma vue on l'a fait disparaître.... ||

l'inflexion 173

?s forces m'abandonnent.

Voilà quel trouble | ici | m'oblige à m'arrêler, Et sur quoi j'ai voulu | tous deux vous consulter.

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