L'INFLEXION
Qu*on n'attende pas de moi une stupide humilité,
Je ne prends point pour juge un peuple téméraire.
Que m'importe son jugement, puisque,
Quoi que son insolence ait osé publier,
le ciel, oui,
Le ciel même i a pris soin de me justifier.
Et en voici les preuves :
Sur d'éclatants succès ma puissance établie | A fait : jusqu'aux deux mers •; respecter Athalie ; Par moi i Jérusalem goûte un calme profond ; Le Jourdain i
lui,
ne voit plus l'Arabe vagabond Ni l'altier Philistin, | par d'éternels ravages, • (Gomme au temps de vos rois) • désoler ses rivages ; Le Syrien me traite • et de reine et de sœur; Enfin • de ma maison le perfide oppresseur, | (Qui devait \ jusqu'à moi pousser sa barbarie) |
Jéhu, :
oui,
le fier Jéhu, | tremble dans Samarie.
De toutes parts pressé par un puissant voisin, •
(Que j'ai su adroitement
soulever contre cet assassin) |
Il me laisse • en ces lieux • souveraine maîtresse. ||| Donc,
Je jouissais en paix du fruit de ma sagesse. |
Mais figurez-vous qu'
un trouble importun | vient • (depuis Quelques jours) •
De mes prospérités interrompre le cours.
Un songe...
(mot dont Vâme est vailiante^
me devrais-je inquiéter d*un songe?) | Entretient dans mon cœur un chagrin qui le ronge. Je TéTÎte partout, mais en vain :
partout il me poursuit. ||| Eh bien, voici.
C'était pendant Thorreur d'une profonde auit. Tout à coup,
Ma mère Jézabel | /à,
devant moi s'est montrée, | Gomme au jour de sa mort, : pompeusement parée. La noble femme!
Ses malheurs n'avaient point abattu sa fierté. Même I jugez-en par ce simple détail,
elle avait encore cet éclat emprunté Dont elle eut soin de peindre et d'orner son visage • Pour réparer" • des ans l'irréparable outrage. || D'une voix terrible :
« Tremble • (m'a-t-elle dit), | fille ic hélas!
digne de moi.
« Le cruel Dieu des Juifs l'emporte aussi sur toi. :< Va,
u Je te plains de tomber dans ses mains redoutables, « Ma Aile. »
Alors,
En achevant ces mots épouvantables, Son ombre | vers mon lit a paru se baisser; Et moi,