L'ÂME DU GESTE
Tout ce que nous venons de dire au sujet des gestes ne suffit pas pour les caractériser. Comme la parole, le geste a, en quelque sorte, une âme.
Les mouvements de la, mimique diffèrent par leur plus ou moins de vitesse ou de lenteur, selon les sen-
1. Au théâtre, descendre au milieu de l'avant-scène, pas trop près de la rampe. Dans un salon, laisser, si possible, un cerlain espace entre soi et la société.
liments que la diction exprime elle-même plus ou moins vile ou plus ou moins lentement.
Quelle que soit leur vitesse ou leur lenteur, les gestes se distinguent parleur plus ou moins de nervosité ou de mollesse. Oui ne verrait la difîérence entre l'étreinte du violent amour et celle de la simple amitié? La crispation d'une main peut révéler toute une avarice.
Quant aux yeux, les divers degrés de leur éclat changent considérablement leur expression. Ils s'éteignent plus ou moins pour les sentiments qui, dans l'élocution, ne demandent pas de chaleur; ils s'allument, ils flambent pour les sentiments qui en réclament.
Complétez vous-même cette étude de l'expression.
Dans la vie réelle, observez votre mimique et, ce qui est plus facile, celle d'autrui. Servez-vous surtout, dans l'art, des physionomies, des gestes, des attitudes qui, dans la réalité, sont ordinairement les vôtres; mais retenez, pour l'employer au besoin, ce qui chez autrui vous paraît utile à l'expression.
Aussi bien, sauf dans l'art oratoire, vous faudra-t-il parfois vous livrer à l'imitation proprement dite. Observez donc combien la mimique se modifie selon les positions sociales, selon les professions.