‹ L'art de dire, dans la lecture et la r©citation, dans la causerie et le descoursChapitre 27 sur 175 · CONSONNES · texte numérisé non relu

CONSONNES

Se prononce dans club, rumb {omh), dans les noms propres : Horeh, etc. S'annihile dans Doiibs. L'Académie le fait sentir dans radoub^ quoique bien des marins n'en tiennent aucun compte.

Malgré les autorités et l'usage assez répandu, nous recommandons peu le changement de b en p dans absence, obtenir, etc.

Les deux b ont la valeur d'un seul : abbé, sabbat.

Le conserver dans arctique, succinct; mais non dans instinct (pas plus que le t), échecs (le jeu, avec l'e grave), lacs (cordon noué, avec l'a grave). Peut se faire entendre (mais non le t) dans aspect, respect, qu'on prononce souvent aussi aspè, respè. Dans porc, on l'articule de plus en plus.

Dans donc, le conserver en commencement de phrase ou devant une voyelle. Exemples dans ffernani :

Donc l'empereur est mort"?

Prends-la donc, et laisse-moi l'honneur.

Mais on dit sans l'articulation :

Voilà do/(c le paîment de l'hospitahlé!

A la fin de certains mots, ne s'articule pas : tabac, escroc, marc.

A la française et non plus comme le ch italien dans violoncelle.

Est un g dans second et ses dérivés. Mais il nous semble mieux de ne pas maintenir cette prononciation dans reine-claude .

Ce s'articule comme deux k dans Bacchiis, peccadille, saccharin, et comme un seul dans accord, accroître, saccager et la plupart des mots. Dans une autre catégorie, le premier c est un k etFautre une s dure : accès, succion.

CH

Dans une épître à leur compatriote Aurélien Scholl, pour lui demander comment ils devaient prononcer son nom, les membres d'un cercle bordelais disaient qu'un schisme s'était créé parmi eux, les uns prononçant s/«o/, les autres skol. Il leur demanda comment ils prononçaient schisme.

Généralement, ch s'articule comme kdans les mots tirés du grec, des langues orientales : Achab, Achmet, archétype, archiépiscopal, archonte, catéchunène, chéiroplère, chélidoine, chélonien, Chersonèse. Des mots très usités font exception, malgré leur origine. Dans Achéron, ch peut se prononcer comme sh ou, plus logiquement, comme k. Pour drachme, l'articulation k est préférable à celle du g dur, qui a vieilli.

Ne compte pas dans almanach.

S'articule à la fin de mots étrangers : Bagdad, talmud,

Dd peut avoir la valeur de deux d : addition, adducteur, Bouddha, reddition.

Cer pour cerfs, vieilli. Mais lydoit rester nulle dans certains mots selon leur emploi : bœufs, bœuf gras; cerf-volant; neuf [9) uni à un nombre suivant: neuf cents, ou, non suivi d'une voyelle, devant son substantif ou l'adjectif de celui-ci : les neuf Muses, les neuf premiers mois; iXeuf-Brisach; œufs, et nulle aussi, mais selon un usage qui disparaît, dans œuf frais, œuf dur. On l'entend parfois dans nerf, synonyme de force : avoir du nerf.

//toujours comme une seule / : affluence.

Pour la clarté, l'articuler dans joug. Il ne nous déplairait pas qu'on en fît autant pour legs, que les livres ordonnent de prononcer le. Inarticulée dans Estaing, orang-outang, seing, sterling, Turcoing.

Comme un g (et non plus comme un c) au commencement de gangrène.

Gg toujours comme un seul g dur, devant une consonne : agglutiner. \)sr\<, Aggée (prophète), se partage en un g dur et en un g doux.

Gn est dur au commencement des mots: Guide (ou Cnide, comme on l'écrit aussi i, gnome, gnomon, gnostidsme, et aussi agnat [ag-na), cognât (cog-na), ignilion, stagnation .

Incognito et agnus dei peuvent entrer dans la même catégorie; mais souvent on les prononce avec le gn doux.

G, enfin, est nul dans signet. Mais, si l'on veut être compris, ne plus prononcer, d'après certains livres, renard pour Regnard.

Lorsqu'elle n'est pas dite muette, il ne s'ensuit pas qu'elle soit perceptible. En français, on ne l'aspire jamais, excepté dans les cris: ha! hé! hi! ho! hue!

L'articulation ordinaire de 1'/ (/?/) est à recommander dans avril, babil, cil, linceul, surtout dans péfHl, tous mots où Ton faisait entendre l'articulation mouillée.

L'articulation ordinaire d'une seule / se produit souvent dans les mots où cette consonne est redoublée : aller, allécher, alliance, allonger, allumer, bellâtre, collège, coller, colline, million.

Dans une autre catégorie de mots, que nous ne pouvons pas non plus prolonger, le son ordinaire de l se fait doublement entendre : alléger, belliqueux, colloque, ellébore, folliculaire, hellénisme, illégal, libeller, millimètre, nullité, osciller, Pallas, rébellion, solliciter, tabellion. Dans scintiller el vaciller, on articule ainsi les deux / ou bien on les mouille.

On a prétendu que, pour prononcer ailleurs avec l'articulation mouillée, il ne fallait dire ni alieur ni ayeur. La vérité, c'est qu'on ne saurait mieux figurer le (//italien, qui était pour nous l'articulation mouillée, qu'au moyen de Vi faible précédé de 17,

A Paris et dans maintes contrées françaises, on n'emploie plus cette articulation. On prononce œil, tailleur, famille : euy\ ta-yeur, fami-ye. Certes, 1'/ vraiment mouillée, comme la mouillent les Méridionaux, devrait plaire à toutes les oreilles. Il n'en est

plus ainsi, et, malgré Littré, il faut se résigner à la pauvre articulation qui la remplace.

Z, enfin, devient nulle dans 6an7, chenil, fournil, coutil, gril, nombril, Fourchambault et tous autres en ault. Cependant, on Tentcnd fréquemment dans baril, nombril, et nous ne blâmons pas les personnes qui prononcent ainsi.

MM

Valeur de deux m articulées dans ammoniaque, Emmanuel, commensal, commisération, commodore, et toujours dans imm initial, depuis immaculé jusqu'à imjnutabililé.

Valeur d'une seule m dans commande, commandite, commissaire, commun, communiquer, nommer, gramme.

Par ces deux listes très abrégées, on peut remarquer que c'est, en général, dans les mots les plus vulgaires que mm a la valeur d'une seule m.

Pour grammaire, on peut choisir la prononciation, pourvu qu'on ne prononce pas, comme jadis : granmaire.

Le tilde [tilda en espagnol) est un signe qui, placé sur Vn, indique qu'on doit la mouiller, la prononcer gn (comme dans régne) : cloha Sol.

Nn s'articule comme deux n dans annexe, annihiler, annuler, Cincinnatus, innomé, Linnée.

Comme une seule n dans anneau, année (mais comme deux n dans annulaire, annuel), annoter, bannir, cannelle, colonne.

S'articule dans contemjJteur, présomptif, rédemption, transept, septénaire, symptôme, partout sauf dans baptismal (et les autres dérivés de baptême), dompter (où l'énergie de la consonne diphtongue conviendrait), promptitude et à la fin de quelques mots qui n'embarrassent personne. On ne le prononce pas dans exempter, sept, septième, et on le prononce dans exemption, septante, septuagénaire. Avec riatzfeld et Darmesteter, donner à ce;j l'utile articulation finale.

Pp toujours comme un seul p : appréhender.

RR

Comme deux?* : errer et tout autre commençant par err; horreur et tout autre commençant par liorr; irréligion et tout autre commençant par irr; occurrence; terreur et autres de même étymologie; torrent, torride ; les futurs et les conditionnels d'acquérir, courir et dérivés, mourir (mais non je pourrai, nous pourrions).

Comme une seule r devant Ve sourd final : barre, guerre, pierre, terre et les dérivés de ces mots; dans les aiT : arracher, narrer (mais non pas narrateur et autres dérivés) ; dans les omît: bourreau, fourrure, courroux.

S Forte (comme dans sec) devant une consonne : es lettres, Lesbos, Lestrygon^, Bellespont, presbytère, Israël, rhumatisme et tout autre en isme.

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