CHAPITRE I PHÉNOMÈNE DE LA VOIX
Un automobiliste qui ne s'intéresserait pas au mécanisme de son véhicule serait doué de bien peu de curiosité. A plus forte raison devons-nous connaître notre appareil vocal, qui non seulement nous sert constamment, mais encore fait partie de nousmêmes.
La voix étant le son qui sort de notre bouche, il nous faut définir le son. C'est l'effet cause sur l'ouïe par les vibrations d'un corps. Faites produire un son à un plateau de cristal où vous aurez semé du sable : tant que durera le son, le sable bougera.
Les instruments de musique sont donc des appareils sur lesquels ou dans lesquels vibre un corps. Dans certains instruments, l'air projeté par l'artiste ou par une soufflerie mécanique concourt à la production du son.
Notre appareil vocal, à nous, se compose : 1° d'un organe à produire le son, le larynx; 2*^ d'un soufflet et d'un porte-vent, les poumons et la trachée-artére; 3'' d'un tuyau vocal, le pharynx, la bouche et le nez.
Le larynx, dont la saillie antérieure n'est autre chose que la pomme d'Adam, forme comme une boîte ouverte
par en haut et par en bas. Une membrane en tapisse les cartilages. Elle se replie, d'avant en arrière, en deux sortes de lèvres qui laissent entre elles une étroite ouverture, la glotte, et portent le nom de cordes vocales. Leur longueur est de 20 à 25 millimètres chez rhomme et de 16 à 20 chez la femme. 11 y en a deux autres un peu au-dessus, relativement sans importance.
Corde vocale! Un terme qui représente assez mal l'objet qu'il désigne. Ne croirait-on pas que nous avons dans le gosier des cordes de harpe? Ferrein proposa cette appellation parce que le son se produit sur ces bourrelets membraneux, qui se tendent pendant la production du son. Leur aspect de bandes blanchâtres et nacrées sur le ton rose du larynx les a fait nommer aussi rubans vocaux.
Une bonne image est celle qui compare le larynx à un chapiteau sur une colonne. La colonne, c'est la trachée-artère. Une vingtaine d'anneaux cartilagineux la constituent. Trachée vient de rpa/ùç, raboteux. Selon quelques étymologistes, aiHèir tire son origine de à-/|p, air.1 et ttjcsTv, conserver. Les anciens anatomistes croyaient que les vaisseaux qui portent le sang du cœur aux autres organes contenaient de l'air : d'oîi le nom d'artère qu'ils ont donné aussi à ces vaisseaux.
La trachée se bifurque en deux tubes de moindre calibre, les bronches, qui se subdivisent en nombreux rameaux. La trachée, les bronches et les ramifications bronchiques dessinent l'arbre respiratoire, qui, de ses deux branches tout entières, plonge clans les poumons.
Les poumons ont à peu près la forme de cônes tranchés de haut en bas, sinuant en lobes et concaves à