PHENOMENE DE LA VOIX
la base. Ils sont d'une matière molle, spongieuse, oii Ton trouve toute la ramure bronchique, les innombrables vésicules qui ont l'air de ses fruits, tout un tissu cellulaire, des vaisseaux et des nerfs.
Quant au pharynx, — placé derrière le larynx et la trachée à partir de la base du crâne jusqu'à l'œsophage, — c'est un assez long carrefour oi^i s'ouvrent, de haut en bas, les fosses nasales, la cavité de la bouche et, — par une soupape, répiglotte, — l'orifice supérieur du larynx.
Des personnes non familiarisées avec le vocabulaire anatomique confondent le larynx avec le pharynx. Le larynx est une petite boîte; le pharynx, un grand canal. Le larynx produit le son; le pharynx le conduit au dehors. Larynx veut dire sifflet; pharynx a, en grec, la même racine que le mot gouffre. Le pharynx est le gouffre par où tout descend dans le corps, air, aliments et boissons.
Voilà donc tous les organes essentiels à la phonation.
Cette production du son, voyons comment elle s'opère.
D'abord, les poumons se dilatent. L'air les remplit, arrivé par le nez et la bouche, par le pharynx et le larynx, par la trachée et les bronches. C'est l'aspiration ou inspiration.
Cet air, les poumons ne peuvent longtemps le contenir. Il s'échappe par les bronches, par la trachée. Les poumons se contractent. L'expiration a commencé.
Elle se continue par le larynx. Si la glotte reste écartée, l'air, passant librement, ne produit aucun son ; le phénomène de la respiration s'accomplit seul. Mais si les cordes vocales, qui forment les bords de
la g-lotte, se rapprochent l'une de l'autre, le son se produit. Pourquoi? Parce que ces bourrelets, qui ont en eux quantité de fibres musculaires, se tendent et vibrent, et parce que l'air, gêné par un obstacle, a, lui aussi, des vibrations.
Il n'est pas superflu d'ajouter qu'entre les fausses cordes vocales et les vraies, les essentielles, se creuse et sincurve de chaque côté un espace, nommé ventricule. Le son s'y renforce. Chez l'une dont on sait la puissance vocale, chez le singe hurleur, ces ventricules sont relativement très vastes.
De tout cela, on se rendrait mieux compte en consultant un ouvrage spécial '.
Mais rien ne vaut les leçons de choses. Grâce au laryngoscope, le mystère du larynx se révèle en partie. C'est un petit miroir au bout d'une tige. On l'introduit au fond d'une bouche, — de sa propre bouche, par exemple, — et l'on voit les fameuses cordes vocales.
Profiter enfin d'un autre moyen d'investigation : disséquer un larynx. Le larynx qui se rapproche le plus du nôtre est celui du porc. IMonselet, qui a chanté 1' « animal roi, cher ange », eût aimé cette assimilation.
1. Le livre du docteur Garnault, Physiologie, hygiène et thérapeutique de la Voix parlée et chantée, nous a été très utile. L'auteur recommande, lui-même, un ouvrage encore plus détaillé qu'il a traduit : la Voix, le Chant et la Parole, par Browne et Behnke.