PREMIER AMOUR
(monologue de PAUL BILHAUD)
Quand vous arrivez, qu'on sente la mélàn-
colie d'un profond souvenir de jeunesse, tout le côté romanesque de la première passion : soyez le plus pâle possible, que vos cheveux soient vaporeux, votre regard chargé d'étincelles romantiques, et votre attitude celle d'un lys penché.
!► J'étais jeune alors et j'aimais !
Dites : j'étais jeune alors et j'aimais ! avec une flamme intérieure.
i68 l'art de dire le monologue
J'aimais comme on n'aima jamais I
C'est effrayant ce que j'aimais ! Soyez bien i83o !
Ou pour mieux dire J'aimais comme on aime à seize ans Lorsque le cœur moins que les sens
Fait qu'on soupire
Que cette première strophe donne bien le ton de personnage de romance que ^ ous allez être dans toute la première partie de ce récit jusqu'à la seconde partie où le terrible drame de la chaussette éclate.
Un petit temps. Faites valoir votre physionomie juvénile et tourmentée.
Elle avait le nez retroussé !
Mettez tout ce que vous avez dans l'âme