‹ L'art de dire [microforme]Chapitre 1 sur 144 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

À ceux qu'intéresse la diction, on peut recommander la lecture d’un grand nombre de traités, publiés à l'étranger.

Nous disons ** à l'étranger ”’, car nous ne connaissons aucune publication un peu marquante de ce genre au pays. Mais, ce qui est singulier et plus surprenant encore, c’est qu'à l'étranger,et même en France, il n'existe guère d'ouvrages qui énoncent,dans un ordre rationnel, complet et pratique, les principes servant à guider l’orateur dans l'exercice de la parole. Les uns sont trop courts ; les autres manquent absolument de méthode ; plusieurs sont des traités spéciaux, qui ne s'adressent qu'à des gens du métier.

Le traité si instructif de Dupont-Vernon, par exemple, est écrit pour des comédiens ; son objet principal est la formation des sujets pour la scène Ce serait le meilleur de tous, s’il y était parlé davantage du geste ; mais la mimique y est presque complètement iunorée.

Les ouvrages de Legouvé ont plutôt pour but de démontrer les avantages d’une bonne diction, que d’en faire connaître les règles. Ce sont des conférences pleines de charme, semées d’anecdotes curieuses, de souvenirs

personnels, mais où les principes de l’art

sont énoncés au hasard du récit, sans ordre, sans méthode. D'ailleurs, Legouvé ne dit rien du geste.

Le livre de l’abbé Bourgain renferme un excellent vocabulaire de prononciation.

Certains autres chapitres sont, aussi, bien faits. Mais l’ensemble manque de méthode, et la partie qui traite du geste est encore trop restreinte.

Giraudet n’a publié que 11 Mimique de Delsarte. Son ouvrage est d’ailleurs des plus recommandables.

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L'abbé Delaumosne à reproduit les admirables enseignements de Delsarte, mais d'une manière très insuffisante.

La Méthode de lecture de Riequier est trop élémentaire.

Le P. Longhaye à émis sur ‘“ l'âme dans le débit ” une théorie philosophique intéressante, Ce n'est pas un traité pratique de l’art oratoire.

Branchereau, Duquesnoiïs, de Sainte-Albine, sont vieux, et leurs écrits ne sont déjà plus consultés.

Cauvet consacre cent pages à la prononclation, et seulement six aux autres parties de la diction.

Langlois-Fréville ne parle guère de lexpression,—cette partie si importante de l'art.

On peut en dire autant du traité de prononclation de Morin, reproduit trop fidèlement dans le Cours de lecture de M. l'abbé Lagacé.

Les auteurs américains, Brown, Lefavre, MacKave, Werner, Shoemaker, Williams et Sullivan, et autres, ont interprété et modifié

à leur fantaisie le système de Delsarte, D’aucuns prétendent qu'ils l'ont défiguré.

Ils ne l'auraient pas même compris. Delsarte n'avait certes pas pensé que son accord de neuvième deviendrait la base du système de physical eulhure, en ce moment si en honneur chez nos voisins.

Encore une fois, dans tous ces ouvrages, il se trouve d'excellentes observations. A peu près tous les principes, même, y sont énoncés, mais dispersés en vingt volumes.

Pour y trouver une méthode complète de l'art de dire, il les faudrait compulser tous, recueillir, ici, une règle, À, un principe, ailleurs, une remarque utile, puis fondre ensemble ces divers 6l6mentset les coordonner,

C'est ce que nous avons tenté de faire,

Avons-nous réussi 7...

Ainsi donc, nous ne prétendons point introduire un nouveau système, Des ouvrages que nous avons eu l’occasion d'étudier, nous avons extrait les éléments d’une théorie généralement acceptée par tous ceux qui en ont écrit et font autorité. Nous avons soigneusement recueilli ces règles énoncées

te. à et par les auteurs, et consacrées par r'é. l'expérience ; nous les avons réunies et gTrou- f |. pêes dans l'oxdre qui leur appartient, et après 4 r'd avoir môlé à cette svnthôse quelques obser- À 1e vations personnelles, nous nous sommes | n- eforcé de rendre, par des exemples, FA de L

[ dire aussi pratique que possible. | 's, | C'est peut-être quelque mérite. Cest le A seul, en tout cas, que nous réclamons, en | it offrant ce volume au publie. | "

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