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nous-en !”?
hd-père aire.
MORCEAUX CHOISIS De ses petits-enfants—c'est moi-—lans un panier ;
Si bien qu'on était trois pour aller à la ville ;
était jour de marché. De façon fort civile, Grand-père, étant un sage, aux femmes du pays Vendait fruits où verdure en son jardin eueillis.
Moi, je gardais la bête, ayant pour me distraire
Sa mangeoire à varnir et cent tours à lui faire.
Nous repartions le soir, de beaux écus tintant
Dans le sac, et parfois grand-père si content
Que les bouchons de houx mettaient l’arzent en danse Et que nous rentrions gris comme l’abondance ;
Le grand-père chantant sur l’âne et l’âne ayant
Son plumet, on eût dit Silène officiant ;
Son brûlot à la bouche, il disait sa ballade,
Pendant qu’au bercement du panier à salade
Je regardais pointer une étoile au ciel bleu,
Croyan& voir s’allumer la pipe du bon Dieu.
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Grand-père et Paysan s’aimaient. C'était merveille De voir, quand l’homme entrait, l’âne dresser l'oreille, Et, pour qu'il le baisât, ten lre un bec langoureux. L'aieu! disait, parlant de Paysan : Nous deux.
Bien qu’au bacul de l’âne on vit du temps l’usure, Toujours prêt au labeur, sans refus, sans mesure,
Il avait l’air de dire en ses yeux indulgents :
‘# Nature m'a produit pour aider pauvres gens.”
Sobre et cons’ nt, c’est tout le stoïque. Grand-père, Très fier de ses vertus, attestuit : ‘ C’est mon frère ! Il ra sauvé ! C'était un soir, dans les grands froids ; Un loup qui nous suivait, me flairant gris, je crois, S’approcha, me voyant prêt à choir de la bête ;
Une ruade lui mit les dents hors de la tête ! ??
Que l’âne fût parent de l’homme en cheveux blancs, J’y croyais, les trouvant même entre eux ressemblants Par la tête placide à la terre inclinée,
La routinière allure, endurante, obstinée,
La narine, sagace et narquoise, et l’œil bleu,
Came comme le train des choses, mais un peu
Plus noir, faute de pleurs, chez l'âne, —et voilé, comme S'il enfermait un plus grand mystère que l’homme.
Grand-père avait ainsi pour ombre à son côté Son âne. Mais il n’est bonne société
Qui ne se quitte enfin. Par une nuit d'automne, L’aïeul, honnétement, sans déranger personne, Ayant fait son paquet dès longtemps, s’en alla. Son compère, un ancien, le fossoyeur, vint là ; Et l’Âne, qui passait, le vit par la fenètre
Dans la bière coucher et clouer son vieux maître.
Mes quatre grands cousins portaient le cercueil. Moi, Je suivais. Pas beaucoup de voisins au convoi,
Car on battait le ban des vendanges. L'église S'ouvrit, triste, ct le long de la muraille grise
On s’aligna ; l’Amen répondit aux sanglots.
Par moments on voyait passer des chariots,
La porte sur la rue étant restée ouverte, Et le soleil au loin dorait la vigne verte.
Voilà que soudain, comme on était là, pleurant, On entendit un cri farouche et déchirant,
Plus qu’humain, tel qu’en peut seule râler la bête, Et l’on vit Paysan entrer, tendant la tête,
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