‹ L'art de dire [microforme]Chapitre 126 sur 144 · VOIX DE LA VAGUE · texte numérisé non relu

VOIX DE LA VAGUE

Depuis deux jours, sur ses rivages,

Avec des aboîments sauvages,

La mer pousse ses flots hurlants :

Ils arrivent de loin, se pressent,

Se cabrent, menacants, et dressent

Sur leurs cous glauques leurs erins blancs.

Puis, par grandes files, sans trêves, A l’assaut des rocs et des grèves

Ils courent sous le fouet du vent, S’élancent, furieux, s’écroulent En retombant sur ceux qui roulent (b Et les ramènent en avant.

| Et de là montent des vacarmes Tels, que si deux peuples en armes S'entre-choquaient en un champ clos, Il jaillirait vers les nuées

Moins de clameurs et de huées,

De blasphèmes et de sanglots......

JURT,

Et moi, qui supplie À toute heure Tout ce qui chante, crie ou pleure Dans l'orchestre de l’univers,

De parler à voix haute et claire, Je dis à la vague en colère :

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