VOIX DE LA VAGUE
Depuis deux jours, sur ses rivages,
Avec des aboîments sauvages,
La mer pousse ses flots hurlants :
Ils arrivent de loin, se pressent,
Se cabrent, menacants, et dressent
Sur leurs cous glauques leurs erins blancs.
Puis, par grandes files, sans trêves, A l’assaut des rocs et des grèves
Ils courent sous le fouet du vent, S’élancent, furieux, s’écroulent En retombant sur ceux qui roulent (b Et les ramènent en avant.
| Et de là montent des vacarmes Tels, que si deux peuples en armes S'entre-choquaient en un champ clos, Il jaillirait vers les nuées
Moins de clameurs et de huées,
De blasphèmes et de sanglots......
JURT,
Et moi, qui supplie À toute heure Tout ce qui chante, crie ou pleure Dans l'orchestre de l’univers,
De parler à voix haute et claire, Je dis à la vague en colère :