‹ L'art de dire [microforme]Chapitre 50 sur 144 · RACINE, LES YEUX · texte numérisé non relu

RACINE, LES YEUX

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux, Des yeux sans nombre ont vu l’aurore :

Ïls dorment au fond des tombeaux,

Et le soleil se lève encore.

Les nuits, pius douces que les jours, Ont enchanté des yeux sans nombre ; Les étoiles brillent toujours,

Et les yeux se sont remplis d'ombre.

Oh !'qu’'ils a: à1t perdu le regard ?.....

Non, non, cela n’est pas possible :

Ils se sont tournés quelque part,

Vers ce qu’on nomme l’invisible ;

Et comme les astres penchants

Nous quittent, mais au ciel demeurent, Les prunelles ont leurs couchants, Mais il n’est pas vrai qu’elles meurent !

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,

Ouverts à quelque immense aurore,

De l’autre côté des tombeaux,

Les yeux qu’on ferme voient encore.

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