CHAPITRE PREMIER
L'unité
Certains orateurs ont contracté la fàcheuse habitude de faire presque autant de gestes qu’ils prononcent de mots. Il semble, à les voir, que l'éloquence du corps consiste à agiter les bras et la tête, à tort et à travers, dans une suite ininterrompue de mouvements qui n’ont pas de sens.
Cette mimique exubérante, loin de donner de
ia force au discours, est plutôt une source de faiblesse, et l’on ne saurait s’appliquer avec trop de soin à en réprimer l’abondance.
Nous avons appris, dans l'étude des inflexions, à ne tenir aucun compte des mots, et à nous préoccuper uniquement de rendre le sens intime de la phrase.
Il n’en est pas autrement pour le geste.
Le geste traduit aux yeux l’idée et le sentiment. Or, l’idée et le sentiment ne sont pas dispersés sur les mots, mais résident dans l'intention. C’est dire assez clairement qu’un seul geste suffit à l'expression d’un sentiment ou d’une idée, si longue, si compliquée que suit la phrase. Ajoutons
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