‹ L'art de dire: traité de lecture et de récitationChapitre 24 sur 73 · JOAD · texte numérisé non relu

JOAD

O mon fils, de ce nom j'ose encor voua nommer, Souffrez cette tendresse, et pardonnez aux larmes Que m'arrachent pour vous de trop justes alarmes Loin du trône nourri, de ce fatal honneur, Hélas î vous ignorez le charme empoisonneur ; De l'absolu pouvoir vous ignorez l'ivresse, Et des lâches flatteurs la voix enchanteresse. Bientôt ils vous diront que les plus saintes lois. Maîtresses du vil peuple, obéissent aux rois ; •Qu'un roi n'a d'autre frein que sa volonté môme ; Qu'il «doit immoler tout à sa grandeur suprême ; Qu'aux larmes, au travail, le peuple est condamné. Et d'un sceptre de fer veut être gouverné ; Que, s'il n'est opprimé, tôt ou tard il opprime. Ainsi, de piège en piège, et d'abîme en abîme, Corrompant de vos mœurs l'aimable pureté.

Ils vous feront enfin haïr la vérité.

Vous peindront la vertu sous une affreuse image. Hélas ! ils ont des rois égaré le plus sage.

Promettez sur ce livre, et devant ces témoins,

Que Dieu fera toujours le premier de vos soins, Que, sévère aux méchants, et des bons le refujje, Entre le pauvre et vous vous prendrez Dieu pour juge , Vous souvenant, mon lils, que, caché sous ce lin, Comme eux vous fûtes pauvre, et comme eux orphelin.

Ra( rxE.

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