LES RELIEURS
était un ouvrier habile qui fut membre de la Commune comme Varlin, également ouvrier relieur. Je croisquç M. Clémence se serait illustré dans son art^ s'il s'y était adonné avec amour ; mais la politique et ses exigences se concilient mal avec les nervures, les petits fers et les plats à filets. Presque tous les bons relieurs ont été ouvriers et cela est nécessaire comme pour les maîtres imprimeurs. On ne mène jamais bien un atelier où le tour de main et le goût jouent un grand rôle, si on n'a pas travaillé soi-même. L'imprimeur qui montre aujourd'hui le plus de goût pour les illustrations, M. Motteroz, a été ouvrier et s'en fait gloire. M. Motteroz est du reste un des rares imprimeurs de Paris dont on puisse relier les livres sur papier ordinaire dès le lendemain de leur impression.
Généralement les imprimeurs chargent leurs formes d'une encre épaisse qui donne sur le moment plus d'aspect au caractère; seulement dès le lendemain, ce brillant aspect macule la feuille voisine et lorsque pour le relier on passe
le livre au battage ou au laminoir, deux pages n'en font plus qu'une et il s'en suit un gribouillis tout à fait désagréable. U est de règle de ne faire relier un volume que lorsqu'il est complètement séché; ce dont on peut s'assurer en plaçant une feuille de papier blanc sur une page, puis en frottant avec le dos de l'ongle, ou un couteau à papier. Si le livre est reliable, la feuille blanche sort intacte de cette épreuve. Pour les papiers de Chine, le sec s'opère instantanément ; pour les papiers ordinaires en quelques mois; pour les vergés de Hollande ou autres, il faut souvent quatre ans et parfois davantage.
Quelques amateurs riches adoptent pour leur bibliothèque une reliure absolument uniforme. Ils ne varient même pas les couleurs suivant les catégories d'ouvrages. C'est un bon et beau système; mais s'ils sont logiques, ils doivent faire casser les volumes anciens qu'ils achètent reliés, afin de les réhabiller après à leur mode particulière. Qjiant à moi, si j'ad-