PHYSIQUE
L'infra-électricité et la photographie à la lumière noire P) .
Dans une précédente note (3), nous avons exposé les considérations qui nous ont porté à admettre que lorsqu'un rayon éthéré est reçu par la surface d'un corps, il communique à l'éther condensé sur cette surface ou sur la surface des molécules considérées individuellement, un mouvement de vibration sur place, auquel seraient dues toutes les manifestations électriques.
Cette hypothèse entraîne immédiatement cette conséquence que la qualité de l'électricité, de même que la qualité ou la couleur de la lumière, doit dépendre du temps de ces vibrations. Nous verrons donc, à côté des phénomènes désignés sous le nom de thermochrose, de couleur et d'actinochrose, se placer des phénomènes d'électrochrose. Ils se produisent d'une manière très marquée si l'on compare, par exemple, l'aigrette ou la décharge d'une machine de Holtz à l'aigrette ou à la décharge d'une dynamo.
(t) Extrait des Archives de médecine navale et coloniale.
(2) Le remarquable travail que nous publions aujourd'hui est ilù à M. P. de Heen, professeur de physique à l'Université do Liège et membre de l'Académie royale de Belgique; il a 'i tbord paru dans le Bulletin de cette Académie.
(3) llull. de l'Acad. ro'j. de Belgique, 3' série, t. XXXI, p. 458,
Nous avons encore constaté ce fait curieux : l'impression directe de l'électricité, qui esl représentée par la planche de noire dernière aote, reproduil les moindres irrégularités de la feuille d'étain avec une linesse remar quable. Si, pour déterminer le courant d'induction delà bobine, on l'ait usage de piles au bichromate, on obtient , de plus, dans ces conditions, des aigrettes et des étincelles très déliées. Si, au contraire, on fait usage de l'électricité fournie parla ville de Liège, pour la production de laquelle on utilise les dynamos, les résultats photographiques obtenus dans les mêmes ou dans d'autres conditions de tension sont absolument informes.
Les propriétés de l'électricité variant avec le temps de vibration, nous pouvons concevoir l'existence de l'infraélectricité, au môme titre que celle de V infra-rouge. Kl le serait caractérisée par des temps de vibration relativement longs. L'ultra-électricilé serait caractérisée par des temps de vibration plus courts que ceux qui correspondent au phénomène de l'électricité proprement dite. Cela étant, nous pouvons admettre, avec un grand degré de probabilité, les deux propositions suivantes, qui nous donnent la clef de plusieurs phénomènes :
a) Les corps conduisent d'autant mieux l'électricité que celle-ci correspond à un temps de vibration plus grand. L'infra-électricité est conduite par tous les corps, sauf par les gaz très raréfiés, qui offrent une certaine résistance à son passage. L'électricité fournie par les machines qui produisent l'électricité statique se perd plus facilement que celle produite par les piles et par les aimants, par cela que le temps de vibration est dans ce dernier cas plus petit.
6) Lorsqu'un rayon d'un temps de vibration déterminé tombe sur un conducteur chargé, il enraye toujours la vibration électrique de celui-ci ; si cette dernière vibration correspond à un temps plus long, le rayon tend à charger ce conducteur de l'électricité qui correspond à son propre temps de vibration.
En résumé, les radiations qui sont représentées par le spectre calorifique cl lumineux jusqu'au violet déterminent la production de l'infra-électricité. Les phénomènes électriques paraissent déjà correspondre à certaines radiations du violet, et le phénomène ultra-éleetrique à la radiation ànticathodique.
Si nous admettons ces considérations, le radiomètre n'est probablement autre chose qu'un tourniquet infraélectrique. La face de la palette recouverte de noir de fumée, recevant à chaque instant une charge plus forte d'infra-électricité, la perd en plus grande abondance dans le gaz ambiant très raréfié, qui offre une certaine résistance à la déperdition. La réaction due à l'écoulement ultra-électrique détermine la rotation.
11 est assez curieux do remarquer que, pour transformer le radiomètre en tourniquet électrique proprement dit, il suffit de le placer entre les deux pôles d'une machine de lloltz. Si l'on opère à la lumière, on voit le ra-