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OCTOBRE

MATHÉMATIQUES. — M. Darboux présente une note de M. Etienne Delassus sur les systèmes algébriques et leurs relations avec certains systèmes aux dérivées partielles.

ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Dans de récentes communications (1895 et 1890), M. Emile liorcl avait donné une théorie de la sommation des séries divergentes; aujourd'hui il adresse une note sur la région de sommabilité d'un développement de Taylor, note dans laquelle il suppose qu'on se serve uniquement, pour la sommation, de îa fonction entière e », sans utiliser les généralisations qu'il a précédemment indiquées.

CHIMIE. — Sur l'homogénéité de l'argon et de l'hélium. — Dans une nouvelle note, MM. W. Ramsay et J. JV. Collie rectifient certaine erreur qu'ils avaient commise dans leur communication du 27 juillet dernier sur le même sujet. Ils avaient, en effet, supposé que, lorsqu'on soumet à la diffusion un mélange de deux gaz, on ne réussit pas à les obtenir tous deux dans un état de pureté, mais qu'il reste toujours un mélange, d'un côté, des deux gaz dans certaines proportions, selon leurs densités. Il est vrai que lorsqu'on prend un mélange d'une partie d'hydrogène avec quatre parties d'oxygène, les deux gaz passent à travers les parois perméables, de sorte que des quantités égales des deux gaz passent dans le même temps. Mais^ MM. Ramsay et Collie font remarquer aujourd'hui que ce fait n'empêche pas leur séparation au moyen de la diffusion. Les densités calculées pour les diverses fractions de l'hélium ne sont pas, pour cette raison, crlles qu'ils avaient mentionnées; au contraire, la

densité du gaz le plus lourd doit être 2,133 et celle du plus léger 1,874.

Cette erreur des deux expérimentateurs ne présente pas d'importance quant aux données expérimentales qu'ils ont citées dans leur note. Il reste toujours ce fait qu'ils ont réussi à séparer l'hélium en deux parties.

CHIMIE INDUSTRIELLE. — M. Balland a étudié plusieurs variétés de fèves (fèves d'Artois, de Bourgogne, de Bresse, de Lorraine, de Vendée, du midi delà Fiance, de Kœnigsberg, d'Egypte, de Tunisie et d'Algérie) et a constaté les faits suivants :

1° Ces diverses variétés diffèrent au premier abord par la forme, la nuance et le poids ; sous ce dernier rapport, les fèves du Midi sont les plus lourdes, celles de Kœnigsberg sont les plus légères.

2° L'amande, y compris l'embryon, est dans la proportion de 846',60 à 88Er,40 p. 100; l'enveloppe est représentée par llsr,60 à 15^40, et les germes seuls par lsr,a0 à l*r,7.ï p. 100. Enfin, 100 germes pèsent 2*r,78 a 3sr,60. '

3° La composition des enveloppes est assez uniforme. Il n'y a pas d'amidon. Les matières de nature cellulosique dominent, elles sont accompagnées de matières tanniques et de matières colorantes, qui prennent une belle teinte rouge, lorsqu'on traite les enveloppes par l'acide chlorhydrique dilué pour en effectuer le dosage du ligneux (cellulose résistante).

4° Les germes sont presque aussi azotés que les germes de blé, mais bien moins riches qu'eux en matières grasses.

a0 Les grosses fèves plates, chez lesquelles l'enveloppe est généralement en proportion plus élevée que dans les petites fèves, sont aussi moins azotées.

0° La fève, surtout après décortication, représente une denrée alimentaire des plus azotées. Sa valeur nutritive est d'ailleurs établie depuis longtemps. Pline rapporte que les peuples du nord de l'Italie en faisaient le plus grand usage et la mêlaient à tout ce qu'ils mangeaient : faba sine qua nihil con/iciiint (i).

7° La préférence donnée en France à la fève d'Egypte (2) par les fabricants de farines de fève et de fèves décortiquées est justifiée par l'état de siccité de cette denrée, sa richesse en azote, sa forme qui se prête bien à la décortication mécanique, et aussi par l'absence de plus en plus remarquée, sur les grands marchés, des fèves de Bourgogne, de Bresse et de Lorraine.

THERMOCHIMIE. — Propriétés explosives de l'acétylène. — L'importance industrielle acquise récemment par l'acétylène dans l'éclairage a engagé MM. Berlkelot et Vieille à rechercher les conditions précises dans lesquelles ses propriétés explosives étaient susceptibles de se manifester, et, par conséquent, à signaler les précautions que réclame son emploi pour la pratique.

Voici quelques-uns des résultats de ces importantes recherches :

1° Sous la pression atmosphérique et à pression constante, l'acétylène ne propage pas, à une distance notable, la décomposition provoquée en un de ses points. .Ni l'étincelle, ni la présence d'un point en ignition, ni même l'amorce au fulminate, n'exercent d'action, au delà du voisinage de la région soumise directement à réchauffement ou à la compression . Mais il en est tout autrement dès que la condensation du gaz est accrue et sous des pressions supérieures à deux atmosphères. L'acé-

(1) Pline, Hist. nat., lib. XVIII.

(2) Sur 28241 456 kilos de fèves importées en France, en 1895, il en est venu 23 630 575 kilos.

ACADÉMIE DES SCIENCES DE PARIS

tylène manifeste alors les propriétés ordinaires des mélanges tonnants.

•j" MM. Borthelol el Vieille donnent dans an tableau les pressions el les durées do réaction observées lors de [inflammation de l'acétylène gazeux au moyen d'un lil métallique rougi au sein de la masse gazeuse, sous diverses pressions initiales, et fonl remarquer que, après la réaction, on trouve l'éprouvette remplie d'un charbon pulvérulent et volumineux, sorte de suie légèrement agglomérée; quant au gaz provenant de la [décomposition, il est Formé d'hydrogène pur.

3° La réaction se propage également bien dans l'acétylène liquide, même en opérant par simple ignition, au moyen d'un fil métallique incandescent.

i" Des récipients en acier, de un litre environ, chargés les uns d'acétylène gazeux comprimé à 10 atmosphères, les autres d'acétylène liquide, à la densité de chargement 0,3 (300 grammes au litre ont été soumis au choc obtenu soit par la chute libre du récipient, soit par l'écrasement au moyen d'un mouton, les effets produits ont été les suivants : a, la chute réitérée des récipients tombant d'une hauteur de 6 mètres sur une enclume en acier de grande masse n'a donné lieu a aucune explosion ; 6, l'écrasement des mêmes récipients, sous un mouton de 280 kilos tombant de 6 mètres de hauteur, n'a produit ni explosion ni inflammation dans le cas de l'acétylène gazeux comprimé à 10 atmosphères; pour l'acétylène liquide, le choc a été suivi à un faible intervalle d'une explosion. Ce phénomène paraît attribuable, non à l'acétylène pur, mais à l'intlammalion du mélange tonnant d'acétylène et d'air, formé dans l'instant qui suit la rupture du récipient. L'inilammation est déterminée sans doute par les étincelles que produit la friction des pièces métalliques projetées; c, une bouteille en fer forgé, chargée d'acétylène gazeux comprimé à 10 atmosphères, a subi également sans explosion le choc d'une balle animée d'une vitesse suffisante pour perforer la paroi antérieure et déprimer la seconde paroi; d, une bouteille de fer, chargée d'acétylène liquide et munie d'une douille mince, permettant d'introduire une amorce de 1E|',S de fulminate de mercure, au milieu du liquide, a détoné avec violence, par l'inflammation de l'amorce. La fragmentation de la bouteille présentait les caractères observés dans l'emploi des explosifs proprement dits.

Quant aux effets calorifiques, MM. Berthelot et Vieille signalent plusieurs causes d'élévation de température locale dans les opérations industrielles de préparation ou d'emploi de l'acétylène. La première résulte de l'attaque du carbure de calcium en excès par de petites quantités d'eau. D'autres causes de danger, dans les opérations industrielles, peuvent résulter des phénomènes de compression brusque, lors du chargement des réservoirs du gaz, ainsi que des phénomènes de compression adiabatique, qui accompagnent l'ouverture brusque d'un récipient d'acétylène sur un détendeur, ou sur tout autre réservoir de faible capacité. Un choc brusque, dû à une cause extérieure capable de "rompre une bouteille, ne parait pas de nature à déterminer directement l'explosion de l'acétylène. Mais la friction des fragments métalliques les uns contre les autres, ou contre les objets extérieurs, est susceptible d'enflammer le mélange tonnanl , constitué par l'acétylène el l'air, mélange formé conséi activement à la rupture du récipient.

En résumé', tout en signalant lesaccidents qui peuvent se produire dans les conditions de l'emploi de l'acétylène, MM. Berthelot et Vieille ont soin d'ajouter que ces inconvénients ne sont pas, à leurs yeux, «le nature à compen-

ser les avantages que présente cette matière éclairante el à en limiter l'usage, il est facile, en effet, disent-ils, de parer à ces risques par des dispositions convenables, telles que, d'une part., l'opérateur évite un écoulement trop brusque du gaz comprimé au travers des détendeurs, et que, d'autre pari, il prenne soin de faire absorber à mesure la chaleur produite par 1rs compressions et réactions intérieures des appareils, de façon à y prévenir toute élévation notable de température.

PALEONTOLOGIE. — Sur un nouveau singe fossile, le Nesopithecus Roberti. — M. Albert Gaudry montre à l'Académie dis pièces i'ossilrs 1res intéressantes rapportées par M. Forsyth Major, de Madagascar, où il a fait, pendant deux ans, des recherches de paléontologie et de zoologie. Il s'agit des mâchoires d'un vrai singe, trouvées dans les couches à .Fpyornis. On avait déjà signalé à Madagascar plusieurs débris de Lémuriens et notamment d'une très grande espèce que M. Forsyth Major avait appelée Megaladapis; mais on n'y avait rencontré aucun débris de vrai singe, et l'on n'avait pas de motif de s'attendre à en découvrir.

Les pièces mises sous les yeux de l'Académie indiquent un singe grand comme l'homme, avec des molaires qui rappellent les Mésopithèques et les Semnopithèques. Elles offrent la singulière particularité de ressembler aux dents des singes de l'ancien monde par leur forme et aux dents des singes du nouveau monde par leur nombre. M. Forsyth Major inscrit le singe de Madagascar sous le nom de Nesopilhecus Roberti; le nom de genre signilie singe insulaire et celui d'espèce est proposé en l'honneur d'un jeune Français, M. Robert, qui a secondé le savant paléontologiste anglais dans ses fouilles à Madagascar.

M. (jaudry ajoute que l'exploration des régions australes commence à apporter à la géologie de curieuses révélations.

GÉOLOGIE. — M. le général Vénukoff' fait connaître les importants résultats des recherches de charbon minéral entreprises récemment en Sibérie par ordre du gouvernement russe.

La construction du grand chemin de fer transsibérien, qui se fait aux frais de l'État russe et sous la direction d'un Comité que l'empereur Nicolas préside personnellement, est accompagnée de plusieurs missions scientifiques : topographiques, géologiques, statistiques et autres. On veut non seulement établir une voie ferrée de 7 60.1 kilomètres de longueur, mais aussi peupler les provinces qu'elle traverse. Les recherches géologiques ont une importance particulière, car il s'agit de garantir au chemin de fer les dépôts de matières combustibles (charbon, naphte, bois) qui ne se trouvent pas partout. Jusqu'àlafinde 1893, on a déjàdécouvert et décrit cinquantequatre groupes de mines de charbon ou de lignite, qui peuvent être exploités au profit du chemin de fer : cela donne en moyenne un dépôt naturel do combustible sur 140 kilomètres de rails, ce qui est suffisant. Mais la distribution de ces dépôts dans le pays n'est pas régulière. Dans la Sibérie occidentale, entre l'Oural et l'Altaï, il n'y apas de mines de charbon ni de naphte, et le bois est, assez rare. Quant à la distance entre l'Oural et l'Altaï, le long du chemin de fer, elle est égale à I 130 kilomètres, ce qui dépasse la distance entre la Manche et la Méditerranée : il faut donc chercher du charbon.

Le Comité directeur l'a bien compris et a organisé les recherches sur une vaste échelle. Pendant l'année 1896 seule, il a ouvert aux ingénieurs des mines un crédit de

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500000 francs (125 000 roubles) pour la continuation de leurs recherches. Les explorateurs ont pénétré jusqu'aux bords de la mer d'Okhotsk, où ils ont trouvé non seulement du charbon, mais aussi de l'or, dont l'exploitation attirera sans doute des colons.

M. Vénukoff énunière les principaux groupes de mines de houille qu'on a déjà trouvés dans la région de la Sibérie traversée par le chemin de fer, c'est-à-dire : 1° dans les steppes de Kirghiz; 2° dans l'Altaï; 3° dans le bassin de l'iénisséi ; 4° des deux côtés du Baïkal; o° au delà du Yanoblovoï-Ivhrébète; aux sources de l'Amour et de ses affluents supérieurs ; 6° dans les vallées de l'Amour et de plusieurs de ses affluents.

PHYSIOLOGIE EXPÉRIMENTALE. — Sur la sérothérapie antistaphylococcique. — De l'étude expérimentale des staphylocoques, qu'il poursuit depuis un an dans le laboratoire du professeur Mairet, M. Capman croit pouvoir déjà tirer les conclusions suivantes, au point de vue de la sérothérapie contre ces microbes.

Les staphylocoques, ensemencés dans du bouillon de bœuf peptonisé à 1 p. 100 et légèrement alcalin, et maintenus à l'étuve à 37° pendant quinze à vingt jours, en culture aérobie, donnent leur maximum de produits toxiques. La virulence du microbe s'atténuant assez rapidement dans les cultures successives, il faut avoir soin de le régénérer de temps en temps en le faisant passer par l'animal le plus sensible. L'ordre décroissant de cette sensibilité est le suivant : lapin, cobaye, pigeon, chien. Malgré un nombre très considérable de passages (l'auteur en a fait plus de 150 en série continue), on ne peut pas arriver à obtenir, avec les staphylocoques, une virulence comparable à celle que possèdent souvent d'emblée d'autres microbes, tels que le bacille diphtérique, le streptocoque ou le bacille du tétanos.

Pour la préparation des toxines, après avoir essayé les divers procédés connus ^filtration, chauffage, précipitation par les agents chimiques), il a donné la préférence à la filtration par la bougie Cuamberland. Il faut employer de ces toxines des doses relativement élevées pour tuer les animaux en vingt-quatre heures. Mais leurs effets toxiques se manifestent môme pour des doses très petites et inoculées sous la peau ; les lapins, en particulier, s'ils ne succombent pas à un empoisonnement aigu, ne tardent pas à mourir de cachexie. On peut reproduire avec les toxines la plupart des manifestations morbides que provoquent les microbes (œdème, suppuration, nécrose, septicémie, cachexie).

L'immunisation des animaux est en rapport avec la quantité totale de toxine injectée. Il faut beaucoup de temps et beaucoup de toxine pour la réaliser à un degré suffisant, mais elle n'en est que plus stable.

Le sérum des chiens ain-i immunisés possède des propriétés bact< •-!< id ttitoxiques plus ou moins actives suivant le degrù de la vaccination. Mais une condition essentiel'., non seulement de son efficacité mais même de son ii, est de ne pas l'extraire trop tôt : il convient d'attendre que la toxine ait pu être complètement digérée, sinon l'on s'expose à recueillir un sérum encore toxique. Fait curieux, et dont M. Capman affirme l'authenticité, ce sérum trop tôt recueilli peut même se trouver plus toxique que la toxine injectée. Tout porte à penser que cet accroissement temporaire de toxicité est dû à une réaction particulière du foie.

L'auteur saigne donc l'animal de quinze jours à trois semaines après le retour de la température normale. A ce moment le sérum a cessé d'être dangereux, et il est

devenu efficace. Son efficacité thérapeutique est incontestable, qu'on l'injecte comme préventif ou comme curatif, contre la culture ou contre la toxine. Naturellement, sa puissance d'action, c'est-à-dire les doses à employer, varient avec les conditions dans lesquelles on l'applique; il faut, pour prévenir l'infection, une dose moindre que pour la guérir; la toxine est plus facilement annihilée que la culture; l'infection sanguine d'emblée réclame des doses plus massives que n'en exigent les lésions locales; enfin, la dose varie avec la virulence du microbe employé, et avec la race, l'âge et l'état de santé antérieur des animaux mis en expérience.

PATHOLOGIE GÉNÉRALE. — Sur le pouvoir pathogène du Proteus vulgaris chez l'homme, sa virulence et ses propriétés agglomérantes. — Dans le groupe des types microbiens décrits par les bactériologistes sous le nom de Proteus, le Proteus dit vulgaris paraît jouer le rôle le plus important dans la pathologie humaine. MM.LanncIonguc et Achard l'ont rencontré deux fois dans la méningite putride et deux fois dans des abcès mastoïdiens. La virulence de ce microbe est assez grande pour qu'ils aient pu déterminer expérimentalement chez les animaux des phlegmons gangreneux, de la péritonite, des ostéomyélites, etc., tout comme chez l'homme.

Le Proteus vulgaris tue par les produits toxiques et n'amène des lésions localisées que lorsqu'il est associé à d'autres microbes. Injecté dans le sang des animaux, il est détruit par les phagocythes. Enfin, et c'est là un fait nouveau et important, il subit dans le sérum provenant d'animaux immunisés le curieux phénomène de l'agglutination. Cette action agglomérante qui ne se montre que du troisième au quatrième jour après l'inoculation et qui persiste même après la mort, pendant la putréfaction, peut servir à faire le diagnostic, chez l'homme, d'une infection protéo-bacillaire par le Proteus vulgaris.

PATHOLOGIE MÉDICALE. — M. B. Bouktëicff adresse une réclamation de priorité au sujet de la communication de MM. Hinet et Courtier sur la névropsychose.

11 joint à sa note quelques observations relatives à l'action des rayons X sur les microbes et les maladies infectieuses.

E. Rivière.

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Projection sur le terminateur de Mars. — Le 28 août, à 4"45m du matin, M. M'. J. Hussey, astronome à l'Observatoire Lick, a remarqué une brillante projection sur le terminateur de Mars.

Les coordonnées de cette projection sont: longitude, 275° ; latitude australe, 50°, ce qui la place dans la région blanche appelée la Chersonèse dans la carte de la planète Mars dressée par Schiaparelli.

L'éclipsé de soleil du 9 août 1896. — M. Gcelmuydtn, astronome de l'Observatoire de Christiania, donne dans Astronomische Nachrichten (n° 3 378) quelques notes sur cette éclipse. Nous en extrayons ce qui suit :

Un jeune étudiant, M. Lous, a observé l'éclipsé aux environs de Bodô. Il se trouvait au sommet de la montagne Hegmotind (latitude, 67°25'; longitude, 14°'58'E.de Greenwich; altitude, 500 mètres).

Le ciel était parfaitement pur, mais la mer était cou-

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\rrii' de brouillard jusqu'à plusieurs kilomètres de La

ôte

Ivant la totalité, M. Lous fixa son attention sur l'arrivée de l'ombre: il en a remarqué d'abord La descente dans L'air, puis la marche sur 1rs quelques kilomètres de terre i|ui le séparaient de la côte. Mais la rapidité de ce phénomène fui telle qu'il n'en pul évaluer La durée.

Immédiatement après la totalité, cel observateur examina le soleil éclipsé avec une petite lunette de Plôssl de 26 millimètres d'ouverture grossissant quatorze fois; puis il lit do mémoire une esquisse de la couronne. Voici la description de cette figure, en comptant les angles du poinl du bord supérieur coupé par le cerclé de déclinaison du centre, et dans le sens ordinaire.

De 350° à 50° et autour de ISO", la largeur de la counome était de lti'.

De 50° à 130° ou 140°, elle allait jusqu'à 30', partagée en deux parties par une coupure radiale dirigée vers la couronne intérieure à environ 80° ou 90° de longitude.

De '280° à 330°, on distinguait deux aigrettes réunies vers leurs bases à peu près à 310°, et toutes les deux effilées dans les parties extérieures. La plus grande extension de l'une était de 36' entre 290° et 300° ; celle de l'autre, qui s'élevait presque verticalement atteignait 30' entre 330° et 340°.

On apercevait trois protubérances rouges aux longitudes de 75", 100° et 280°; la dernière était visible à l'œil nu.

Il est bien entendu que ces nombres ne sont qu'approximatifs. La hauteur du soleil était de 7°43'.

Le ciel était couvert à Christiania où l'éclipsé commençait avant le lever du soleil. Cet astre, visible à travers les nuages avant le dernier contact, disparut, bientôt.

Fluorescence des vapeurs de sodium et de potassium. — MM. Wiedemann et Schmidt publient, dans les Annalcn der Pftysik und Chemie, les résultats de leurs recherches sur la fluorescence des vapeurs de sodium et de potassium.

Cette Uuorescence est très marquée, le sodium donnant une lueur verte et le potassium une lueur rouge. Le spectre fourni par ces vapeurs sous l'influence des décharges électriques, paraît correspondre au spectre des fluorescences et la règle deStokes s'explique comme dans les autres cas de fluorescence.

Cette fluorescence des vapeurs métalliques pourrait jeter un jour nouveau sur la nature restée obscure jusqu'ici de certaines fluorescences astro-physiques.

Mœurs carnivores des guêpes. — Personne n'aime les guêpes, et personne encore n'a trouvé dans leur caractère un trait capable de les réhabiliter aux yeux du public. Un naturaliste irlandais, cité par Nature, a pourtant fait récemment une observation qui sera de nature à faire juger plus favorablement cet hyménoptère, malgré ses méfaits. 11 a remarqué un jour beaucoup de guêpes qui bourdonnaient autour d'une vache. Regardant de plus près, pour voir ce que pouvaient bien faire ces guêpes, il vit qu'elles ne s'attaquaient nullement à la lu, niais qu'elles guettaient les mouches, et à mesure ue celles-ci se posaient sur le quadrupède, s'élançaient -m elles et s'en empalaient. Cédait une chasse aux mouches organisée.

lue fois lamouche saisie, la guêpe lui enlevait les deux ailes, et parfois la tête ou quelques pattes, puis l'emportait avec elle, probablement pour l'offrir aux jeunes encore logées au nid. 11 était facile de distinguer les deux vols, celui des guêpes qui portaient leur proie au nid, et celui des guêpes qui revenaient du nid vers les vaches,

pour faire de nouvelles provisions, l les vaches, de

couleur blanche, était particulièrement l'objet des attentions des guêpes : les mouches, posées sur celle-ci, étant évidemment plus faciles à apercevoir que sur les vaches de couleur sombre. L'observateur évalueà 300 ou 400 le nombre de mou. lie-, qui ont pu être tuées de la sorte par les guêpes pendant les vingt minutes qu'il a passées à observer ce curieux manège. M n'y a pas à douter de l'exactitude de L'observation, et nous serions fort enclins à reconnaître quelque utilité à la guêpe, — au point de vue humain, — si seulement celle-ci voulait bien satisfaire plus souvent, ses appétits carnivores aux dépens de l'insecte insupportable.

Le microbe de la variole. — Il semble que justecent ans après la découverte de la vaccine, le microbe du cow-pox qui, ainsi que celui de la variole, avait jusqu'à ce jour résisté aux investigations de nombreux savants, soit à son tour découvert.

M. Kowlo/r vient en effet de publier une étude d'où il résulte que la vaccine serait due à des parasites n'appartenant pas au genre des bactéries, mais bien à celui des amiboïdes. C'est sous cette forme très nette qu'on l'observerait dans la cornée après inoculation expérimentale. On le verrait alors se développer par division directe et probablement par bourgeonnement.

Ce parasite se loge dans le protoplasma des cellules épithéliales des pustules, sans atteindre leur noyau.

C'est sous cette forme qu'il conserverait ses propriétés nocives et pourrait être inoculé à un autre animal sensible, chez lequel il se développe sous le même aspect.

Destruction des champignons parasites des poissons. — MM. Éta/iya et Rivières rappellent, d'après un travail récent publié en Allemagne, les principales indications qui se rapportent à la destruction de l'atîection parasitaire des poissons, appelée la mousse en France, et qui est due à différents champignons de la famille des saprolégniées. On emploie souvent les solutions salines, qui tuent soit en déshydratant, soit en empoisonnant. Pour obtenir le premier résultat, on se sert de chlorure de calcium à 10 ou 15 p. 100 appliqué pendant quinze minutes sur les points infectés. Pour empoisonner, on peut se servir de sulfate de zinc ou de cuivre à 1 gramme ou 50 centigrammes par litre d'eau, agissant pendant quinze ou trente minutes. Les acides borique et salicylique ont peu d'action : mieux vaut avoir recours aux remèdes qui viennent d'être énumérés.

Le lait en Russie. — M. Sacharbekoff, du Laboratoire municipal de Saint-Pétersbo'/rg, fait entendre, d'après Nalure, un cri d'alarme [sérieux en ce qui concerne la composition du lait qui se vend dans la capitale russe. Les microbes y sont plus abondants qu'il ne serait décent, et tandis que 50000 bactéries'' J centimètre cube de lait constituent un chiffre raisonnable, le lait de Saint- Pétersbourg dépasserait par trop ces limites: onyatrouvé jusqu'à 115 millions de ces êtres. C'est beaucoup trop, assurément; encore le lait de Giessen va-t-il plus loin encore : on y a trouvé 109 millions de bactéries. Il y a manifestement quelque chose à faire pour la santé publique et poui la protection de l'enfance : la mortalité par la diarrhée Infantile est liés considérable. La plainte que fait entendre M. Sacharbekoff surprendra beaucoup de voyageurs qui savent par expérience combien, de façon générale, le lait est excellent, en Russie,

Les Huns en Suisse. — Scottish Geographical Magazine donne, d'après un recueil allemand, quelques curieuses

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notes sur l'ethnologie du val d'Anniviers, en Suisse. C'est une vallée longue, étroite, profonde, qui donne dans la vallée du Rhône, et a été creusée par un torrent rapide, la Naviscence. Elle renferme plusieurs villages, entre autres Chandolin, qui, à la hauteur de 1 639 mètres, est une des paroisses les plus élevées d'Europe. Sa population a donné lieu à de vives controverses. E. Desor la considère comme étant d'origine arabe, et Frôbel et Tschudi la regardent comme d'origine celte. M. A.-K. Fischer, dans un travail récent, émet une autre opinion : il considère les habitants du val d'Anniviers comme étant des Huns, conformément à la tradition locale. Une petite bande de Huns se serait séparée du corps principal, et se serait établie dans le val Tournanche ; puis, à l'invasion des Lombards, dans la seconde moitié du vie siècle, elle aurait fui dans le val d'Anniviers, alors inhabité, et y aurait conservé depuis lors ses positions, restant très isolée des voisins, et ayant été convertie au christianisme vers le xne siècle. Beaucoup de caractères du dialecte employé et beaucoup de coutumes semblent indiquer, d'après M. Fischer, l'exactitude de cette interprétation.

Botanique expérimentale. — Parmi les travaux présentés à la dernière réunion de l'Association américaine pour l'avancement des sciences (à Buffalo, au mois d'août dernier), nous en remarquons deux, qui, d'après le compte rendu que donne Science, ont un réel intérêt pour les trop rares biologistes qui s'adonnent à l'expérimentation dans le domaine de la botanique. L'un est de Mac, Dougal, et se rapporte à l'influence de la pluie sur la forme et la texture des feuilles. I.e plus important travail qui ait été publié sur ce sujet est celui de M. Stahl en 1893; depuis, M. Jungner a fait aussi de nombreuses observations et expériences. Les caractères qui sont particulièrement dus à la pluie sont, d'après Stahl et Jungner, la forme émoussée de la pointe, l'absence de découpures, l'aspect satiné, soyeux de la surface supérieure, avec adhésion facile de l'eau, les sillons profonds au-dessus des nervures. D'après M. Mac Dougal, M. Jungner a pu faire apparaître certains de ces caractères, entre autres l'aspect soyeux de la surface supérieure, et la position pendante du limbe, en soumettant expérimentalement les feuilles de certaines espèces à l'action de l'eau. M. Mac Dougal a pu encore, en soumettant des filants d'Arisaema triphyltum, de Trillium erectum et de Trillium reeurvatum à l'action d'une pluie artificielle continue, pendant dix ou vingt jours, obtenir les caractères dont parle Jungner, et encore diminuer les dentelures marginales et augmenter la profondeur des sillons. Chez l'Arisaema, la feuille a pris une forme convexe, la convexité étant dirigée vers le haut, et l'apparence satinée des feuilles paraît être due à l'aplatissement des cellules épidermiques, qui cessent de faire saillie vers l'extérieur, et peut-être s'ajoute-l-il quelques modifications chimiques dans le caractère des parois extérieures de ces cellules.

M. Hermann von Schrenck a fait connaître quelques faits intéressants à l'égard des modifications que subissent les plantes aériennes quand elles poussent dans l'eau. Ces modifications consistent principalement en ce qu'il se développe une masse de tissu spongieux, d'aérenchyme, et qu'il se forme des lentilles de très grandes dimensions.

Action du vent et de la pression atmosphérique sur les marées. — Une Commission spéciale chargée par l'Association britannique pour l'avancement des sciences, d'étudier l'effet du vent et de la pression atmosphérique sur les marées, vient de publier son rapport.

Ce rapport est basé sur les relevés faits dans cinq

ports choisis comme représentant le mieux les conditions de la marée sur les côtes anglaises : Liverpool, Sheerness, Portsmouth, Hull et Boston. Voici les conclusions de la Commission :

1° Les marées sont influencées et par le vent et parla pression atmosphérique, dans une mesure telle que leur hauteur s'en trouve considérablement modifiée.

2° La hauteur d'un quart environ des marées est affectée par le vent.

3° La pression atmosphérique affecte les marées dans un rayon si étendu que les indications locales fournies par le baromètre en un point donné ne sauraient être un indice sûr de l'effet produit sur la marée en ce point.

4° En s'en tenant aux résultats généraux, il est certain qu'il existe une relation directe entre la force et la direction du vent d'une part, et la hauteur des marées d'autre part. Il y a toutefois de telles discordances pour les marées locales qu'il n'est pas possible d'établir une formule donnant la variation de hauteur due à une intensité donnée du vent.

b° Les résultats enregistrés dans le rapport montrent que l'influence de la pression atmosphérique est plus grande qu'on ne l'admet généralement, une variation de l-2mm,5 dans la pression moyenne donnant lieu à une variation de 0m,38 dans la hauteur de la marée.

Les typhons à Hong-Kong. — Les typhons sont fréquents à Hong-Kong, et les autorités ont reconnu la nécessité de faire connaître au public l'approche de ces tourmentes parfois désastreuses. Quelques signes sémaphoriques très simples sont employés par l'Observatoire de Hong-Kong pour arriver à cette fin. Un ballon rouge indique l'approche d'un typhon à plus de 300 milles de distance dans l'est. Un ballon noir indique que le typhon est à moins de 300 milles; et un coup de canon annonce l'arrivée imminente du coup de vent. A ce signal, dit Gardener's Chronicle, qui relate les impressions d'un témoin oculaire, tout le monde se met en garde. « Les résidents ferment leurs maisons et barricadent les portes et les fenêtres. Les capitaines des navires dans le port conduisent ceux-ci aux points sûrs où ils ne pourront briser leurs amarres. Au Jardin botanique, nous nous hâtons de transporter les plantes dans les lieux abrités; de fermer les serres, de rouler les paillassons, et de mettre en sécurité tout ce qui peut souffrir de la tempête. » Le typhon de cette année a fait beaucoup de mal; il faudra trente ans pour que le Jardin botanique redevienne ce qu'il était.

Arc-en-ciel lunaire. — Un arc-en-ciel lunaire a été observé le 4 octobre, à Portmadoc (Galles du Nord). M. Walter Williams en donne la description dans Nature.

Les couleurs du prisme paraissaient à l'arête occidentale d'un nuage noir se déplaçant rapidement vers l'est. Ce nuage était visiblement très en avance sur un autre nuage mince, d'une blancheur de perle, entourant le disque lunaire ; pourtant les deux nuages semblaient continus et la blancheur soyeuse de l'un formait un contraste frappant avec l'arc coloré visible sur l'arête de l'autre. Il n'y avait pas d'autre nuage dans le voisinage immédiat de la lune.

Le phénomène s'est produit à 9\40 du soir; l'arc était visible sur une longueur d'environ douze fois le diamètre apparent du satellite ; il n'a guère persisté que quatre minutes.

Les pluies de septembre. — Autant le mois de septembre de 1893 était beau, sec et chaud, autant celui

INFORMATIONS

.1, 1896 a été désagréable dans loute l'Europe. La température .i été souvent plus basse que la normale, et La pluie esl toml en abondance, en excès même. En Angleterre, pareille chute pluviale ne s'était vue depuis que ir pluviomètre de Rothamsted existe, c'est-à-dire depuis 1853. sir John Lawes a constaté, en effet, que, pour septembre 1896, la chute pluviale a été de plus de 20 centimètres, à Barpenden et dans le voisinage, au lieu de 8 centimètres et demi environ, qui est le chiffre normal p.mr ce mois. Depuis I8!i:t, le mois le plus pluvieux a été . lui d'octobre 1865, mais la chute fut inférieure à ce qu'elle a été le mois dernier, de sorte que septembre 1800 se trouve être le mois le plus pluvieux qu'il y ait ou en Angleterre depuis quarante-trois ans. La quantité d'eau tombée correspond à plus de 800 tonnes par acre de terre (l'acre est égal à 4 dixièmes d'hectare).

Expériences sur la combustion de l'acétylène. — M. II. Le Chatelier a fait, sur la combustion de l'acétylène, des expériences dont les résultats peuvent être formulés comme il suit :

Les mélanges de ce gaz avec l'air, renfermant moins de 7,7 p. 100 de gaz combustibles, brûlent avec une Humilie jaune, dont l'éclat croit avec la proportion de gaz. 11 se forme exclusivement de l'acide carbonique et de l'eau.

De 7,7 à 17,3 p. 100, la flamme est bleue; il se forme de l'oxyde de carbone et de l'hydrogène, en même temps que l'eau et l'acide carbonique.

Au delà de 17,3, il se forme de l'oxyde de carbone et de l'hydrogène, en même temps qu'une certaine proportion de gaz restée inaltérée. En même temps, il se précipite du carbone non brûlé qui, à partir de 25 p. 100, forme un nuage noir absolument opaque.

Les mélanges de ce gaz avec l'air ne commencent à être inflammables qu'à partir de la teneur de 2,7 p. 100, et cesseùt de l'être au delà de 6a p. 100. Comme terme de comparaison, on peut rappeler que le gaz d'éclairage ne commence à donner des mélanges inflammables qu'à partir de la teneur de 8,1 p. 100.

L'acétylène est beaucoup plus inflammable que les autres gaz combustibles, même que l'hydrogène; sa température d'inflammation est voisine de 500°. Un mélange avec l'air, enfermé dans un tube à essais, s'enflamme rapidement quand on chauffe extérieurement le tube sur une lampe à alcool.

Les mélanges les plus combustibles, renfermant des proportions de gaz comprises entre 5 et 15 p. 100, ont une vitesse de propagation comprise entre 4 et 8 mètres. Au delà de 25 p. 100, la vitesse tombe au-dessous de 0m,40 par seconde. Elle n'est plus que de 0m,05 par seconde à la limite supérieure d'inflammabilité, correspondant à la teneur de 65 p. 100.

Dans les mélanges à vitesse maxima, correspondant aux teneurs de 8 à 10 p. 100, la flamme remonte à travers des tubes de 1 millimètre de diamètre, mais est arrêtée par les tubes de 0mm,5 de diamètre.

Le calcul assigne à ce gaz, brûlé avec l'air, une température de combustion de 2 400°, supérieure de 500° à la température de combustion du gaz d'éclairage qui est de 1 000°.

Le pouvoir éclairant de ce gaz tient à deux causes : 1° à l'abondant dépôt de carbone qui se produit pendant la combustion et qui suffirait à lui seul à lui donner un pouvoir éclairant quadruple de celui du gaz d'éclairftge, comme le montrent les résultats obtenus avec le gaz carburé par la naphtaline ; 2° à la température élevée

de la combustion, qui suffirait, à elle seule, d'après les résultats obtenus par les récupérateurs, à lui assurer an pouvoir éclairant triple de celui du gaz ordinaire. La réunion de ces deux causes suffit pour prévoir que le pouvoir éclairant de l'acétylène doit être au moins douze fois celui du gaz ordinaire, ce qui est bien d'accord avec 1rs résultats déjà annoncés.

La flamme de l'acétylène tend à être fuligineuse. Pour éviter cet inconvénient et donnera la flamme tout son éclat, il faut brûler le gaz sous une pression très forte et avec des becs à fente très fine, ce qui, au point de vue pratique, occasionne de nombreuses difficultés. On peut éviter ces difficultés en mêlant le gaz, avant sa combustion, avec un volume d'air variant de une fois à deuxfois son propre volume. L'addition de petites quantités d'air à l'acétylène ne réduit pas son pouvoir éclairant, comme elle le fait pour le gaz ordinaire, en raison du grand excédent de carbone disponible. Il serait plus avantageux encore de mêler le gaz avec un volume d'oxygène compris entre le dixième et le cinquième de son propre volume, ce qui élèverait la température de combustion. Pour éviter les accidents pouvant résulter d'une addition exagérée d'air ou d'oxygène, il ne faut faire le mélange qu'au bec même où se fait la combustion, en employant, pour le mélange avec l'air, le dispositif du brûleur Bunsen et pour le mélange avec l'oxygène le dispositif des chalumeaux ordinaires à gaz.

Il semble qu'en raison de sa basse température d'inflammation et de sa basse limite d'inflammabilité, l'acétylène conviendra particulièrement pour alimenter les petits moteurs à gaz.

Le jaunissement des vins blancs. — On sait que les vins blancs subissent assez souvent une altération se manifestant à différents degrés, tantôt par une teinte jaune plus ou moins accentuée, la limpidité restant parfaite, tantôt par un brunissement accompagné d'un trouble persistant et d'une précipitation de la matière colorante. La première forme n'est réellement nuisible que pour les vins que l'on est habitué à voir complètement incolores comme le Champagne; la deuxième forme est toujours très grave. Des filtrages au filtre Chamberland ont montré que le jaunissement n'est pas d'origine microbienne. M. G. Gouiraud donne, dans la Revue de Viticulture, le compte rendu de recherches qu'il a faites au sujet de cette maladie et qui lui ont montré que le jaunissement ou casse est dû à l'oxydation d'une substance analogue à la matière colorante des vins rouges. Cette oxydation est provoquée par une diastase spéciale sécrétée dans le raisin et passée dans h' vin. Le jaunissement est surtout à craindre dans les années sèches et chaudes et lorsque 1>' raisin a été cueilli à maturité trop avancée; une mauvaise fermentation augmente les chances d'altération. Pour s'assurer si un vin jaunira ou non en vieillissant, ou en tire un verre que l'on laissr exposé pendant deux ou trois jours à l'air ou que l'on fait traverser par un courant d'air; s'il reste intact, c'est un signe que l'altération ne se produira pas ultérieurement. Dans le cas contraire, on prévient le jaunissement en chauffant le vin à t.:." pendant quelques instants; ce qui oblige à ajouter ensuite des levures cultivées lorsque le vin doit être transforme en vin mousseux. Quand la maladie a commencé à se déclarer, on réussit généralement à la guérir soif par une nouvelle fermentation, soit par une forte aération suivie d'un collage énergique ou d'une bonne filtrat ion.

Expédition Peary. — L'expédition l'eary est revenue de

CHRONIQUE

son voyage au Groenland. Elle n'a pas eu tout le succès qu'elle attendait : son but était principalement de ramener avec elle la météorite énorme qui s'y trouve, et les instruments emportés ayant été trop faibles pour mouvoir cette masse qui pèse 40 tonnes environ, elle a dû laisser celle-ci en place. Elle retournera l'an prochain, mieux équipée, et réussira sans doute dans son dessein. Il faut espérer toutefois que les Esquimaux, qui exploitent ce bloc depuis des années, n'en auront pas trop réduit le volume quand on viendra le leur prendre.

Société américaine d'hygiène publique. — La Société américaine d'hygiène publique s'est réunie du 15 au 18 septembre, à Buffalo, sous la présidence de M. Edouard Liceaga, de Mexico. Dos délégués du Mexique, du Canada et de la plupart des États de la grande fédération américaine ont exposé les progrès accomplis dans la lutte incessante contre la fièvre jaune, la variole, la diphtérie, etc.

Le prochain Congrès se réunira à Philadelphie, l'an prochain, sous la présidence de M. Hornbeck, de Charleston.

Périodiques étrangers. — Science Progress pour octobre représente le premier numéro d'une nouvelle série. Désormais cet intéressant recueil paraîtra tous les trois mois seulement, au lieu d'être mensuel (octobre, janvier, avril, juillet), et chaque fascicule sera plus volumineux. Pour notre part, nous regrettons cette réduction numérique, mais les éditeurs ,ont sans doute de bonnes raisons pour s'y résoudre. Le numéro que voici renferme d'excellents articles : sur la prédiction scientifique du temps, par M. .1. G. Symons, à recommander aux fantaisistes et ignorants de la météorologie, et à ceux qui prennent au sérieux les prédictions de l'Almanach Hachette et autres publications du même acabit; histoire naturelle des roches ignées, par M. A. Harker ; travaux récents sur les nerfs viscéraux, par J. Gregor Brodie; notes sur les parasites, par A. E. Shipley ; la tératologie dans la botanique moderne, par M. K. Goebel; système nerveux des Cœlentérés, par S. J. Hickson; paléobotanique et évolution, par A. C. Seward.

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