SCIENCES MÉDICALES
L'art de guérir et la science W-
Je me propose de vous exposer quelques exemples des relations qui existent entre l'art de guérir et la science. Je choisirai commis premier exemple l'influence exercée sur l'ait de guérir par une découverte des plus remarquables due à des travaux de physique pure : je veux parler de la découverte des rayons Rœntgen, ainsi appelés du nom de l'homme qui, le premier, les a clairement révélés au monde. Malgré le mystère qui les entoure encore, il est une de leurs propriétés que tous nous pouvons apprécier, c'est la faculté dont ils sont doués de traverser des substances opaques à la lumière ordinaire. Il ne semble pas y avoir le moindre rapport entre la transparence, dans le sens ordinaire du mot, et la pénétrabilité de ces émanations. Les verres d'une lorgnette de spectacle peuvent les arrêter, tandis que la gaine en bois et en cuir les laisse passer, et pourtant, directement ou indirectement, ils produisent les mêmes effets que la lumière sur une plaque photographique. Comme règle générale, plus un objet est dense et plus il arrête les rayons ; si l'on place la main ou une tie quelconque du corps sur la plaque sensible ée dans une caisse de bois ou d'autre matière i <- et placée à une distance convenable "de la I s layons, ceux-ci traverseront avec la plus grande facilité les parties non couvertes du cou-
(1) Discours présidentiel au Congrès de l'Association britannique pour l'avancement des sciences; Liverpool. septembre
33" année. — 4e Série, t. VI.
vercle de la boite et affecteront puissamment la plaque aux endroits correspondants; mais les os, en raison de leur densité assez élevée, les arrêteront en grande partie, de sorte que la plaque sera à peine influencée derrière eux, tandis que les muscles et autres parties molles moins denses auront une influence intermédiaire. Finalement, on aura une sorte d'image négative sur laquelle les os figureront d'une façon très nette au milieu de la chair avec toutes leurs anomalies de forme ou de position.
Je n'ai pas besoin d'insister sur le parti que le chirurgien peut tirer de ce phénomène. A titre d'exemple, je citerai un cas qui s'est produit dans la pratique de M. Howard Marsh. Appelé pour une blessure grave au coude, ce praticien se trouva en présence d'une enflure si considérable qu'il lui était impossible, par les moyens ordinaires d'examen, de décider s'il avait affaire à une fracture ou à une luxation. Dans cette dernière alternative, la remise en état exigeait une violence qui eût été non seulement inutile, mais même dangereuse si l'os avait été cassé. Une photographie prise avec les rayons Rœntgen montra nettement l'os de la partie supérieure du bras déplacé en avant par rapport àl'avant-bras. Le diagnostic ainsi établi, M. Marsh procéda à la réduction de la luxation, et le succès de l'opération fut établi par une nouvelle photographie, qui montra les os revenus dans leur position naturelle.
Les métaux communs, tels que le plomb, le fer et le cuivre, étant encore plus denses que le tissu osseux, les rayons Rœntgen peuvent montrer une balle enfermée dans un os ou une aiguille logée dans une articulation. A la dernière séance de la Royal
Society, une photographie montrait très distinctement, à travers la charpente osseuse de la poitrine, une pièce d'un demi-penny engagée dans le gosier d'un enfant. Cette pièce avait été avalée depuis six mois et causait des troubles à chaque déglutition ; mais jusqu'à ce que les rayons Rœntgen fussent intervenus, on ignorait ce qu'elle était devenue et quelle était sa position. M. Macintyre, de Glascow, qui est l'auteur de la photographie, m'a d'ailleurs informé que la présence de la piècejayant été ainsi révélée, le chirurgien tenta de l'extraire. L'opération ne réussit pas complètement ; elle eut cependant pour résultat de déloger le pièce, et une nouvelle photographie montra que non seulement celle-ci avait disparu du gosier, mais encore qu'elle n'était logée nulle part ailleurs dans le canal alimentaire. L'enfant recouvra la santé.
Les rayons Rœntgen provoquent la fluorescence de certains composés chimiques ; ces corps émettent alors une lumière faible, mais parfaitement visible dans l'obscurité. En faisant tomber les rayons sur un écran translucide imprégné de sels de cette nature, on produit donc l'illumination de l'écran ; mais si une partie du corps humain est interposée entre l'écran et la source des rayons, les os et autres tissus produisent des ombres qui donnent les mêmes renseignements que les photographies sans exiger les mêmes délais. C'est du reste de cette manière que M. Macintyre a découvert tout d'abord la pièce de monnaie dont je parlais tout h l'heure. Au surplus, il n'y a pas de raison de supposer que les rayons aient donné tout ce qu'ds peuvent donner dans cette voie. Par suite de la plus grande densité du cœur par rapport aux poumons rempbs d'air, la forme et les dimensions de cet organe dans le corps vivant peuvent, par exemple, être projetées sur un écran fluorescent ; plusieurs observateurs auraient même pu observer ses mouvements dans ces derniers temps. On a, d'autre part, constaté que si la peau reste longtemps exposée à l'action des rayons Rœntgen, elles s'irrite beaucoup et subit une sorte de coup de soleil aggravé. On peut donc penser que la transmission des rayons à travers le corps humain peut n'être pas tout à fait indifférente pour les organes internes, et qu'elle peut, par une action prolongée, produire, selon la condition de la région intéressée, soit une irritation fâcheuse, soit une stimulation salutaire.
Mon second exemple sera l'anesthésie, dont nous célébrons le jubilé. Ce bienfait précieux pour l'humanité nous vient d'Amérique. Il avait été entrevu pourtant dès les premières années de ce siècle par sir Humphry Davy, qui, s'étant trouvé soulagé d'un mal de dents par des inhalations de gaz hilarant (protoxyde d'azote), émit l'idée que ce gaz pourrait être employé pour empêcher la douleur dans les opé-
rations chirurgicales. Ce ne fut pourtant que le 30 septembre 1846 que Morton, de Roston, après une série d'expériences sur lui-même et sur des animaux, l'a mis en pratique et arracha sans douleur une dent à un malade auquel il avait fait respirer des vapeurs d'éther suif inique. Morton exposa peu après publiquement sa méthode à l'hôpital général de Massachusetts, et bientôt la grande découverte se répandit dans tout le monde civilisé. J'ai assisté à la première opération qui fut faite en Angleterre avec des inhalations d'éther; elle fut pratiquée par Robert Liston à l'hôpital d'University Collège avec plein succès. Ensuite je vis le même grand chirurgien faire l'amputation de la cuisse sans douleur avec des appareils moins compliqués et à l'aide d'un autre agent, le chloroforme, dont Liston s'était fait l'avocat passionné. Ces deux agents, éther sulfurique et chloroforme, sont encore ceux que l'on emploie, bien que le gaz signalé par Davy soit préféré pour les petites opérations, telles que l'extraction des dents, en raison de son action rapide et d'autres avantages. Dans la patrie de l'anesthésie, l'éther a conservé Sa place ; mais en Europe, il a été supplanté par le chloroforme, quoique aujourd'hui beaucoup reviennent à l'éther, qu'Us considèrent comme plus sûr. Pour ma part, je crois que le chloroforme, s'il est soigneusement administré suivant les principes, est, en somme, le plus sûr des deux agents.
La découverte de l'anesthésie a inauguré une ère nouvelle en chirurgie. Non seulement la douleur a été évitée dans les opérations, mais encore on a écarté les chocs sérieux et parfois mortels que déterminait la douleur. Le champ d'action du chirurgien s'est trouvé du même coup élargi, parce que beaucoup d'opérations, impossibles autrefois en raison des douleurs intolérables auxquelles elles donnaient heu, sont devenues de pratique courante.
L'anesthésie a été un don de la science. Le protoxyde d'azote, l'éther sulfurique, le chloroforme, sont tous des produits artificiels de la chimie ; leur emploi comme anesthésiques a été le résultat de recherches scientifiques, et leur administration exige impérieusement l'appbcation vigilante de connaissances physiologiques et pathologiques. Au surplus, tout en rendant de signalés services à la chirurgie, l'anesthésie a jeté une lumière nouvelle sur la biologie générale. On a constaté que les anesthésiques exercent leur action soporifique non seulement sur les vertébrés, mais aussi sur des animaux de structure très différente de celle de l'homme, les abeilles et autres insectes par exemple. Les fonctions végétales mêmes sont suspendues parleur action. Il y a donc là une confirmation de cette grande hypothèse de l'unité essentielle de nature de la matière vivante, quelle que soit sa place sur notre planète,
dans le me mil' animal OU dans Le monde \ égétal. Les anesthésiques on1 aussi, par des voies sur lesquelles je ne m'étendrai pas ici, puissamment contribué m progrès de la physiologie el de la pathologie.
Les travaux de Pasteur sur la fermentation me fournironl un nouvel exemple de l'étroite redation entre l'art de guérir el la science. Avant Pasteur, les fermentations étaienl expliquées par l'action de l'oxygène de l'air qui, agissant sur des produits animaux ou végétaux instables, les décomposait de proche en proche. Cagniard-Latour avait montré pourtant, plusieurs années auparavant, que les levures consistent essentiellement en cellules d'un champignon microscopique et il avait attribué la décomposition du sucre en alcool et acide carbonique au développement de ce micro rganisme. En Allemagne, Schwann, qui avait découvert aussi, de son côté, le germe de la levure, avait rendu compte d'expériences 1res frappantes à l'appui d'idées analogues sur la putréfaction de la viande. Ces idées avaient du reste trouvé d'autres avocats, sans cependant rencontrer grand crédit dans le monde savant, en raison surtout de la haute autorité de Liebig, qui y était absolument opposé.
Nommé doyen de la Faculté des sciences à l'Université de Lille, une ville où les produits de la fermentation alcoolique font l'objet d'une fabrication importante, Pasteur s'adonna à l'étude de cette fermentation et ne tarda pas à être fermement convaincu de la justesse des idées de Cagniard-Latour à cet égard, bien que rien de comparable à la formation de la levure n'eût encore été observé pour les autres fermentations. Pasteur s'occupa d'abord de la fermentation lactique, qui transforme le sucre en acide lactique. Cette fermentation était alors produite en ajoutant une substance animale, telle que de la fibrine^ la solution de sucre, en même temps que de la chaux, qui se combinait avec l'acide au fur et à mesure de sa formation. Pasteur constata, ce qui n'avait jamais été fait auparavant, la formation d'un fin dépôt gris, différent peu en apparence de la fibrine décomposante, mais augmentant sans cesse à mesure que la fermentation se poursuivait. Frappé par l'analogie que présentait ce dépôt avec la levure, il l'examina au microscope et trouva qu'il était formé de petites particules de grosseur uniforme. Pasteur n'était pas un biologiste, mais bien que ces particules fussent d'une petitesse extrême comparativement aux constituants élémentaires de la levure, il acquit bientôt la conviction qu'elles n'étaient autre chose que les cellules d'un petit champignon microscopique constituant le ferment essentiel, la fibrine ou autre soi-disant ferment ne servant tout simplement qu'à fournir à cette plante les substances chimiques essentielles pour sa nutrition et non contenues dans
le sucre. L'cxaclilude de ces idées l'ut confirmée
d'uni1 manière inéluctable par la suppression de la fibrine ou de toute autre matière animale el son remplacemenl par des sels minéraux contenant les éléments chimiques nécessaires. Une trace du dépôt gris ajouté .à une solution du sucre contenant ces sels et de la chaux donna en effet une fermentation lactique plus intense que celle obtenue par le moyen ordinaire.
Je me suis arrêté un peu sur ces travaux parce qu'ils montrent bien la pénétration de Pasteur comme observateur et son habileté comme expérimentateur, en môme lenips que sa perception instinctive de la vérité.
Une série d'autres belles recherches montra clairement que toutes les véritables fermentations, y compris la putréfaction, sont dues au développement de microrganismes. Pasteur devait naturellement être amené à rechercher quelle était l'origine des microbes qu'il montrait comme la cause essentielle des diverses fermentations. On admettait alors, et beaucoup de naturalistes éminents partageaient cette manière de voir, que les êtres microscopiques de cette nature prenaient naissance de novo dans la décomposition des matières organiques. La doctrine de la génération spontanée, écartée peu à peu pour les créatures visibles à l'œil nu, avait trouvé un dernier refuge là où les objets d'étude étaient d'une telle petitesse qu'il était difficile d'observer leurs habitudes et leur histoire. Ici encore Pasteur eut tout de suite l'intuition de la vérité et, pressentant son immense importance, il s'attacha avec ardeur à sa recherche. J'essaierai de donner une idée de l'une des séries d'expériences qu'il fit à cet effet. Il remplit un lot de flacons en verre à col étroit d'une décoction de levure liquide, particulièrement apte à s'altérer par simple exposition à l'air. Le liquide fut porté à l'ébullition dans chaque flacon de manière à tuer les ferments vivants qu'il pouvait contenir, et les flacons furent fermés au chalumeau pendant l'ébullition, après quoi on les laissa refroidir. La vapeur se condensant laissa un vide au-dessus du liquide. Les flacons ainsi préparés furent alors 'portés dans divers lieux, et l'on brisa l'ampoule, de manière a laisser pénétrer l'air ambiant; après quoi, les flacons furent fermés de nouveau au chalumeau. Il est clair que les microrganismes qui pouvaient exister dans l'atmosphère étudiée devaient manifester leur présence en se développant dans le liquide. Or, quand l'opération était faite dans une pièce habitée ou sous les arbres d'une forêt, une multitude de petites formes vivantes se développaient en effet dans les flacons; mais quand on opérait dans un lieu non occupé, où les organismes en suspension et les poussières avaient eu le temps de se déposer sur le sol,
la décoction restait parfaitement claire et inaltérée. Il était donc hors de doute que l'oxygène et les autres éléments gazeux de l'atmosphère sont incapables de produire d'eux-mêmes aucun développement organique dans l'eau de levure.
Ceci est un exemple des expériences multiples qu'institua Pasteur, et qui lui permirent d'imposer à la plupart des esprits la conviction que, comme il le déclara, In génération spontanée est une chimère, et que l'organisme vivant le plus humble et le plus petit ne peut naitre que d'êtres semblables à lui.
Pasteur mit en lumière l'importance énorme de ces humbles organismes dans l'économie de la nature. C'est parleur intermédiaire que les corps morts delà plante et de l'animal sont réduits en composés plus simples susceptibles d'être assimilés par de nouvelles formes vivantes. Sans leur intervention, le monde serait, selon l'expression de Pasteur, encombré de cadavres; ils sont indispensables non seulement à notre bien-être, mais à notre existence même. Des microbes similaires ont dû accomplir la même fonction nécessaire durant les périodes passées de l'histoire du monde, et il est intéressant de penser que des organismes aussi simples qu'on peut les concevoir à l'apparition de la vie sur notre globe ont, selon toute probabilité, perpétué leur race durant la période géologique.
Les travaux de Pasteur sur la fermentation ont eu une très grande influence sur la chirurgie. On m'a souvent sollicité d'exposer en public la part que j'ai pu prendre à la transformation que j'évoque; je m'y étais refusé jusqu'ici en partie parce que les détails sont entièrement techniques, mais surtout parce que j'éprouvais une répugnance invincible à parler de moi. Cette dernière objection a perdu de son poids depuis que l'âge est venu qui me donnait le droit de laisser à de plus jeunes la pratique de ma profession bien-aimée.
Rien n'était plus frappant autrefois dans les opérations chirurgicales que la différence d'allure de blessures, suivant que la peau était atteinte ou non. Ainsi, quand les os de la jambe étaient rompus, la peau restant intacte, le chirurgien se contentait d'appliquer l'appareil nécessaire, sans autre souci que d'assurer la bonne position des fragments, quelque graves que pussent être les lésions des os et des parties avoisinantes. Mais dès qu'il existait une blessure communiquant avec les os brisés, l'accident fût-il même moins grave à d'autres égards, la fracture compliquée — c'est ainsi qu'on l'appelait — prenait un caractère alarmant. M. Syme, qui était, je crois, le chirurgien le plus habile de son temps, me disait qu'il inclinait à penser que le mieux serait, en général, dans le cas de fractures compbquées, de recourir tout de suite à l'amputation, sans essayer de sauver le membre.
Quelle était la cause de cette différence étonnante ? Il est clair qu'elle devait être attribuée à l'exposition des parties blessées ; l'un des principaux effets de cette exposition, c'était le dégagement d'une odeur indiquant que le sang avait subi une putréfaction et s'était transformé dans la plaie en une substance très irritante et vénéneuse. J'ai vu un homme mourir en deux jours d'une fracture de la jambe, absolument empoisonné par les produits de la putréfaction, tout comme s'il avait absorbé une forte dose d'un toxique violent.
Les plaies extérieures des parties molles peuvent être guéries de deux manières. Si les surfaces sont coupées nettement et propres, il suffit parfois de les rapprocher, pour qu'elles se réunissent rapidement et sans douleur « par première intention ». Ce cas est toutefois exceptionnel : trop souvent les efforts du chirurgien pour obtenir cette soudure primaire restent infructueux. L'inflammation survient et les tissus rebelles doivent être enlevés, ce qui crée des ouvertures. Il faut alors, comme dans le cas où la plaie est restée ouverte dès le début, recourir à d'autres moyens.
Toute surface de chair exposée à l'air libre se couvre d'abord d'une couche de sang caillé qui se putréfie invariablement ; l'irritation des tissus sensibles par les produits putrides me paraît suffire à expliquer l'inflammation qui se produit toujours dans la plaie et autour d'elle, pendant les trois ou quatre jours qui s'écoulent avant la production de ce qu'on appelle* les « granulations ». Celles-ci constituent un revêtement à grains grossiers, de structure très imparfaite ou embryonnaire, dépourvu de nerfs sensitifs et de nature à rejeter le pus plutôt qu'à absorber, comme le font les tissus fraîchement divisés, les produits de la putréfaction. Les granulations forment un magnifique emplâtre vivant qui protège les parties blessées de l'irritation et le système général de l'empoisonnement et des troubles fiévreux consécutifs. Elles ont d'ailleurs d'autres propriétés, telles que leur tendance à réduire graduellement les dimensions de la plaie, réduction que favorisent aussi d'autres causes. Les cellules de l'épiderme des bords cutanés de la plaie produisent de jeunes cellules de même nature, qui s'étendent peu à peu sur les granulations jusqu'à ce qu'elles les recouvrent entièrement et ne laissent qu'une cicatrice fermée. Tel est l'autre mode de guérison, par granulation et cicatrisation, processus qui, lorsqu'il suit son cours normal, commande notre profonde admiration.
Pourtant il est plus compliqué que le moyen par réunion primaire, et il est toujours précédé de plus ou moins d'inflammation et de fièvre, dont .les effets peuvent être très fâcheux. Il admet aussi des interruptions imprévues. La plaie peut s'élargir au heu