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LES CORÉENS

prolongés; ils apprennent a9sëi facilement Lob langues étrangères, mais sans arriver jamais à en avoir une connaissance complète; doués d'une bonne mémoire, ils retienuonl bien plusieurs des choses qu'on leur enseigne, restant rôfraotaires aux autres; en un mot, ils peuvent acquérir une oertaine instruction, niais toute superficielle. Les missionnaires ne réussissent pas à recruter des séminaristes parmi leurs élèves, parce que le travail nécessaire pourcela les rend absolument malades.

n La grande vertu des Coréens, écrit Le P. Dallet, est le respect inné et la pratique journalière des lois de la fraternité humaine. » L'hospitalité est regardée connue un devoir, leur maison est ouverte à tout venant, même aux étrangers; la plus grande solidarité règne entre les époux et les membres (l'une même Famille. Les relations d'amitié sont sincères et désintéressées. On ne rompt avec un ami, nous apprend de Ilosny, que pour des motifs graves et seulement à la troisième faute. On assure la nourriture à la femme de son ami défunt. La vieillesse est entourée d'une profonde vénération et, d'après le colonel Chaillé-Long, le compliment le plus llatteur qu'on puisse faire à un grand personnage est de lui dire que Son Excellence semble plus vieille ce jour-là.

Associations. — Les Coréens ont l'instinct de l'association et de l'assistance mutuelle. Les membres d'une même famille se cotisent pour acquitter les dettes ou les spéculations malheureuses des leurs, et les habitants d'un même village entretiennent un fonds commun destiné à payer les dépenses imprévues ouà assister ceux d'entre eux qui setrouventhiu'sd'étatdefaire faceà certaines obligations.

Les marchands sont réunis en associations, et il y a autant de corporations que d'espèces de marchandises. On ne peut ouvrir un commerce qu'après avoir sollicité l'admission dans la corporation. Le nouveau membre paye un droit d'entrée qui est de vingt piastres environ et reçoit un certificat. Chaque année, il devra payer une taxe à la direction de la corporation qui est à son tour imposée par le gouvernement. S'il tombe dans la misère ou s'il meurt, lui ou sa famille reçoit un secours.

Pendant les cinq derniers jours de l'année et les cinq premiers de l'année suivante, le commerce est libre et chacun peut vendre ce qu'il veut.

Un magistrat nommé par le gouvernement dirige les marchands, règle leurs différends et juge toutes les affaires commerciales.

Tous les artisans, charpentiers, maçons, tailleurs, coolies, etc., sont réunis dans de semblables syndicats.

Les colporteurs forment une des associations les plus importantes du pays. Dans les villages de l'intérieur, il n'y a guère de boutiques, l'achat et la vente des marchandises se font en des jouis de luire par le moyen des colporteurs. Ceux-ci sont à certains points de vue sous la dépendance du gouvernement, qui peut les réquisitionner pour'certains travaux, ou même au besoin les enrôler temporairement connue soldais.

Condition de la femme. Là condition < J » - la femme constitue l'un des côtés les plus bizarres de l'ethnographie de ce peuple. On ne voit en Corée que la femme

des liasse classes, travaillant comme uni'liète île somme,

labourant la terre, faisant lès besognes les plus grossières et les ouvrages les plus fatigants, obligée de prendresur son sommeil le temps nécessaire aux soins du ménage qu'elle a ilù négliger le jour. Les femmes des artisans mi des nobles vivent iians une réclusion complète, ni' pouvant sortir dans la journée que pour des circonstances graves, se cachant alors la ligure dans un capuchon, fuyant ou rentrant dans les maisons dès qu'elles aperçoivent un étranger. Le soir, à neuf heures en été, plus tôt en hiver, dans la capitale, sur un signal donné par une cloche, les rues leur appartiennent; à ce moment les hommes doivent regagner leur domicile, et s'ils sont retardés, ils doivent tenir le côté de la rue opposé à celui où ]iasse une femme et se cacher le visage.

Être absolument anonyme, sans responsabilité devant la loi, la Coréenne n'a ni nom, ni existence légale. Elle est la fille, la sœur ou la femme de un tel. La reine ellemême, malgré l'influence qu'elle peut avoir, n'est que l'épouse n° 1. Le domicile d'une femme est sacré, même pour la police.

Dès le bas âge, on lui donne une instruction des plus simples. L'idéal est qu'elle soit chaste et douce. On lui enseigne avant tout la soumission. A sept ans, elle reste séparée de ses frères sous la garde de sa mère, ou rentre dans un gynécée. Après son mariage, elle ne doit voir aucun homme étranger. Elle ne pénètre jamais dans la chambre de son époux et reste dans ses appartements personnels. Veuve, elle ne peut se remarier. Elle n'assiste à aucune fête, ne boit ni vin, ni alcool, mais elle peut fumer.

Elle est ordinairement douce, patiente, dévouée à son mari, mais aussi très jalouse, et souvent alors violente et colère.

Mariage, famille. — De cette situation de la femme, il résulte que les jeunes gens et les jeunes filles ne se rencontrent jamais. Les mariages sont arrangés par les parents, et les époux ne se connaissentqu'après la cérémonie.

Cette cérémonie du mariage diffère beaucoup suivant la province, les différentes classes et même les différentes familles. Mu,e Louise Jordan Miln nous donne dans un livre récent d'intéressants détails à cet égard.

Lorsque les parents ont choisi la jeune tille qui leur convient pour leur fils et que le mariage a été décidé, le jeune homme envoie à sa fiancée des présents qui consistent surtout en pièces d'étoffe eten parfums. Dès qu'ils ont été acceptés, l'union est à moitié accomplie, le fiancé a le droit de nouer ses cheveux en chignon et de se coiffer du chapeau. 11 fait visite à ses connaissances pour leur faire part de l'événement, et son père donne un Festin où se consomme une quantité invraisemblable d'aliments et de boissons.

M. L. CHASTANG.

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