CHAPITRE III
Nous avons toujours pensé que l'art de l'enluminure, en se modernisant, ne devait pas rester l'apanage exclusif des manuscrits, et, bien qu'il soit incontestablement le véritable et seul complément du livre écrit, il peut, iî a le droit de s'installer là où la place lui est faite. Qu'on enlumine un vélin carré, oblong ou triangulaire, la manière de tracer, de peindre, de poser les ors est toujours la même. Nous ne sommes donc pas de l'avis de ceux qui disent que l'art de l'enluminure ne doit pas sortir du cadro oii l'a confiné le moyen âge. Une seule objection peut se produire et plaider en faveur de nos contradicteurs; c'est que nos travaux, délicats, demandant beaucoup de temps et beaucoup de soins, sont par conséquent trop précieux pour être exposés à une manutention usuelle. L'enluminure renfermée dans un livre peut se séculariser sans risque absolu de se détériorer ou de se détruire.
Cette considération est évidemment acceptable, mais il nous semble que, sans nuire à l'ornementation des magnifiques manuscrits que nous préconisons de toutes nos forces, nous pouvons entreprendre d'autres travaux, lesquels, s'ils n'ont pas une durée illimitée, ont du moins l'avantage de nous récréer, et de nous charmer par leur utilité journalière.
C'est pour cette raison que nous engageons nos lecteurs à appliquer les procédés de l'enluminure à certains objets usuels, tels que les écrans, les éventails.
les menus, etc., etc. li va de soi que tout ce qui touche à l'imagerie religieuse, comme les canons d'autels, les cachets de première communion, les sou-
Fig. iO. — Meflu pouF l'enluminure (fantaisie).
venirs, etc., sont des dérivés directs de notre art. Sur ces objets, on n'aura pas à craindre l'épaisseur des reliefs, lesquels pourront être gradués et former des contrastes heureux. Pour l'imagerie on se servik», de préférence, des modèles de styles contenus dans