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L'art de la Perse ancienne

Les Iraniens, pareils en ceci à leurs parents Scandinaves et germains, n'ont pas eu l'intention spontanée en matière d'art. Ni sous les Achéménides, ni sous les fils d'Arsace, ni plus tard sous les Sasanides, ni même aux époques musulmanes, la Perse n'a possédé un style qui fût originairement à elle, mais elle a très bien su s'emparer du goût assyrien, du goût indien, du goût grec et romain, et donne à ces emprunts un caractère à elle propre. C'est ce qui a constitué son originalité. Cte de Gobineau

Nous appelons Perse ancienne la première des deux grandes périodes qui se partagent l'histoire de la Perse. Elle va du milieu du VIeme siècle avant J.-C. jusqu'au milieu du Vil"""5 siècle de notre ère, de Cyrus le Grand, fondateur de la royauté achéménide et de la domination perse, jusqu'à la chute de l'empire sassanide et la conquête du pays par l'Islam, en passant par la période parthe. L'ancienne Perse de Zoroastre embrasse environ douze siècles, il s'est à peu près écoulé le même temps depuis la conquête du pays par les Arabes. Présenter douze siècles dans les limites imposées par la présente collection, et y intéresser le grand public tout en respectant les exigences scientifiques, ce n'est point une tâche facile. Pourtant elle n'est point insurmontable si l'on considère les conditions spéciales qui ont régi de tout temps aussi bien l'évolution physique que le développement de la culture dans ces contrées. Ceint de toutes parts de hautes chaînes de montagnes, le haut-plateau de l'Iran tient une place à part dans la nature de l'Asie antérieure. De la mer Caspienne aux plaines touraniennes au nord, du Golfe Persique à l'Océan Indien au sud, de l'Indus au Tigre, ses barrières montagneuses ne communiquent qu'en deux points avec les contrées voisines: au Nord-Ouest avec le plateau arménien, au Nord- Est avec les chaînes centrales d'Asie. Sous le rapport de la culture, l'Iran, on ne saurait trop y insister, n'appartient pas encore à l'Asie proprement dite, laquelle ne commence rigoureusement qu'à l'Indus et au Pamir, le Toit du Monde; il forme bien plutôt le pont entre l'Asie proprement dite et les

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