LA PERSE SASSAN1DE
L époque sassanide, dernière période de l'Iran avant l'Islam, marque une réaction u nationale contre l'hellénisme, appuyée sur la religion nationale de Zoroastre. En 227 après J. G, Ardaschir, natif de la Perside, berceau des Achéménides, s'insurge contre Volagases V et se proclame Roi des Rois. Lui et ses successeurs se posent en héritiers légitimes des Achéménides, en protecteurs de la tradition nationale et, avant tout, du culte national. Bien que les Parthes eussent déjà fait courir des dangers aux Romains, les Sassanides menaceront Rome et Byzance de dangers bien plus graves. Sapor I", fils d'Ardaschir, voit à ses pieds l'Empereur Valérien suppliant (260 après J. G). Sous Sapor II (309 à 380) Julien l'Apostat s'avance jusqu'à Ctésiphon, leur capitale, mais il doit rebrousser chemin et meurt dans la retraite. Son successeur l'Empereur Jovien abandonne toute la Mésopotamie dans une paix honteuse. Sous le règne du fameux Khusrau I Anoschirwan (531 à 579) l'empire sassanide touche à son apogée. Byzance doit s'abaisser à lui payer un tribut. A l'est le flot puissant des Turcs est victorieusement contenu, au sud l'Arabie devient une satrapie perse. Dans toute cette lutte, Rome et Byzance d'une part, la Perse de l'autre, que le monde civilisé considère comme "les deux yeux du genre humain" s'affrontent comme les deux maîtres également légitimes du monde, et pénétrés de ce sentiment l'Empereur et le Schahinschah s'appellent mutuellement "frère". La lutte décisive s'engage sous Khusrau II Parviz. Après ses premiers succès, prise de Jérusalem et enlèvement de la Sainte Croix, l'empire perse, non sans de vigoureux efforts, s'effondre dans la bataille de Ninive (627). Khusrau est tué en prison par son propre fils soulevé contre lui; à son tour le fils doit signer une paix déshonorante, et privé de ses forces politiques l'Empire achève de se défaire dans les troubles dynastiques. A Kadisiyah (637) et Nihawend (642) il succombe sous les coups des Arabes et tombe au rang de province de l'Empire des califes. Tel Darius III, dernier Achéménide, Jesdegerd, dernier des Sassanides, meurt dans l'est sous le poignard d'un assassin (661). Au rebours de l'empire arsacide, l'Etat sassanide repose sur une armature solide: au sommet le roi vénéré presque à l'égal des dieux, chef de l'armée